Alors que les écoles publiques sont à la peine et manquent de moyen, les établissements confessionnels gagnent du terrain. Depuis l'arrivée de Jean-Claude Gaudin à la tête de la mairie en 1995, ils accueillent 23 % d'élèves en plus quand le public voyait ses effectifs ne croître que de 2%. Enquête en partenariat avec le mensuel le Ravi.

Mon école va craquer. La formule choisie par France Culture résume bien le ras-le-bol exprimé depuis novembre par une enseignante puis par des parents d’élèves ou des profs remontés contre des écoles publiques dégradées. Le fruit d’un sous-investissement chronique dans les écoles municipales par la mairie de Marseille. En arrière-plan, l’enseignement privé a prospéré dans la Ville dirigée par le très pieux Jean-Claude Gaudin depuis 1995, ultra-dominé par les écoles catholiques. Le maire, il est vrai, n’oublie jamais de saluer le rôle de l’enseignement privé dont lui, l’ancien prof d’histoire-géo de Saint-Joseph-les-Maristes, est issu.

Au Sénat, il vante fréquemment le libre choix. Localement, il loue le rôle social des écoles privées, notamment dans les quartiers populaires. “Si Lacordaire ou Provence sélectionnent leurs élèves, Saint-Mauront (3e) ou Saint-Joseph Viala (15e) accueillent elles tout le monde et pratiquent la gratuité ou de grosses réductions pour les familles en difficulté”, reconnaît André Mourgues, secrétaire général de la CFDT de l’enseignement privé de l’académie Aix-Marseille. “Dans certains quartiers, l’école privée est nécessaire à la scolarisation de tous les élèves. Sans elle, le service public serait loin de pouvoir accueillir tout le monde”, abonde le conseiller municipal FDG Jean-Marc Coppola.

Alors que l’enseignement public en élémentaire et maternelle voyait ses effectifs stagner, fluctuant autour de 74 000 élèves depuis 1995, ceux des 58 établissements privés ont bondi de quelques 11 000 élèves à plus de 13 600 élèves. Cela représente une jolie hausse de 23 % pour les établissements confessionnels. Ces chiffres sont rarement exposés : ils viennent d’un document interne du service de l’éducation de la Ville de Marseille dressant l’état des lieux à la rentrée 2013-2014 déjà révélé par le Ravi. Mais nous ne pourrons que peu les développer ici. La mairie, qui finance les établissements sous contrats, maintient un silence d’or sur l’évolution des effectifs du privé. Marsactu et le Ravi n’ont obtenu aucune réponse à leurs multiples demandes de données avec la Ville de Marseille pas plus qu’une interview avec l’adjointe à l’éducation, Danièle Casanova, celle qui selon Gaudin “prend des embruns à [sa] place”. C’est donc avec notre document de 2013 complété par des chiffres du rectorat que nous avons pu établir le graphique ci-dessous.

graph-prive

Le privé “boosté” par le public

La bonne santé du privé à Marseille est donc incontestable. Sa comparaison est toutefois peu aisée, faute de données globales facilement accessibles. Pour l’association des parents d’élèves de l’enseignement libre (APEL), qui tiendra son congrès à Marseille en juin avec une aide de 15 000 euros de la mairie, “c’est une tendance nationale”. Ce que tempère cependant André Mourgues, secrétaire général de la CFDT enseignement privé. “Toutes les grandes villes connaissent une plus forte implantation du privé dans le 1er degré, mais l’évolution des effectifs n’y est pas aussi forte qu’à Marseille”, assure cet ancien prof de Tour-Sainte (15e). D’ailleurs, les éléments marseillais contrastent avec les données nationales qui soulignent une stagnation des inscriptions depuis l’an 2000 avec une part de l’enseignement public dans le premier degré autour de 87 %. Au niveau local, nous ne disposons de chiffres que sur ces 10 dernières années. Depuis lors, les effectifs du privé ont cru de 7 % sur l’académie d’Aix-Marseille, mais de seulement 0,82 % dans les Bouches-du-Rhône. Moins vite qu’à Marseille qui connaissait sur la même période une croissance de 11 %, contre seulement 3 % dans le public. Bref, Marseille accélère vers le privé.

Et encore, le développement de celui-ci semble ralenti par le nombre de places limité. “De nombreux établissements sont sollicités mais ne peuvent pas répondre aux demandes. Il peut y avoir 60 à 70 demandes pour des classes de 30. Les inscriptions sont d’ailleurs déjà terminées dans certains établissements”, explique-t-on dans l’entourage de Françoise Gaussen, directrice diocésaine de l’enseignement catholique de Marseille.

Dans cette histoire, Xavier Méry a un poste d’observation privilégiée. Il est à la fois adjoint au maire en charge de la lutte contre l’exclusion depuis 2014 et directeur de l’Institut Sainte-Trinité qui propose école, collège et lycée dans le 9e arrondissement. Il estime à “5000 élèves supplémentaires du premier degré” le potentiel de l’enseignement privé. Il lui arrive même de refuser quelques demandes haut placées : “C’est la première année que j’ai des demandes du cabinet du maire et du maire lui-même pour faire entrer des enfants. Mais je n’ai pas pu, faute de nouvelle classe. Ça se fera peut-être par la pression de l’urbanisme, si j’arrive à prouver que j’ai assez de demandes du secteur sur plusieurs années…” Quant à savoir pourquoi le privé connaît un tel succès, il finit par admettre : “À Marseille, c’est sûr que l’état de écoles booste le privé. Les parents disent qu’ils n’en peuvent plus. Ce qui est symptomatique, c’est que les profs du public mettent leurs enfants dans le privé.” Et de sourire : “Comme les élus de Marseille, de droite et de gauche.”

Un constat largement partagé… hors des cénacles des établissement privés. Chez ses acteurs, les raisons sont en effet tout autre. “Les familles ont le libre choix de l’enseignement. À Marseille, elles optent pour des établissement à taille humaine, dans lesquels les parents ont toute leur place et un rôle d’éducateur”, poursuit la voix de Françoise Gaussen. “Les enfants sont mieux cadrés que dans le public, plus soutenus, il y a moins de d’absentéisme des profs, de grèves”, abonde l’association des parents de l’enseignement libre de Marseille. “Pour moi, il y a trois facteurs principaux qui expliquent le choix du privé, avance en échos Mohasen Ngazou, directeur du collège-lycée sous contrat Ibn Khaldoun (15e), également vice-président de la Fédération nationale des écoles musulmanes. Un retour du religieux quelle que soit la confession ; un facteur démographique avec les 2e et 3e générations d’immigrés qui sont désormais bien installés et qui ont un réflexe de classe moyenne en cherchant la meilleure solution pour leur enfant ; des familles horrifiées par la permissivité dans l’école publique et qui cherchent un refuge.”

Le privé au prix du public

Et parfois horrifiés par l’état du public à Marseille tout court, où l’absence de mixité sociale peut parfois jouer. “Mon fils était dans le public à l’école des Bergers. Il y avait beaucoup d’étrangers qui ne parlaient pas français. Les enseignants étaient accaparés avec eux, c’était pas évident pour mon fils. Pour changer d’école, on s’est renseigné, il aurait fallu déménager. Alors, on a choisi le privé”, témoigne ainsi Cédric qui a inscrit ses deux enfants à l’école Notre-Dame-de-la-Paix (6e). “Dans mon quartier de Malpassé, quand j’étais petit, le privé était réduit à sa portion congrue. Aujourd’hui, il y a l’école juive Yavné, l’école arménienne Hamaskaïne et les catholiques Sévigné et Lacordaire qui ont explosé : on a l’impression de voir chacun se barricader”, estime pour sa part le conseiller municipal socialiste de Marseille Stéphane Mari qui a lui-même choisi le prestigieux collège Lacordaire (13e) pour ses enfants.

Ces élus si discrets

A Marseille, la rumeur veut que la plupart des élus de la ville mette leurs chères têtes blondes, ou pas d’ailleurs, dans des établissements publics. Pour en avoir le cœur net, le Ravi et Marsactu ont donc interrogé directement les intéressés par mail. Sur les 101 conseillers municipaux, seuls dix ont répondu (quatre de gauche, deux FN et quatre de la majorité), dont sept pour annoncer – se vanter ? – d’avoir scolarisé leurs enfants dans le public, deux pour dire qu’ils n’avaient pas d’enfants, un pour assumer le choix d’une éducation catholique.

Sont également avancés, les « services » du privés. La garderie, souvent gratuite, en particulier. “Si je suis retenue par mon travail, je sais qu’ils peuvent me garder les enfants jusqu’à 18 heures. C’est une sécurité pour moi qui les élève seule”, explique Ève, mère de deux enfants scolarisés à Notre-Dame de la Paix. Viennent ensuite les multiples activités proposées pendant les temps de cantine et périscolaires par l’établissement ou l’association des parents d’élèves : de la céramique à l’informatique en passant par la natation, le tennis, l’anglais, le club lecture, la prise en charge des devoirs etc. Loin des temps récréatifs de restauration du public donc.

Le tout à des tarifs loin d’être prohibitifs. Raphaëlle, mère d’un petit garçon et d’une petite fille, paie “300 euros par mois pour les deux, cantine incluse” à Saint-Michel. Géraldine, qui a sa fille en CE1 dans la même école, “140 euros, tout compris” : scolarité, garderie, cantine et association des parents d’élèves. Après un rapide calcul, Xavier Méry estime de son côté le panier moyen en premier degré dans son établissement à 150 euros. Finalement un coût assez proche de celui du public. Si la cantine y est abordable (3,40 euros le repas plein tarif contre 6 euros en moyenne dans le privé), la garderie vient plomber la facture des parents : 6 euros par jour pour le matin et le soir ! Soit, pour un mois plein, comme le mois de mars, une facture globale de 170 euros ! Conclusion de la maman de Charlotte, également de l’école privée du bd Chave : “Quand on entend comment ça se passe dans le public, ce qui est sûr, c’est qu’on ne va pas y retourner !”

Par la grâce de Gaudin

Ce serait dommage. Si Jean-Claude Gaudin aime rappeler haut et fort que le budget éducation est le premier poste de dépenses de la ville et qu’il a investi plus de 500 millions d’euros dans les écoles depuis sa première élection, en 1995, il omet de dire qu’il aime surtout à donner au denier du culte de l’enseignement privé. Le forfait élève a ainsi flambé de près de 75 % depuis 2005, comme l’a déjà raconté le Ravi, pour s’établir à 850 euros [1]. Mieux, dans le rapport sur la rentrée scolaire 2013-2014, le maire de Marseille se vante d’avoir consenti des “avantages particuliers”. Il y a notamment la majoration de “la dotation des élèves de l’école élémentaire de la charge financière des Atsem” et le paiement du forfait pour les maternelles, alors que rien ne l’y oblige. “Par rapport à la loi, sur la part obligatoire, on fait un peu moins que ce que nous obligerait une juridiction ; sur l’optionnel, on fait un peu plus”, minimise pourtant Yves Moraine, maire des 6e et 8e arrondissements.

S’il est difficile d’évaluer les obligations de la Ville du fait de la mauvaise volonté de Jean-Claude Gaudin et de son équipe, il est par contre très facile de calculer ses libéralités. Et le total est bien au-dessus du coup de pouce évoqué par le président du groupe LR au conseil municipal. Pour les salaires des Atsem inclus dans le forfait des élèves d’élémentaire, la note s’établit autour 400 000 euros, hors charges sociales. Et la facture est dix fois plus salée pour la prise en charge des maternelles : près de 4 millions d’euros [2] ! Soit plus du tiers de la dotation pour l’année 2015-2016, qui s’élève à un peu moins de 12 millions d’euros. Une paille quand on connaît les finances de la seconde ville de France et l’état de ses écoles…

La générosité de Jean-Claude Gaudin se fait aussi par des chemins détournés. En juin 2014, Mediapart a par exemple révélé que le parquet avait ouvert une enquête préliminaire pour l’attribution par la ville d’une subvention 250 000 euros pour la construction d’un gymnase au sein de l’école juive privé Yavné. En juin 2007, Jean-Claude Gaudin était aussi l’invité vedette de l’inauguration des nouveaux locaux de l’école privée Saint-Louis. Locaux installés dans les anciens abattoirs de Marseille sur un terrain de 2800 m² mis à disposition… par la Ville pour un loyer de 150 euros par an par bail emphytéotique ! Mieux. Selon le cédétiste André Mourgues, Gaudin serait même à l’initiative de l’ouverture de l’école privée Robert Schumann (3e). “Il voulait une école pour les cadres d’Euromed”, assure-t-il.

Tant de dévotion interroge. D’autant plus que le maire de Marseille ne met pas beaucoup d’enthousiasme à élargir l’offre du public. Depuis son intronisation en 1995, les nouveaux groupes scolaires sortent au compte-goutte. Au Rouet (8e), à la Capelette (10e) et à Sainte-Marthe (14e), trois quartiers touchés par une forte urbanisation, les écoles promises depuis des années sont toujours dans les cartons. Au conseil municipal du 1er avril, le maire a annoncé un lancement des travaux pour la première quinzaine du mois. “Quand on accueille mille familles supplémentaires à Sainte-Marthe, soit des centaines de gamins, et que l’école tarde, beaucoup finissent scolarisés dans les établissements privés voisins”, dénonce le socialiste Stéphane Mari. Et de conclure : “On peut considérer ça comme une manière indirecte de favoriser le privé.” Voire de privatiser l’enseignement ?

Jean-François Poupelin (le Ravi) et Jean-Marie Leforestier (Marsactu)

1. Pour élaborer son forfait versé au privé, la Ville s’est appuyée sur un audit réalisé par le cabinet KPMG en 2009. Audit aujourd’hui introuvable selon la mairie car “en voie de numérisation”

2. Pour le coût des Atsem en élémentaire, le calcul a été effectué sur la base d’un salaire moyen de 1400 euros net et 270 classes de 33 élèves (8998 à la rentrée 2015). Le coût des maternelles a été calculé sur la base des 4651 élèves à la rentrée 2015. Les effectifs sont ceux du rectorat.

Vous pouvez retrouver cette enquête dans le numéro d’avril du Ravi, le mensuel régional d’enquête et de satire dont nous sommes partenaires.

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Jean-Marie Leforestier
Journaliste

Commentaires

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  1. corsaire vert corsaire vert

    Que Gaudin favorise l’école privée cela nous le savions déjà et pour ce faire il laisse les établissements publics à la dérive .
    Les écoles privées sont majoritairement confessionnelles , des boites à fabriquer des intégristes de tous bords car aucun contrôle n’est fait pour vérifier la nature des enseignements parallèles aux programmes officiels .
    C’est un e attaque sans précédent contre la laïcité et les valeurs républicaines de la France .
    Evidemment on comprend les parents qui n’ont d’autre choix, surtout si l’école publique, qui est imposée par la carte scolaire , compromet l’avenir éducatif de l’enfant .
    Depuis la création de l’école républicaine et laïque par Jaurès , ces écoles appelées écoles libres ( sic ) n’ont cessé de les combattre pour imposer leur idéologie religieuse .
    Que l’état,donc nos impôts, subventionne le privé soit disant contôlé

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    • Trésorier Trésorier

      Corsairevert,

      au 20eme siècle, ce sont les laicards comme vous qui ont té les plus intégristes (Staline, Hitler, Polt pot, Mao, ….).
      Les écoles libres subventionnées sont sous contrat, donc surveillées par le rectorat.
      Les valeurs républicaines c’est notamment la liberté, et celle de choisir l’éducation de ses enfants. Ne vous en déplaise.
      L’idéologie laicarde me parait aussi dangereuse que l’intégrisme religieux.
      Les parents d’enfants dans l’école libre payent des impôts. Ils doivent en toute logique bénéficier des mêmes services que ceux dont les enfants sont dans l’école laïque.

