Adam Saïd, auteurs en abyme
Ecrivain et cinéaste, Adam Pianko forme un auteur unique avec Daniel Saïd. Après plusieurs films, courts et longs, ils cosignent une bande dessinée inédite sur une Savine réinventée. Portrait d'auteurs en miroir.
Sans que l'on sache vraiment pourquoi, nos pas nous amènent jusqu'à la petite salle de danse, à l'entresol de la Sound Musical School. Ce centre culturel à l'usage de la rue est situé au pied des tours de la Savine, à Notre-Dame-Limite (15e). Peut-être est-ce pour le grand miroir qui occupe un pan de mur. Ou parce qu'Adam Saïd y a tourné de nombreuses scènes d'Aouine leur premier long métrage. La syntaxe a fourché. Le miroir sert à ça : il différencie et associe, crée des doubles.
Adam Saïd sont deux. Le "vieux" Adam Pianko d'un côté et le "jeune" Daniel Saïd de l'autre. Dans le miroitement trouble des identités, l'un est cinéaste et écrivain, l'autre "un mec des quartiers côté crapuleux" dixit lui-même. L'un juif est d'origine polonaise, l'autre français d'origine comorienne. Musulman, il porte un nom juif d'ange et deux larmes tatouées sur la pommette qui ne prêtent pas à rire. "Je m'appelle comme ça parce que ma mère adorait Daniel Balavoine. J'ai eu chaud parce qu'elle aimait aussi les Feux de l'amour et j'aurais pu me retrouver avec Victor Newman comme prénom. Mon père n'aurait pas voulu", sourit-il. L'un et l'autre ont été victimes d'un "coup de foudre artistique" il y a six ans de cela. Ce duo a déjà accouché d'un long métrage, Aouine primé au festival de Tetouan, plusieurs courts, une web série en préparation, une reprise de Carmen de Bizet avec des ados... Et une BD.
Ensemble, ils co-signent le scénario de Pour maman, Mémoire d'un dégun, à paraître en avril 2017 aux éditions Les Enfants rouges et qui fait l'objet d'une
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