Concours d'idées

#MaVillaMéditerranée : L’âshram de Franck Passi

Billet de blog
Blaah
5 octobre 2016 2

Que faire de la Villa Méditerranée ? L'utiliser au profit d'un autre monument en péril : l'OM.

Le couperet est tombé ce matin sur France Inter : non, la Villa Méditerranée ne sera pas transformée en casino. C’est Jean-Claude Gaudin lui-même qui en a fait l’annonce, rappelant que le bâtiment était loin, très loin, d’être doté de la surface nécessaire. Le maire a confirmé la stupidité d’une telle idée, dont l’on se demande bien qui avait eu la bêtise de l’émettre en premier.

Bref. Puisque les croisiéristes devront aller dépenser leurs 150 euros quotidiens ailleurs, le destin de l’éléph… du bâtiment blanc reste à inventer. Tout lecteur d’un média participatif digne de ce nom tel que Marsactu se fera un devoir d’apporter sa réflexion citoyenne à cet exercice d’intelligence collective, et je peux placer encore plus de poncifs technocratiques dans une même phrase si je veux. Et c’est ici que je veux souhaiter l’intervention d’un autre monument phocéen : l’OM.

Car dans le même temps, une autre personnalité a émis l’hypothèse d’un remède original aux maux sportifs olympiens. Franck Passi, c’est de lui qu’il s’agit, est l’entraîneur marseillais. Je le précise, car j’aime imaginer que de nombreux lecteurs de ce journal sont allergiques à la chose footballistique, ça me flatte de croire que je participe à un média élitiste. Cet homme en charge de l’équipe première de l’OM, donc, a évoqué l’idée de faire pratiquer le yoga à ses joueurs. Malgré les moqueries, l’honnêteté intellectuelle commande de préciser que cette proposition est loin d’être idiote sportivement parlant, mais ce n’est pas le sujet ; un homme capable de placer Bouna Sarr arrière droit ne mérite de toute façon aucune justice.

C’est ici que paf, boum, schling, la collision des actualités fait surgir l’évidence : la Villa Méditerranée mérite d’être transformée en âshram, où joueurs et staff olympiens se retireraient pour méditer sur la vanité de toute chose terrestre et notamment la défense dans le temps additionnel. Si l’on y pense bien, les arguments sont légion. Retenons-en onze, comme il se doit (NB : l'utilisation dans les lignes qui suivent d'élements de la culture indienne sans erreur ni cliché ne serait qu'une heureuse coïncidence) :

1°) Imaginez le sentiment de plénitude inondant toute personne perchée à 15 mètres au-dessus de 2600 ans d’histoire, face à notre si belle mer. La configuration des lieux se prête à l’isolement, par la simple déconnexion des ascenseurs et la barricade des escaliers.

2°) Le porte-à-faux, à l’OM on connaît, c’est l’équivalent poli du cul-entre-deux-chaises vécu par le club en ce moment.

3°) Le financement de la transaction n’est pas un problème : chacun sait que « des sous, Monsieur McCourt, vous en avez ».

4°) Dans le pire des cas, la mairie sera assurément prête à examiner le rachat du bâtiment à la Région, puis sa location à l’OM pour 800 euros par mois hors APL. Après tout, ça fait longtemps qu’on n’a pas fait marrer la chambre régionale des comptes.

5°) La conversion du lieu à l'hindouisme répondra au souhait de Michel Vauzelle d’en faire une passerelle entre les cultures méditerranéennes. Au prix certes d’une petite approximation géographique, mais un homme capable d’appeler les électeurs de gauche à voter Sarkozy à la primaire de la droite n’en sera pas à cette confusion près.

6°) La villa pourra, à l’occasion, accueillir des séminaires des élus marseillais, afin de les aider à accomplir le vide intégral de leur esprit à d’autres moments qu’en conseil municipal.

7°) L’opération se prêterait aisément à un « naming ». Nous pensions à « Villa Méditerranée Lotus », en référence à la célèbre marque de papeterie utilisée par Franck Passi pour esquisser ses schémas tactiques (la fameuse « composition du Lotus »). Le peuple marseillais bénéficierait des éléments de langage adéquats rédigés par les experts du marketing, conformément à la nouvelle ambition culturelle de la région. « Garantir aux supporters une expérience nouvelle, immersive, senteur jasmin 100% connectée : c’est notre engagement durable, à vos côtés, pour que vive la passion. Vive l’OM. ». Que l’on ne vienne pas me dire que de telles proses ne constituent pas de la littérature inscrite dans son époque. La marque pourra par ailleurs  – win win deal – fournir aux groupes le matériel nécessaire aux lancers de rouleaux à l’occasion des tifos.

8°) Au cours des retraites à la Villa, on entendrait s’échapper le son primordial : « ôm ». Par assimilation, les initiales du club jusqu’ici prononcées « ohême » finiraient par se lire comme cette seul syllabe, validant ainsi cinquante ans de calembours infâmes du journal l’Equipe.

9°) Des salles annexes de sophrologie et de relaxation seraient mises à disposition pour déstresser les intégristes traumatisés par l’usage du mot « phocéen » onze paragraphes plus haut dans cet article.

10°) Gérald Passédat pourrait y tenir une cantine où le tout-Marseille se presserait. Son hindouillabaisse radicalement revisiterait la gastronomie régionale, lui valant une renommée accrue. Les dommages collatéraux chez les gardiens de la vertu culinaire, ceux qui convoquent tout Twitter pour mimer un AVC quand un cuistre ose utiliser des spaghettis à la place des tagliatelles, seraient aisément soignés dans les salles décrites au point précédent.

11°) L’attrait pour les cultures orientales qui résulterait de l'opération serait à même de revivifier le mouvement hippie. Cela permettrait à l’auteur de ces lignes d’écouler son stock de psychotropes autrement qu’en les consommant lui-même au détriment de la tenue de ce site.

Telle est ma contribution au destin de la Villa Méditerranée, mais je ne doute pas que les lecteurs de Marsactu proposeront d’innombrables idées au moins aussi pertinentes que celle-ci. Ou un casino.

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commentaires

Commentaires

  1. Cehere

    « La villa pourra, à l’occasion, accueillir des séminaires des élus marseillais, afin de les aider à accomplir le vide intégral de leur esprit à d’autres moments qu’en conseil municipal. » <- mouarf

    "L’opération se prêterait aisément à un « naming ». Nous pensions à « Villa Méditerranée Lotus ». " Comment ça la Villa ressemble à un dévidoir à PQ ??

    Je soupçonne Camelus d'être un proche de Vauzelle, en effet le Président n'a-t-il pas lui-même déclaré, dans une saillie d'une puissance rare, transformant son intervention en quasi-réquisitoire contre la bêtise municipale : "Marseille c'est l'OM, et Marseille c'est la Villa"* ?
    On retrouve bien ici le pilier de 'argumentaire Blaahtinien. #clientélimze

    *(la première partie est authentifiée)

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  2. Electeur du 8e

    Attaché à la ligne éditoriale 100 % sans OM (enfin, 99 % en réalité) de Marsactu, j’avoue tout de même (à voix basse) que, vu sous l’angle du camélidé, je veux bien des « articles » sur l’OM tous les jours. Ma crainte étant que le stock de psychotropes finisse par s’épuiser…

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