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  2. corsaire vert corsaire vert

    je termine , fausse manoeuvre …
    …le privé soit disant contrôlé, revient à payer une part de notre impôt à des religions , comme cela se fait en Allemagne et d’autres pays , où la déclaration d’impôt comporte une case à cocher pour savoir à quelle religion sera attribuée certain pourcentage …( 8% en allemagne , combien en France ? )
    L’hypocrisie de l’école privée subventionnée est une violation par des voies détournées des lois Jules Ferry sur l’école laïque obligatoire et gratuite.
    Il est urgentde faire marche arrière en supprimant TOUTES les subventions au privé pour revaloriser l’éducation nationale .
    Vous verrez que les amateurs d’école privée se bousculeront moins au portilllon !
    A Marseille ce n’est pas ce vieux barbon de Gaudin qui s’achète un passeport à tous les râteliers religieux ( on ne sait jamais après la mort …), va réhabiliter l’enseignement public !
    Il n’est pas seul maître à bord pour faire couler le navire , que fait l’état ?
    où est l’état ?

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    • Ouganda Ouganda

      Bien d’accord avec Corsairevert !
      Je suis née à Marseille en 37, du temps où pour entrer en 6 ème, c’était l’institutrice qui désignait les élèves aptes à passer le concours d’entrée au lycée en fonction des résultats scolaires. L’école privée confessionnelle était alors réservée aux enfants qui avaient des difficultés dans le public ou à ceux dont les parents voulaient un enseignement religieux. Maintenant c’est l’inverse, ce sont les bons élèves qui vont dans le privé qui de ce fait sélectionne les meilleurs !
      Facile dans ces conditions d’avoir de bons résultats aux examens…
      Et c’est l’école publique qui doit garder jusqu’à 16 ans des élèves qui ont décroché depuis longtemps pour de multiples raisons et ne sont plus contrôlés, ni par leurs parents, ni par les enseignants… Supprimer toutes les subventions au privé non seulement ce ne sera pas possible mais de surcroît pas forcément efficace. Nous sommes en face d’une reprise en mains , souterraine, insidieuse, tenace, profonde etc. de la part de l’Eglise qui n’a jamais digéré qu’on lui ait enlevé le pouvoir qu’elle avait sur nos chères têtes blondes et brunes… Et qui se sert des parents, très soucieux de l’avenir de leurs enfants, pour reconquérir son pouvoir d’influence et saper, en creux, les fondements de la vraie laïcité!
      Christiane Brochier

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    • JL41 JL41

      « Nous sommes en face d’une reprise en mains, souterraine, insidieuse, tenace, profonde etc. de la part de l’Eglise qui n’a jamais digéré qu’on lui ait enlevé le pouvoir qu’elle avait sur nos chères têtes blondes et brunes… »
      Je pense que les enfants s’émancipent très vite, y compris par rapport à leurs parents lorsque c’est nécessaire. Vous en connaissez beaucoup qui, après une « bonne éducation » restent des benêts ?
      D’ailleurs à Lacordaire, un cas que je connais, les enfants ne sont pas obligés d’assister aux cours de religion ou de participer au voyage annuel à Lourdes où ils auront à pousser un paraplégique dans l’eau bénite pour qu’il guérisse. J’en connais qui sans partager de foi religieuse ont été du voyage. C’est entendu comme une façon de connaître et de servir son prochain. Ils sont aussi incités à donner des cours d’alphabétisation dans des familles où l’on ne parle ou n’écrit pas beaucoup en français. Je trouve que c’est plutôt bien.

