Cadre de ville

Idée de sortie
le 8 Nov 2019
0

Le festival Image de Ville éclaire depuis dix-sept ans nos regards sur la ville et notre environnement urbain. Pour cette nouvelle édition, le festival modifie son approche, mais offre toujours une manifestation remarquable en tous points.

Sans conteste, Image de Ville est l’un des plus passionnants rendez-vous cinématographiques de l’année. Au fil des ans, l’équipe organisatrice est parvenue à tisser une pluralité des regards sur notre environnement, et nous offrir le miroir pluridisciplinaire des actions et pratiques sociales appliquées au domaine urbain. Tout converge vers l’excellence et l’intelligence du geste : les œuvres filmiques programmées, leur mise en perspective au sein des thématiques, la pertinence des invités, la qualité des échanges, le déploiement de la pensée. Pour sa dix-septième édition, sous forme de bilan intermédiaire, le festival place au cœur même de sa programmation le fil rouge qui relia les précédents volets : Quand le cinéma regarde la ville revient aux fondamentaux, développant magistralement les liens inextricables, dès ses origines, entre l’image en mouvement et l’environnement urbain.

Ou comment les cinéastes ont réfléchi la ville, l’ont imprimée sur la pellicule et son émulsion, ont mêlé les principaux fondements de l’un et de l’autre, le temps et le mouvement, le champ et le hors-champ, l’image dans l’image. Cette dix-septième édition marque donc un tournant dans l’histoire du festival, en abandonnant le schéma de la thématique unique, que remplacent la pensée programmatrice — le film prend alors une autre dimension — et l’ajout de quatre écrans parallèles : « L’esprit d’une ville », « Génie des lieux », « Terrestre » et « L’hospitalité ». Au sein de la cinquantaine de séances proposées, soulignons de prime abord l’hommage rendu à trois grands cinéastes — François Daireaux, Robert Kramer et Éric Rohmer —, tous trois sensibles à la présence de la ville comme personnage immanent du récit. L’occasion unique de (re)voir sur grand écran les splendides opus que sont Doc’s Kingdom, Le Signe du Lion, Guns ou Dui Ma ?. Si la soirée d’ouverture est consacrée au film de Boris Svartzman, Une nouvelle ère, la manifestation enchaîne dès le lendemain, avec, entre autres, le parcours cinématographique proposé par Alain Bergala sur la cité romaine, l’une des trois villes à l’honneur avec Berlin et Marseille.

Les immenses classiques que sont Accatone, Le Voleur de bicyclette ou Europe 51 côtoieront ici Tout contre Marseille d’Eva Stotz ou Berlin Based de Vincent Dieutre. L’écran parallèle « Génie des lieux » explore quant à lui l’insoupçonnable de la ville, révélé par le cinéma : ce que traduira près d’une quinzaine de films, dont l’avant-première d’It must be Heaven d’Elia Suleiman, La belle d’Arunas Zebriunas, Gods of Molenbeek de Reetta Huhtanen ou le splendide De cendres et de braises de Manon Ott, proposé ici en miroir avec La Cour des murmures de Grégory Cohen. Enfin, les deux thématiques « L’hospitalité » et « Terrestre » viendront compléter une programmation de haut vol, diablement enthousiasmante. Sans oublier de multiples propositions satellitaires, à l’instar des « Jeunes regards sur la ville », avec la diffusion de films d’ateliers réalisés par le Polygone Étoilé ou la carte blanche à l’école de cinéma Kourtrajmé.

Emmanuel Vigne

Image de Ville : du 7 au 17/11 à Aix-en-Provence, Marseille, Martigues et Port-de-Bouc. Rens. : http://imagedeville.org

Le programme complet du festival Image de Ville ici

Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire