Géométries variables

Idée de sortie
Journal Ventilo
24 Sep 2016 0

Connu pour ses œuvres originales et colorées, l’artiste franco-suisse Felice Varini nous fait découvrir la « Maison du Fada » sous un autre angle.

Né en 1952, Felice Varini est un artiste aux multiples facettes (peintre, plasticien…) qui nous propose depuis les années 80 des créations qu’il nomme « peintures », utilisant l’environnement comme support de travail. Hors des ateliers, il a très vite souhaité s’aventurer dans la ville en partant d’une situation réelle pour construire sa peinture. Associé au concept d’anamorphose (images déformées par un effet d’optique), le peintre utilise les lieux et bâtiments existants pour créer un nouvel ensemble visuel permettant de décaler son regard. « L’espace architectural et tout ce qui le constitue est mon terrain d’action », a-t-il pu expliquer à différentes reprisesPuis son tableau urbain prend forme lorsqu’il va choisir un point précis sur le site — un point souvent placé à la hauteur des yeux du peintre et à un endroit spécifique — qui sera le point de départ d’observation et de lecture de l’œuvre. Pour lui, tout est une question de point de vue et de perspective. L’artiste affectionne les formes colorées mais simples (carrés, triangles, rectangles) et les couleurs psychédéliques (bien que le rouge reste la dominante) qu’il confectionne à l’aide de rubans adhésifs et d’un caoutchouc appelé élastomère, permettant d’être retiré après l’exposition sans abîmer l’architecture. Au vu de l’ampleur de la démarche, et du choix des lieux, Felice Varini a parfois dû demander des autorisations pour modifier le paysage urbain et s’entourer d’une équipe pluridisciplinaire pour l’accompagner sur les hauteurs des bâtiments. Lorsque le visiteur se déplace sur une installation de Felice Varini, il peut tout d’abord observer l’effet visuel voulu en se positionnant sur le point précis déterminé par l’artiste, puis se déplacer et ainsi se retrouver face aux propositions visuelles, comme pour développer de nouveaux points de vue. Le spectateur découvre alors une infinité de possibilités, allant du trompe-l’œil à des effets d’optique.

Mondialement reconnu, l’artiste a proposé une exposition à ciel ouvert autour du Château de l’Emperi à Salon-de-Provence dans le cadre de MP 2013, qui avait alors attiré plus de 6000 spectateurs. Au MaMo, c’est à la fois à l’intérieur du bâtiment et sur le toit qu’il nous donne à voir ses peintures et autres expériences visuelles. Son exposition n’est pas la plus spectaculaire, mais elle mérite le détour de par la dimension de ses créations, et le plaisir visuel qu’elle dégage, notamment du toit-terrasse… Si ses œuvres sont la plupart du temps éphémères, elles contribuent tout de même à mettre en avant l’architecture d’une ville ou d’un lieu, et nous invite ainsi à redécouvrir notre patrimoine.

Cécile Mathieu

Felice Varini – A ciel ouvert : jusqu’au 2/10 au MaMo (Cité Radieuse Le Corbusier – 280 boulevard Michelet, 8e). Rens. : www.mamo.fr


Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire