À l’Estaque, le Razzle attend encore à quai avant de faire danser

Actualité
le 3 Oct 2017
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Nouveau de lieu de nuit atypique, l'ancien bateau-phare devait ouvrir ses portes le 30 juin. Depuis lors, l'équipe en charge de ce projet court derrière les autorisations administratives. La commission départementale de sécurité vient de rendre un nouvel avis défavorable. Pour l'heure, les premiers concerts se font hors les murs.

Le Razzle en travaux le long de la digue du large.

Le Razzle en travaux le long de la digue du large.

Ils devaient faire danser tout l’été mais leur phare est resté éteint. Souvenez-vous, le Razzle est cet ancien bateau-phare ou bateau-feu que le quai Mistral à l’Estaque devait accueillir comme lieu de nuit inédit à Marseille. La tentative d’abordage avait tourné court et l’équipe du Razzle a dû se replier quelques centaines de mètres plus au nord, sur le quai de la Lave, un terrain portuaire a priori plus accueillant que son équivalent municipal.

Le 30 juin, l’équipe du Razzle n’attendait plus que les autorisations officielles pour commencer à recevoir dîneurs et noctambules sur ses ponts et dans sa cale, respectivement transformés en restaurant et salle de concert et de danse nocturne. Sauf que le lancement estival n’a pas eu lieu. Sur les réseaux sociaux où l’équipe du Razzle communique régulièrement, dès le 28 juin, un premier coup de corne de brume annonce une avarie administrative :

Depuis, rien ne bouge ou presque. Le recrutement de personnel est gelé. Le tic-tac insolent de l’horloge poursuit sa route et le Razzle patiente à quai en postant des images du rafiot rouge et blanc remis neuf et vide.

« La commission de sécurité nous a demandé des éléments complémentaires. Il a été compliqué de les réunir au cours de l’été, le mois d’août n’étant pas propice. Mais c’est chose désormais faite », expliquait Rihab Hdidou, responsable de la communication du lieu il y a quelques jours en réponse à nos demandes.

Nouvel avis défavorable

Or la commission départementale de sécurité s’est réunie ce vendredi et son avis est toujours défavorable. C’est ce que nous a confirmé le directeur de cabinet du préfet qui préside cette commission départementale de sécurité et d’accessibilité, compétente pour donner un avis sur l’ouverture de lieux destinés à accueillir le public. « Nous connaissons particulièrement bien ce dossier car c’est la troisième fois que nous avons à l’examiner, explique Jean Rampon. Nous avons de nouveau donné un avis défavorable à leur demande d’autorisation de travaux. » Le président de commission reconnaît le caractère « atypique » du Razzle qui n’est « plus un bateau, ni un phare » mais, insiste-t-il, « cela reste un établissement flottant qui doit recevoir du public et il existe une réglementation sur ce type de lieu à laquelle ils doivent se conformer ».

Or, pour les membres de la commission, le compte n’y est pas. « Nous n’avons pas obtenu un certain nombre de réponses que nous attendions notamment sur la flottabilité, la structure du bateau, sa résistance à la houle même à quai, le nombre de personnes maximal qui peuvent être accueillies dans la cale et la façon dont elles seront évacuées en cas d’incendie, détaille Jean Rampon. Il ne s’agit pas d’un bâtiment comme un autre. On ne peut pas ouvrir une issue de secours vers la mer ». Le directeur de cabinet reproche surtout à l’entreprise de n’avoir pas fourni toutes les pièces demandées lors de la précédente commission fin juin. En particulier, une étude d’un cabinet mandaté pour certifier ce lieu flottant atypique.

Programmation hors les murs

Du côté du Razzle, on confirme l’avis défavorable reçu mais sans commenter plus avant. « La préfecture nous en a informés par téléphone, explique Rihab Hdidou. Nous ne communiquerons pas sans avoir eu le procès-verbal de cette réunion. » Elle reconnaît par ailleurs que c’est bien la troisième fois que leur demande est examinée en préfecture. « Mais il n’y avait pas à Marseille de procédure définie pour ce type d’établissement flottant, reprend la jeune femme. Il a fallu du temps pour trouver quels étaient les bons interlocuteurs. Nous ferons en sorte de présenter un dossier complet lors de la prochaine réunion de la commission. » Celle-ci aura lieu dans une quinzaine de jour.

L’équipe du Razzle ne désarme pas. En cas d’avis favorable, l’odyssée administrative ne sera pas tout à fait terminée avant l’ouverture proprement dite. En attendant, les seules dates annoncées sont celles d’évènements « hors les murs » les 21 et 24 octobre prochains dans des lieux maintenus secrets mais « pas à l’Estaque » et surtout pas sur le bateau rénové à grand frais.

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Commentaires

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  1. LorenG LorenG

    Putain mais on mettra tous des gilets de sauvetage à bord mais ouvrez-le bon dieu !

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  2. neomars neomars

    J’imagine que les cales d’un tel bateau ça dégage mal les fumées, ça coule assez vite, c’est pas facile d’en évacuer 200 personnes vite même en se jetant à l’eau … surtout à 1h du matin avec des gens un peu fatigués ;o)
    On a pas la version du Razzle, mais il semble que des éléments ont été demandés dès la 1er examen, et qu’au 3ème ils manquent toujours…

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