À la Belle de Mai, un changement à la tête du centre d’animation qui ne passe pas

Actualité
Lisa Castelly
9 Jan 2018 7

L'annonce de la mutation de la responsable du centre d'animation et de loisirs de la Busserade, dans le 3e arrondissement, dont le travail est salué par des usagers, a donné lieu à une pétition ainsi qu'à une première manifestation. La maire de secteur assure qu'il s'agit d'une simple mutation "pour des besoins de service".

Le centre d'animation et de loisirs de la Busserade. (Capture Google street view)

"Je suis choquée de l'ampleur que prend cette décision du directeur de l'animation, c'est un simple changement de poste ...". Pour la rentrée, Lisette Narducci, maire des 2e et 3e arrondissement a fait face à une mobilisation à laquelle elle ne s'attendait pas. À 8 heures ce lundi, une quinzaine de mères de famille ont décidé de bloquer l'entrée du centre d'animation et de loisirs (CAL) de la Busserade, situé dans le quartier de la Belle-de-Mai. Leur revendication : obtenir des explications sur la mutation jugée soudaine de l'actuelle responsable de la structure.Selon l'une des manifestantes, Hinda Bennour, une usagère du lieu et responsable associative, celle-ci aurait appris son changement de poste quelques jours auparavant. "Mercredi, on lui a annoncé qu'elle devait partir prendre un poste dans un autre centre, pour la semaine suivante, explique Hinda Bennour. On ne comprend pas l'urgence. Ici, c'est un CAL qui tourne bien, les enfants ont fondu en larmes en l'apprenant, c'est le seul lieu d'accueil de tout le quartier, et elle, elle a su se mettre au service des personnes. C'est un retrait brutal, sans raison légitime".[caption id="attachment_186185" align="aligncenter" width="555"] Une quinzaine d'usagères ont manifesté devant le centre. Crédit : DR.[/caption]

"La brutalité de la décision" dénoncée

Le CAL de la Busserade est un lieu géré par la mairie de secteur, avec des équipements sportifs récents, avec une dizaine d'associations conventionnées pour leur utilisation. S'y déroulent aussi des activités pour les familles - aide au devoir, permanence d'écrivains publics, etc. Rachida H., agent et animatrice de métier y occupait depuis près de quatre ans le poste de responsable de la structure. "La responsable n'est pas cadre, détaille Lisette Narducci, un appel à candidature a été publié il y a presque six mois. Elle savait bien qu'à un moment, il y aurait un cadre pour la remplacer. Les animateurs tournent sur les structures, ce n'est pas nouveau."Chez les familles d'usagers, un sentiment d'accumulation de couacs dans les échanges avec la mairie est pourtant présent, notamment après d'autres changements dans l'équipe survenus récemment. "On déshabille Pierre pour habiller Paul, peste Hinda BennourNous ne sommes pas des irréductibles, on sait bien que les agents doivent bouger, mais c'est la brutalité de la décision qui est incohérente. On a le sentiment qu'ils veulent déloger les familles de ce lieu qu'on s'est approprié avec le temps." Les manifestants demandent à être reçus en mairie. Une pétition en ligne recueillait lundi soir 349 signatures. "Rachida a su créer la cohésion chez les usagers impliqués et investis", peut-on notamment y lire.

"Les familles ne devraient même pas s'en rendre compte"

"Je veux rassurer tout le monde, tempère Lisette Narducci. Il n'a jamais été question de revoir les activités ou le fonctionnement de la structure, dans l'absolu, les familles ne devraient même pas s'en rendre compte". Quant à la suite du parcours de l'agent, celui-ci semble avoir pris un tour nouveau dans le courant de la journée de lundi.Alors que, lundi matin, ses soutiens évoquaient la prise d'un poste de responsable de centre identique au sien dans un autre CAL, en fin de journée, ils annonçaient que c'est finalement un poste de bureau au sein des services de l'animation en mairie de secteur qui l'attend. Information confirmée par Lisette Narducci. "Elle n'est pas sanctionnée, elle va sur un poste pour des besoins de service", explique la maire, ajoutant que cette dernière "n'a jamais fait l'objet d'aucun rappel". "C'est un placard", une représailles à la contestation, se désespère Hinda Bennour. Les familles comptent sur une intensification de la mobilisation, en manifestant ce mardi soir devant la mairie des 2e et 3e arrondissements.

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