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    • Trésorier Trésorier

      Corsairevert,

      au 20eme siècle, ce sont les laicards comme vous qui ont té les plus intégristes (Staline, Hitler, Polt pot, Mao, ….).
      Les écoles libres subventionnées sont sous contrat, donc surveillées par le rectorat.
      Les valeurs républicaines c’est notamment la liberté, et celle de choisir l’éducation de ses enfants. Ne vous en déplaise.
      L’idéologie laicarde me parait aussi dangereuse que l’intégrisme religieux.
      Les parents d’enfants dans l’école libre payent des impôts. Ils doivent en toute logique bénéficier des mêmes services que ceux dont les enfants sont dans l’école laïque.
      Pour votre information, les professeurs de l’enseignement libre passent le concours public comme les enseignants du public. Et on ne compte guère de curés, rabins ou imans parmi eux.
      La liberté de choix ne vous plait pas. On le comprend. Mais ce n’est pas en imposant aux parents de l’enseignement libre d’aller dans l’école laïque que celle-ci se portera mieux. Qu’elle résolve ses problèmes (absentéisme, grevite, laxisme, manque d’autorité, enseignement au rabais,….), au lieu de critiquer le voisin.

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    • Trésorier Trésorier

      Ouanda,

      l’école libre ne sélectionne pas toujours les meilleurs et les plus riches. Relisez l’article. Et les élus de gauche ne sont pas les derniers à y envoyer leurs enfants….

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  3. MarsKaa MarsKaa

    Merci pour cet article ici et dans le Ravi, à diffuser, largement, pour que la lutte pour les écoles publiques continue.
    Il y a là un bout de ficelle qui, quand on commence à le tirer, démêle toute une pelote …
    nos enfants en sont les otages et les victimes.
    et la société locale se divise, se fragmente…
    Nous sommes quelques uns, et fort heureusement, à resister et à nous battre pour le public, de l’intérieur, parents, et personnels de l’education nationale…. mais on s’épuise lorsque l’on n’a pas de relais.
    L’impression bien souvent du pot de terre contre le pot de fer.
    Mais le pot de fer se fissure aujourd’hui, le scandale sort au grand jour, grace à certains journalistes et à certains profs, parents, citoyens.
    Merci. et ne lâchons pas l’affaire, il faut dénouer et derouler toute la pelote…

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    • Trésorier Trésorier

      MarsKaa,

      la lutte pour l’école publique, c’est déjà de se remettre en cause et résoudre ses problèmes de fonctionnement et d’organisation au lieu de critiquer le voisin.

      C’est vrai que c’est plus difficile à faire.

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  4. reuze reuze

    Les déclarations de Jean-Marc Coppola et Stéphane Mari posent bien le problème: dans de nombreux quartiers, même dans les arrondissements centraux où l’urbanisme a très peu changé, le déficit en places dans le public est tel que de nombreux parents n’ont réellement pas d’autre choix que d’inscrire leurs enfants dans le privé.

    Ailleurs en France, les parents et les élus locaux font pression sur l’Education Nationale pour obtenir l’ouverture ou le maintien de classes.
    À Marseille, c’est la ville qui bloque, tous les ans, les ouvertures de classes autorisées par l’Education Nationale en ne mettant pas à disposition les locaux nécessaires…

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    • Trésorier Trésorier

      Reuze,

      en 1975, la ville comptait 915 000 habitants avec de nombreux enfants. On n’en compte aujourd’hui que 850 000 avec une part d’enfants plus faible. Dire qu’on manque d’école m’étonne, même si le nombre d’enfants par classe a du baisser.

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  5. julijo julijo

    Connu et archi connu, nous avons tous compris depuis longtemps que Gaudin et son équipe favorisent l'”école libre” !!
    J’adhère complètement aux arguments des intervenants ci dessus…
    C’est lamentable, consternant, on peut comprendre…mais on ne comprend plus parce que l’Etat n’intervient pas !! Il s’agit pourtant de la France de demain.
    Un aspect est peu abordé, et pourtant il est aussi important :
    Quelle est la réelle formation des enseignants et surtout des intervenants adultes dans ces établissements ????? Les enseignants, n’ont pas le statut des enseignants du public (effectivement il ne manquerait plus que ça !) et ils n’en ont pas non plus les compétences. les formations sont plus courtes, mains contrôlées. Pour ce qui concerne les “intervenants” …dans certains lycées privés, certaines activités, TP, révisions, soutiens et autres gadgets sont assurés par des adultes pleins de bonne volonté…parfois sans aucune formation ; dans les établissements primaires ou collèges, les pions se sont les personnels disponibles….bah après tout, pourquoi pas ?
    Sont récupérés dans le public, après s’être fait virés de certains établissements “libres” des élèves plus fragiles…et là ça vaut le coup ! le décalage de formation est énorme…les parents sont bien contents que leurs enfants trouvent à ce moment là le public ! c’est souvent trop tard…..
    Tout cette organisation parallèle de l’école est toujours au détriment des parents, des enfants…l’Ecole Privée Libre est avant tout chose un COMMERCE. Ce sont des entreprises qui paient mal leurs salariés, souvent gérées comme des usines de production…
    L’aspect religieux ne tient pas la route…pas longtemps, les enfants sont facilement dispensés de toute culture religieuse. Bon nombre de juifs sont inscrits chez les cathos, quelques musulmans y sont également et vive et versa……
    Et puis, les statistiques sont têtues, nationalement, les études longues se font dans des établissements publics.

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    • Trésorier Trésorier

      Julijo,

      il faut arrêter de raconter n’importe quoi, au risque de déconsidérer votre positon.

      Les enseignants de l’école libre passe le concours public et sont contrôles par le rectorat.
      Suite à la réforme catastrophique de Hollande sur le périscolaire, les communes ont du embaucher n’importe qui dans les écoles laïques (la réforme ne s’appliquant pas à l’école libre) pour des formations gommettes, peinture, sport ou lecture…
      Le niveau scolaire dispensé par l’école libre est largement supérieur à l’enseignement laïc et le premier doit souvent recevoir des enfans qui ont été abandonnés par le second. L’école libre est plus e mesure de s’adapter à tel ou tel problème ou enfant.
      L’école libre est légale et permet e libre choix des parents. Evidemment, vouloir supprimer une concurrence permettrait de cacher l’échec patent de l’école laïque actuellement, totalement à la dérive.
      L’école laïque est devenue un commerce au seul profit des professeurs (grèves, absentéisme, réunions, temps de travail faible, implication réduite,…), l’intérêt des enfants n’étant qu’un alibi aussitôt oublié. Comme dit un prof du public que je connais ‘”la seule raison d’être professeur, c’est les quatre mois de vacances”.
      Pour l’aspect religion, un autre laicard parlait d’école d’intégrisme tout à l’heure… Choisissez mieux vos arguments….

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  6. LaPlaine _ LaPlaine _

    Que fait l’état…? oui c’est la bonne question. Ici comme dans bien d’autres domaines, Marseille est un état dans l’état, personne ne vient y fourrer son nez ou alors en le pinçant très fort. Voilà pourquoi cette ville ne ressemble à aucune autre collectivité en France.

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  7. jacques jacques

    Pourquoi ne pas demander à la CADA d’ obliger le maire à fournir ces documents !?

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  8. hervechik hervechik

    Article très intéressant. Hasard des choses, le même jour je tombe sur cet instructif podcast documentaire d’Arte Radio:

    http://arteradio.com/serie/y_a_deux_ecoles
    (notamment partie 3 “Parents Rebeus, Parents Bobo”, après la 10e min)

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  9. JL41 JL41

    En 20 ans les effectifs du privé ont cru de 23 % et ceux du public de 2 %. Il en aurait sans doute été de même avec un autre maire que Gaudin. Le premier critère qui différencie les écoles privées et les écoles publiques, ce sont les enfants que chacune accueille. Le caractère confessionnel est assez secondaire. Il y a aussi des enfants de bonnes familles de gauche ou musulmanes à Lacordaire, où la réussite au bac est de 100 %. L’école privée est le choix de familles avisées, ce qu’on appelle l’élite, ou de celles qui y aspirent et accompagnent activement leurs enfants pour qu’ils réussissent. L’école privée accueille aussi des pauvres (un peu) qui ne peuvent pas payer, mais dont on est sûr que les enfants joueront le jeu de cette promotion par l’école. Elle accueille parfois aussi un trublion de bonne famille, dont on espère qu’à Lacordaire il entrera dans le moule. A la première frasque il sera exclu, ce que les parents et l’enfant savent.

