Edmonde Charles-Roux : une certaine idée de Marseille

Billet de blog
le 21 Jan 2016
1

La disparition d’Edmonde Charles-Roux m’a donné envie d’écrire à nouveau sur ce blog laissé pendant quelques temps en jachère. Je suis loin d’être un expert sur sa vie, je savais tout de même qu’elle avait été Prix Goncourt, Rédactrice en Chef de Vogue et mariée à Gaston Defferre. Je savais aussi par son nom qu’elle appartenait à une famille de la bourgeoisie industrielle de Marseille. A voir le nombre de réactions et lire les différents articles sortie aujourd’hui, je me dis que peu de Marseillais peuvent prétendre à autant d’éloges mais aussi qu’elle représente un Marseille différent, un Marseille dont la mémoire peut être riche d’enseignements.

Tout d’abord, elle est une figure intellectuelle qui a démontré que l’on pouvait arriver très haut sans pour autant renier sa méridionalité. J’ai été touché par une phrase du Monde ce matin : « elle qui tenait son ascendance provençale pour une source de raffinement et d’ouverture au monde ». On pourrait parler longtemps de cette phrase tant elle évoque des choses qui paraissent éloignées des représentations actuelles : le raffinement contre les clichés gras et bêtes que nous nous plaisons à reproduire et diffuser, l’ouverture au monde contre le danger du repli sur soi. Elle m’évoque Camus, Mistral et tous les autres penseurs de la Méditerranée, du Sud ou du Midi. Ces gens-là sont des sources d’inspirations, des modèles pour tous ceux qui croient au génie méridional.

Ensuite, elle est un des rares exemples de la bourgeoisie marseillaise qui se soit véritablement investie dans la ville. D’abord en rayonnant en France et à  l’étranger, mais aussi plus tard, en conseillant le Maire ou en intervenant dans le débat public, par exemple à l’occasion de l’exposition l’Orient des Provençaux. On manque aujourd’hui cruellement d’Edmonde Charles-Roux et de Lilly Pastré, de gens capables de mobiliser leur capital financier ou social pour dynamiser et structurer le paysage culturel, la vie artistique locale.

Marseille perd une grande Dame mais peut aussi méditer sur son action, et mobiliser son héritage pour en faire un patrimoine bien vivant.

Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire