À Gemalto, les négociations du plan social vont débuter dans un climat tendu

Actualité
Violette Artaud
12 Jan 2018 1

Après les montagnes russes de la course au rachat avec Atos puis finalement Thales, les salariés de Gemalto doivent négocier un plan social. Les premières discussions portant sur la méthode, et notamment sur le calendrier, n'ont pas abouti.

Gemalto

"Nous n'avons pas signé d'accord de méthode", a annoncé à Marsactu le secrétaire du comité d'entreprise de Gemalto et délégué syndical CFE-CGC à Gémenos Anthony Vella, à l'issue de l'assemblée générale qui s'est tenue ce jeudi sur le site. Autrement dit, les représentants du personnel et la direction ne se sont pas mis d'accord sur les modalités des négociations en vue du plan social, annoncé début décembre. Facultatif, cet accord aurait du comporter un calendrier et préciser la nature des informations échangées entre les parties.Après les montagnes russes émotionnelles de la course au rachat avec Atos puis finalement Thales, les salariés de Gemalto vont donc suivre ces négociations dans une ambiance peu encline au dialogue. Ce plan concerne 300 emplois dont 77 sur le site de Gémenos et 130 sur celui de la Ciotat où La Marseillaise rapporte le même son de cloche."Arrêter le processus, on n'y est pas, s'est exprimé dans les colonnes du quotidien Brice Barrier, délégué syndical de l’UNSA. Nous avons refusé de signer l’accord de méthode car pour s’engager dans une méthode, un processus, il faut avoir confiance et ne pas douter de la bonne foi de l’autre partie." Les syndicats estiment en effet que l'argument de la mauvaise situation économique de Gemalto pour justifier ce plan n'est pas suffisant, d'autant plus que la société se prépare à être rachetée par Thales pour former un groupe qui doit atteindre 18 milliards de chiffres d'affaires.

"Comme si le rapprochement avec Thales n'était pas fait"

De son côté, la direction de l'entreprise confirme via son agence de communication qu'"après trois séances de discussions et de négociations, les deux parties ne sont pas parvenues à un accord", rajoutant que malgré "ces difficultés initiales, la direction reste favorable à la conclusion d’un accord mais souhaite consacrer la prochaine réunion à aborder le sujet du plan de sauvegarde de l’emploi lui-même". "La direction a refusé de poser des jalons pour réexaminer la situation économique de l'entreprise après l'OPA en avril [67 % des parts seront alors rachetées] et après le rachat réel au troisième trimestre [100 % des parts] par Thales, détaille Anthony Vella de la CFE-CGC. Ils ont également refusé de nous transmettre les termes des accords signés avec Thalès." Le syndicaliste estime ainsi que la direction de Gemalto compte appliquer le plan social "comme si le rapprochement avec Thales n'était pas encore fait alors que le périmètre du groupe va changer".La chargée de communication de Gemalto ne répond pas par un autre argument que celui invoqué début décembre en même temps que le plan social : "La situation des marchés des télécoms et de la carte bancaire ne va pas évoluer d'ici à l'OPA", répond-t-elle avant de préciser par mail que "le rapprochement entre Thales et Gemalto n’est pas réalisé et n’est pas garanti. Les deux entreprises restent deux entités différentes et indépendantes ce qui implique que la situation économique n’a pas évolué et qu’une réévaluation de cette situation économique n’a pas lieu d’être."La direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi doit se saisir du dossier. Les syndicalistes, eux, comptent entamer un recours en référé. Quant à la première réunion des négociations, elle se tiendra le 22 janvier.

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