    Si les effectifs de l’école publique ont stagné, c’est qu’il est avéré que ses résultats sont moins bons et que le système n’est pas adapté à la mise à niveau des enfants issus de milieux défavorisés. Les enfants qui vivent dans des familles cultivées, où ce n’est pas la télé qui sert de trait d’union muet, intègrent déjà à la maison les codes et les outils de langage qui leur permettront d’accéder aux meilleures situations. Et si l’on est un peu glandeur, il suffira de faire Sciences Po pour obtenir ensuite le stage qui servira de procédure d’admission à un poste intéressant. L’école, la fameuse école de Jules Ferry destinée à donner à chacun les mêmes chances, le fera-t-elle ? Ses résultats seront bons pour les enfants issus des milieux favorisés, tandis qu’elle se manquera le plus souvent pour les enfants qui ont besoin d’un meilleur accompagnement au départ. Mes enfants sont allés à l’école publique. L’un d’entre eux a été perdu parce que la maîtresse, responsable CGT, l’a constamment brimée. Plusieurs élèves étaient frappés à coup de poing avec bagues aux doigts dans les cheveux. L’enseignante a été licenciée deux ans plus tard, mais le préjudice n’a jamais pu être réparé. Je connais d’autres enfants qui sont allés dans le privé. Un sujet de maths non compris était réexpliqué à l’enfant en cours d’étude. Lorsque l’enfant n’était pas dans sa classe à 8 h, les parents étaient appelés par l’école à 8 h 10. Ces écoles sont toutes très dévouées aux enfants. Une sorte de morale peut-être d’origine religieuse, mais moins présente dans le public, où les enseignants trouvent le moyen d’être en congé de maladie 17 jours par an en moyenne. Evidemment, la tutelle ne les remplace pas toujours, si non, au lieu de 17 jours de congés de maladie, combien faudrait-il en compter ? L’école publique dira qu’elle manque de moyens. Je dirais plutôt que les moyens humains mis en œuvre et la capacité de la structure qui les gère laissent à désirer.

    Certains commentateurs ont jugé ici que les enseignants étaient moins diplômés dans le privé. J’ignore si c’est vrai, mais on sait aussi que faute de volontaires, les enseignants recrutés dans le public le sont parfois jusqu’à 7/20 de moyenne dans le concours.

    Inversement, je connais dans le public des écoles qui font un boulot formidable et des enseignants formidables eux aussi. Le collège de l’Estaque s’est intéressé à l’activité portuaire, tandis que des cadres du port sont allés à l’école ou ont fait venir les enfants au port pour montrer et expliquer ce qu’était un port et les emplois que l’on pouvait y trouver. Le prof de maths a aidé les enfants à modéliser sur leurs ordinateurs le fonctionnement du terminal à conteneurs. Prise par la passion des élèves, l’école a acheté une imprimante 3D et les enfants ont fabriqué conteneurs et portiques en modèle réduit. Ils savent que les conteneurs marqués CMA CGM sont ceux de l’entreprise dont on voit la tour tout en courbes et reflets non loin. Pourquoi cela a marché ? Parce qu’il y avait dans l’école des enseignants et au port des cadres qui sont partis au quart de tour. Ils ne se sont pas posé de question sur le temps consacré à leur engagement.

    Comme vous l’avez compris, je suis pour l’école publique, mais…
    En Suède n’importe qui (enfin presque) peut ouvrir une école. Les pédagogies mises en œuvre sont très diverses, les parents choisissent en fonction de leurs convictions. L’Etat impose seulement que toutes ces écoles conduisent les enfants à un certain niveau, sinon l’école est fermée. Alors l’école de Jules Ferry ou un certain pluralisme ?
    Dans ce pluralisme se place parfois une plus grande attention apportée à l’enfant (Freinet, Montessori, mais il y en a d’autres). Beaucoup d’expériences nouvelles sont menées en France, bizarrement, on en parle peu.

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    • Trésorier Trésorier

      JL 41, comme toujours, une intervention longue mais intéressante.

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