Accusée de harcèlement, la directrice de cabinet de Narducci vers une lourde sanction

Enquête
Jean-Marie Leforestier
1 Mar 2019 5

Accusée de harcèlement par un nombre important d'employés de la mairie des 2e et 3e arrondissements, la directrice de cabinet de Lisette Narducci (parti radical) passait ce jeudi en commission de discipline. Celle-ci a recommandé au maire de Marseille de la suspendre pour dix mois. En parallèle, une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Marseille.

La mairie des 2e et 3e arrondissements. Google Street View.

La mairie des 2e et 3e arrondissements. Google Street View.

A un an des municipales, la maire des 2e et 3e arrondissements Lisette Narducci (parti radical) sera plus qu’attentive à cette décision. Ce jeudi matin, sa plus proche collaboratrice présentée comme « directrice de cabinet », a vu son cas examiné par la commission de discipline de la Ville de Marseille. Cette instance présidée par une magistrate du tribunal administratif et de représentants à parts égales de l’administration et du personnel a proposé de suspendre Michèle Azoulay pour dix mois. Il incombera à Jean-Claude Gaudin, le maire (LR) qui s’était allié à Lisette Narducci, de prendre la décision finale en suivant ou non cet avis.

Il s’agit d’un front parallèle au front pénal déclenché fin novembre par une plainte de dix agents de la mairie de secteur et un signalement de la mairie, que Marsactu avait révélés. Depuis, une enquête préliminaire pour « harcèlement moral » a été ouverte. Le parquet de Marseille a choisi de confier l’enquête à la division économique et financière de la police judiciaire. Cela signifie que d’autres éléments soulevés par les plaignants, ayant trait à des infractions à la probité, pourraient le cas échéant être explorés par ces enquêteurs qui en ont fait leur spécialité.

Accusée de harcèlement par plusieurs agents, Michèle Azoulay est déjà suspendue à titre conservatoire par la Ville depuis novembre, une mesure provisoire qu’elle a échoué à faire suspendre par le tribunal administratif en décembre. En arrêt maladie depuis lors, elle perçoit tout de même une rémunération. En contrat à durée indéterminée à la Ville, elle risque sur le papier un licenciement mais la Ville n’a réclamé ce jeudi matin qu’une suspension temporaire d’un an.

L’administration s’est basée sur le rapport réalisé par son inspection générale des services. À l’automne, ce service d’audit interne a interrogé une quarantaine d’agents de la mairie des 2e et 3e arrondissements. À l’arrivée, elle a retenu une petite vingtaine de témoignages considérés comme accablants pour Michèle Azoulay et constituant selon elle des comportements violents, agressifs, insultants ou injurieux.

Témoignages contre témoignages

Ces agents ont par exemple déclaré avoir été victimes de remarques racistes, de moqueries sur le physique ou de dénigrements professionnels récurrents. Des éléments que Michèle Azoulay conteste en bloc. « Ma cliente est le fusible d’une problématique de fonctionnement de la mairie de secteur et d’une prise à partie sans doute politique, clame son avocate Shirley Leturcq. Nous avons déposé 70 attestations d’agents qui viennent en soutien de Madame Azoulay ». Cette spécialiste du droit public se dit « très déçue » d’une commission de discipline « qui a duré très longtemps ». La défense a aussi demandé à ce que soient entendus une petite dizaine d’agents favorable à la cadre.

« À partir du moment où vous êtes salie, même si les faits sont contestés avec force, on a l’impression que la Ville se retrouve dans une situation inextricable qui l’obligerait à sanctionner », regrette encore Shirley Leturcq. Si cette suspension est décidée, cela ouvrirait la voie à un recours au tribunal administratif pour contester la sanction. Cela permettrait aussi aux agents qui se disent victimes de Michèle Azoulay de réclamer des dommages et intérêts à la Ville.

Selon nos informations, une partie des agents cherche un accord amiable quand une autre a déjà décidée d’une action devant le tribunal administratif. Après que nombre d’entre eux ont été en arrêt maladie, la majorité a depuis le début de cette affaire été réaffectée dans d’autres services de la Ville de Marseille.

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