“La part des retraites en région Sud est supérieure à la moyenne nationale”

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Le Sonar
14 Juin 2019 0

Alexandre Gautier, Directeur régional adjoint de l’Insee, après la conférence « Entre base productive et dynamiques résidentielles : de quoi vivent nos territoires ? » à l’EJCAM
Crédit : Nicolas Dixmier

Directeur adjoint de l’Insee en région Sud, Alexandre Gautier était invité à la conférence organisée par la région et l’EJCAM sur le thème “base productive et dynamiques résidentielles”. L’occasion de débattre d’une question simple en apparence : de quoi vivent nos territoires ?

Quelles sont les spécificités de la région Sud sur le plan économique ?

L’étude menée par Fabrice Michaïlesco, qui sert de point de départ à cette conférence, visait à montrer les interactions entre les territoires de la région Sud. Certains sont très riches de leur production, avec de nombreux établissements et beaucoup d’emplois. Le littoral azuréen et les Alpes attirent des retraités, d’autres territoires sont très attractifs pour les touristes. Les facteurs qui permettent aux territoires de dégager de la richesse sont très différents d’une zone à l’autre.

Quelles sont les différentes sources de richesse en région Sud ?

La richesse des habitants peut avoir plusieurs origines. D’abord le produit de leur travail, avec les salaires, qui représentent 70% des richesses de la région, et les revenus des non-salariés comme les indépendants. La proportion de retraités dans la région est supérieure à la moyenne nationale et la part de personnes qui vivent de leur retraite est plus importante ici qu’ailleurs. C’est aussi le cas des prestations sociales dans une moindre mesure. Le niveau de vie en région Sud, avec énormément des disparités à l’intérieur de la région, est plutôt inférieur à la moyenne nationale et l’effet des prestations joue davantage. (…) En région Sud, la richesse est soit productive, liée à l’activité des établissements, soit résidentielle, liée à ceux qui vivent et consomment ou aux touristes. A Briançon, c’est presque 30% de l’emploi qui est lié au tourisme, soit un emploi sur trois.

Quel rôle économique jouent les agglomérations en région Sud ?

Les six plus grandes agglomérations concentrent énormément de la richesse produite dans la région. Il s’agit des trois métropoles, de Sophia Antipolis, la communauté d’agglomération d’Avignon, ou encore celle de Cannes. Elles ont un rôle de production de richesse, mais également de redistribution, car les salariés habitent souvent à l’extérieur des grandes agglomérations. On peut alors parler d’interdépendance dans la région entre les territoires qui produisent, et ceux vers lesquels cette richesse produite est redistribuée. Certains espaces sont très attractifs par la production de richesses qui est localisée, d’autres sont plus attractifs d’un point de vue résidentiel.

Quels sont les différents territoires identifiables en région Sud ?

En analysant les réseaux et les interconnections entre territoires, on peut définir quatre grands espaces dans la région Sud : un espace azuréen qui déborde sur l’arrière-pays, un espace dit provençal structuré en bonne partie par la métropole Aix-Marseille-Provence, un espace le long du couloir rhodanien avec pour pôle principal Avignon et un espace alpin qui regroupe les deux départements des Hautes-Alpes et des Alpes de Haut de Provence. Entre et à l’intérieur de ces territoires, il y a des interdépendances, des connections, des réseaux, plus ou moins affirmés, en fonction notamment des infrastructures de transport.

Chaque jour, un actif sur cinq quitte son territoire de résidence pour aller travailler dans une autre intercommunalité en région Sud. Pourquoi ces personnes privilégient-elles le déplacement au déménagement ?

Les déménagements sont assez fréquents au sein des territoires et au sein des communes. Ils répondent à des enjeux importants à chaque moment de la vie. A l’âge étudiant, la proximité des grands pôles étudiants est une priorité. À l’âge des premiers enfants, on voit des phénomènes de déménagements vers les franges métropolitaines là où le foncier est plus accessible et l’accès à la maison individuelle possible. Plus tard à la fin de la vie active, on a moins de déménagements, ce sont les populations moins mobiles mais qui ont tendance à se rapprocher des zones urbaines. Le parcours résidentiel est facteur des moments de la vie et du coût du foncier plus que du critère de la proximité avec le lieu de travail. La limite du choix résidentiel c’est celui de l’acceptabilité du temps de transport.

Propos recueillis par Nicolas Dixmier, mis en forme par Nicolas Dixmier, Yasmine Sellami, Tristan Vyncke et Marie Allenou.


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