Administration « passée au Kärcher » : le management brutal du RN à Rognac

Enquête
le 15 Sep 2026
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Moins de deux ans après la victoire du Rassemblement national, les problèmes de management secouent la mairie de Rognac, loin d’apaiser un climat de souffrance au travail déjà critique. Plusieurs agents et anciens agents dénoncent des situations de harcèlement, de mutation arbitraire et de mise au placard.

L'hôtel de ville de Rognac, le 16 mai 2024. (Photo : Emilio Guzman)
L'hôtel de ville de Rognac, le 16 mai 2024. (Photo : Emilio Guzman)

L'hôtel de ville de Rognac, le 16 mai 2024. (Photo : Emilio Guzman)

Le courrier est arrivé au milieu de l’été sur le bureau de Christophe Gonzalez, le maire RN de Rognac, élu en novembre 2024 dans le cadre d’une élection municipale partielle et réélu en mars dernier. Signé par la responsable FSU du centre de gestion départemental, il comprend pas moins de seize pages.

Si la syndicaliste s’y inquiète de l’absence de réponse depuis plusieurs mois à ses demandes de documents administratifs et revient sur plusieurs dossiers d’agents qu’elle accompagne, elle s’attarde surtout sur la réorganisation de l’école municipale de musique et de danse (EMMD). Entrée en vigueur ce 1ᵉʳ septembre, elle impose aux professeurs de musique une baisse de rémunération équivalente à deux mois de salaire. Début août, la responsable syndicale a également saisi le préfet au titre du contrôle de légalité, tant sur "la sécurité juridique des décisions adoptées" que sur "les conditions dans lesquelles cette réforme a été mise en œuvre".

"Menace implicite"

Ce courrier vient s'ajouter à une ambiance déjà lourde. Changements de postes imposés, mises au placard, situations de souffrance, mesures discriminatoires ou vexatoires... La douzaine de témoignages directs et indirects recueillis par Marsactu raconte le maintien au sein de la mairie de Rognac d’un management très éloigné de la "méthode" exemplaire annoncée par Franck Allisio, le patron du RN dans les Bouches-du-Rhône et député de Marignane, après l’élection de Christophe Gonzalez en 2024. "Nous sommes en train de passer le Kärcher", plastronnait pourtant le candidat aux sénatoriales lors de la présentation du rapport de la chambre régionale des comptes (CRC), il y a tout juste un an. Finalement, l’expression n’est pas galvaudée.

Dans son courrier au maire de la petite ville de 12 500 habitants du bord de l'étang de Berre, la syndicaliste citée plus haut s'alarme de témoignages d’agents faisant état "de difficultés importantes concernant les conditions dans lesquelles les nouvelles propositions contractuelles ont été présentées". Selon eux, la Ville les a forcés "à accepter une perte de rémunération sous la menace implicite de la fermeture de l’établissement", instaurant "un climat de pression particulièrement marqué", écrit la syndicaliste. La plupart des enseignants ont fini par signer leurs nouveaux contrats ou leurs avenants.

Recommandation imaginaire

Des propos réfutés en bloc par Christophe Gonzalez. Ce dernier assure que tout . . .

Les coulisses de Marsactu
Cette enquête fait partie du projet "On a déjà essayé, l’extrême droite sous la loupe des médias indépendants locaux". Sept médias indépendants et locaux – Le Poulpe (Normandie), Made In Perpignan, Marsactu (Marseille), Mediacités (Lyon, Lille, Nantes, Toulouse), Rue89 Bordeaux, Rue89 Lyon et Rue89 Strasbourg – unissent leurs forces pour enquêter sur les municipalités d’extrême droite jusqu’à l’élection présidentielle. Lire notre manifeste.
Jean-François Poupelin

Commentaires

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5 commentaires


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  1. petitvelo

    Comme le dit Mme Poncelet, on est plutôt dans le classique, quelle que soit la couleur. Le spoil system descend de plus en plus dans les organigrammes, la progression du statut contractuel renforce la politisation des agents… Et la rotation rapide des effectifs notamment des cadres, diminue l’expertise et la responsabilité. Ça mériterait une enquête par couleur , pour comparer et avoir une vie d’ensemble de la dérive.

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  2. Electeur du 8e ©

    « Cette prétendue recommandation ne figure nulle part dans le rapport de la CRC » : pourquoi l’extrême-droite éprouve-t-elle constamment le besoin de mentir et de fabriquer une réalité « alternative », quel que soit le sujet ? Cela veut-il dire que la réalité telle qu’elle est ne confirme pas ses fantasmes et ses préjugés idéologiques ? Inutile de se gausser de Trump, de sa sénilité et de ses humeurs d’enfant capricieux : nous avons les mêmes ici.

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  3. ruedelapaixmarcelpaul

    Monsieur le maire est « au courant » de textes fantaisistes, d’audit bidonnés ou d’un rapport fantasmé de la CRC mais pas au courant de nombreuses choses au sein de son administration.
    Confier la culture à un agent cat C en dit long…

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  4. Lissia

    Je crois que la stratégie est relativement simpl(ist)e, et très RN : « Pas vu ? Pas pris ? ou bien « quoi qu’on me dira, je nie. »
    Mais il faudrait plutôt plaindre ce maire qui ne sait rien, n’entend rien, ne voit rien …ou bien lui donner l’adresse de la MDPH pour obtenir des aides…?

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  5. Christian GUILLAUME

    Ce maire typique de la gestion d’extrême-droite n’est pas l »unique responsable et couapble. Le sont tout autant les électeurs-trices qui donnent le pouvoir à des personnages de cet acabit.

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