Chante ou crève

Idée de sortie
Journal Ventilo
11 Mar 2016 0

Le Sing or Die Karaoke, c’est avant tout, selon les dires du duo Jacky et Lionel, un « joyeux bordel ». Un moment de débauche musicale dans un esprit festif sans commune mesure.

Madame Loyale tout droit sortie d’un carnaval trash, Jacky l’Ecossaise, « autodidacte de la vie » comme elle se définit, l’envisage comme une fête à la disposition des gens. Cette artiste de rue, née vers Glasgow, a pas mal bourlingué. En Lozère surtout, pendant près de quinze ans, puis un peu partout en Europe avant de poser ses valises à Marseille.

C’est là qu’elle fait la connaissance de Lionel, batteur/gueuleur et accessoirement informaticien, qui tient alors la pétulante salle de l’Enthröpy. Le Sing or Die Karaoke, c’est le bébé qu’ils ont hérité de Marilyn Mongol, une artiste amie de longue date de Jacky. Rapidement devenu un rendez-vous mensuel incontournable de la Machine à Coudre, il a conquis un public toujours plus nombreux tandis que le répertoire, de 3000 titres au départ, s’est étoffé de plusieurs centaines d’autres, au gré des requêtes des crooners et divas amateurs.

Le concept s’est taillé une si belle réputation qu’il est à présent très demandé, et Jacky et Lionel de multiplier les apparitions dans divers lieux et manifestations, parfois inattendus. Outre les événements à la Salle Gueule, l’Asile 404 ou encore à la Tache, le duo a marqué les esprits lors d’une soirée mémorable du Festival Plan B où les lyrics s’affichaient en lettres géantes sur toute la façade du Fort Saint-Jean.

Tout-terrain, le changement d’ambiance ne les effraie pas, que ce soit dans les festivals This Is Not A Love Song à Nîmes, Heart of Glass/Heart of Gold en Ardèche, Rues d’été dans le Tarn, sur la Plaine en soutien aux migrants avec Pirate Punx, devant un centre commercial de Martigues, en plein cœur de la Foire de Marseille, ou même à Rome récemment, ils trimballent partout où ils vont leur bonne humeur décomplexée et communicative. D’ailleurs, avec l’acquisition récente d’un ghetto blaster certainement customisé, leur nomadisme n’est pas prêt de s’arrêter, au bonheur de leurs fans avérés et à venir.

Car c’est bien le public qui fait la force de Sing or Die, Jacky et Lionel se concevant plus comme des hôtes du genre bouffons que comme des performers. Leur devise, « There is no shame », invite à laisser son embarras et son trac au vestiaire. Ici, tout le monde est le bienvenu, la diversité est plébiscitée. On peut être timide ou chanter mal, l’accueil sera toujours chaleureux. Ainsi, la communauté à géométrie variable qui s’est construite autour du phénomène a son lot d’étoiles filantes, stars d’un microcosme déjanté, avec chacun leurs hits devenus chasse gardée. Au panthéon du Sing or Die, on se souvient de Maxwell l’éphèbe anglais, idole des jeunes filles en fleur et en piercings, qui avait fait sien le répertoire de Frank Sinatra ; de Michel Roland, entonnant inlassablement Losing my religion de REM ; de Bruno et Didier, indétrônables sur Total Eclipse of the Heart de Bonnie Tyler…

En parallèle du karaoké, Jacky est couturière, elle pratique les claquettes et a appris l’art de la magie, du close-up plus exactement, auprès de Guillaume Vallée et de l’association La Brigade Magique. Lionel continue quant à lui la musique avec son nouveau groupe de crust, Grusterror.

Ensemble, ils bossent sur un spectacle de magie mettant en scène Albert, un prestidigitateur à poils et à plumes. Ils ont pour projet de faire un tour des îles écossaises. En attendant, ils seront à leur rencard mensuel à la Machine à Coudre qui se tiendra ce mois-ci le 12 mars, ainsi qu’au carnaval de Martigues en compagnie de la troupe Rara Woulib, le 26. Pour le reste, ils se disent enclins à étudier toutes les propositions…

Barbara Chossis


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