Marseille : Vassal balayée, et maintenant, reconstruire le centre

Billet de blog
le 23 Mar 2026
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Marseille : Vassal balayée, et maintenant, reconstruire le centre
Marseille : Vassal balayée, et maintenant, reconstruire le centre

Marseille : Vassal balayée, et maintenant, reconstruire le centre

Il y a des défaites. Et il y a des humiliations.

Ce que subit aujourd’hui Martine Vassal à Marseille appartient clairement à la seconde catégorie. La possibilité d’un score inférieur à 5 % n’est pas un simple revers : c’est une disparition politique. Une sortie de scène brutale, presque irréelle au regard des positions de pouvoir qu’elle occupait encore hier.

Mais cette chute n’a rien d’un accident.

Une erreur politique majeure

Il faut avoir le courage de le dire : le choix de soutenir Martine Vassal était une erreur stratégique profonde.

Une erreur que certains ont vue venir.

Très tôt, j’ai exprimé mon désaccord avec cette ligne. Non par posture, mais par lucidité politique. Parce que tout indiquait que cette candidature était déconnectée des attentes réelles des Marseillais, incapable d’incarner un renouveau, enfermée dans des logiques d’appareil dépassées.

Ce désaccord m’a valu une exclusion de Renaissance.

Mais il y a plus.

Une alerte ignorée

Lors de mon audition par la commission nationale de Renaissance, j’avais formulé une demande claire : la mise sous tutelle de la fédération des Bouches-du-Rhône.

Pourquoi ? Parce que les dysfonctionnements étaient déjà visibles. Parce que les choix politiques étaient incohérents. Parce que l’organisation locale s’éloignait dangereusement du terrain.

Cette alerte n’a pas été entendue.

Aujourd’hui, à la lumière du résultat, elle apparaît non seulement justifiée, mais évidente.

Plus que jamais, cette mise sous tutelle est d’actualité.

Le réel finit toujours par s’imposer

Le résultat de Martine Vassal valide ce que beaucoup refusaient d’entendre : on ne gagne pas Marseille contre Marseille.

On ne gagne pas une ville en s’appuyant uniquement sur des structures, des alliances mécaniques, ou des réflexes d’un autre temps.

On la gagne avec une vision. Une incarnation. Une compréhension fine du terrain.

Tout ce qui a manqué ici.

Payan, habile mais dépendant

Dans ce paysage,  Benoît Payan tire son épingle du jeu. Il a su tenir sa majorité, éviter les fractures visibles, apparaître comme le point de stabilité.

Mais il serait naïf de ne pas voir l’autre réalité : cette victoire doit beaucoup au désistement de Sébastien Delogu.

Sans ce retrait, l’équilibre électoral aurait été profondément différent. Ce succès repose donc aussi sur une configuration favorable, presque circonstancielle.

Autrement dit : une victoire, oui. Mais une victoire sous condition.

Renaissance face à ses responsabilités

Pour Renaissance, l’heure n’est plus à l’évitement.

Quand une ligne politique conduit à un tel effondrement, quand ceux qui alertent sont exclus plutôt qu’écoutés, alors il ne s’agit plus d’une simple erreur : il s’agit d’une faute politique.

Je le dis clairement : j’avais alerté. J’avais proposé. J’avais anticipé.

Aujourd’hui, les faits me donnent raison.

Et oui, des excuses seraient légitimes — non pour des raisons personnelles, mais parce que la crédibilité politique suppose de savoir reconnaître ses erreurs.

Le centre : un espace à rebâtir

Car au fond, le véritable enjeu est là.

Le centre à Marseille est aujourd’hui en ruines.

Or, cette ville a besoin d’un centre fort. D’un espace politique capable de rassembler au-delà des blocs, de parler à tous les Marseillais, de porter un projet équilibré entre exigence sociale, ambition économique et autorité républicaine.

Ce centre ne renaîtra pas des compromis d’hier.

Il devra être reconstruit. Profondément. Sincèrement. Durable­ment.

Une responsabilité historique

L’humiliation de Martine Vassal n’est pas seulement la fin d’un cycle.

C’est un avertissement.

Un avertissement pour tous ceux qui pensent encore que Marseille peut se piloter à distance, sans ancrage, sans renouvellement, sans exigence.

Le temps de la reconstruction est venu.

Et cette fois, il ne s’agit plus seulement de gagner une élection.

Il s’agit de reconstruire une offre politique crédible.

Jean-Philippe Vigneron

En tant que fondateur du Club Marseille Vision, je m’engage à promouvoir la transparence, l’équité et le progrès dans notre ville. Je suis passionné par l’avenir de notre ville. Engagé dans la politique locale, notre Club Marseille Vision vise à stimuler des discussions constructives pour façonner un Marseille dynamique et inclusif. N’hésitez pas à partager et commenter, votre participation enrichit cette conversation vers un avenir politique positif que nous construisons ensemble.

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Commentaires

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  1. ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

    Vous êtes quand même d’une mauvaise foi confondante.
    Vous savez compter, donc vous savez voir les chiffres, le nombre de voix. La liste PM a engrangé 61 000 voix de plus au 2e tour, et ce ne sont surement pas les 33800 électeurs de la liste LFI du 1er tour qui se sont reportés unanimement en entrainant leurs voisins abstentionnistes.
    Autrement dit LFI se serait maintenu, la liste en tête aurait été tout de même le PM. Certes avec moins de voix, donc moins de sièges, mais tout de meme majoritaires.
    Quant au mauvais choix Vassal, on le sait depuis 2020. Que les appareils nationaux ne l’aient jamais débranché plus tôt est stupéfiant. Car le souci avec Vassal n’est pas qu’elle est de droite, elle a bien le droit de l’être. Mais qu’elle est profondément stupide, donc incapable de la moindre stratégie.

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  2. Massilia fai avans Massilia fai avans

    Votre publi communiqué pour vous même ne tient pas 2 secondes à l’analyse des résultats. Il y a désormais à Marseille une droite qui est absorbé par le RN, et une gauche représentée par le Printemps Marseillais. Dire qu’au vu des résultats Marseille a besoin d’un centre fort capable de rassembler au delà des clivages est trop 2017 pour être crédible, c’est justement ce que les électeurs ne veulent plus.

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  3. Patafanari Patafanari

    Quel est le comble pour l’extrème-centre? Être cornérisé.

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