DE QUOI 2026 SERA-T-ELLE FAITE À MARSEILLE (2) ?
Nous poursuivons aujourd’hui le tour d’horizon entrepris la semaine dernière sur les grandes lignes de l’année politique qui s’annonce à Marseille. En réalité, ces trois articles de ma chronique de Marsactu consistent à se demander ce que devraient être les choix de la gauche en 2026
La politique municipale de l’éducation
N’oublions tout de même pas que les municipalités ont un rôle important à jouer dans le domaine de la politique de l’éducation. Dans ce domaine, par conséquent, les projets de la gauche pour les élections municipales devraient, me semble-t-il, être triples. D’abord, il devient important que la gauche poursuive la politique d’égalité dans le domaine des écoles qu’elle a entrepris de mettre en œuvre. L’égalité consiste à la fois dans l’égalité entre les quartiers dans l’implantation et l’entretien des écoles, dans l’égalité entre les écoles dans l’entretien des immeubles et dans la rénovation des écoles trop anciennes, et dans l’égalité entre les quartiers dans le domaine des activités péri-scolaires proposées par la municipalité pour compléter les activités de formation élaborées et mises en œuvre par les enseignants. Ensuite, la politique municipale de l’éducation devrait accentuer l’ouverture des écoles aux activités et aux projets culturels. Un effort important devrait être entrepris pour que les écoles exercent l’autre rôle qui est le leur : celui des « passeurs de culture » entre les professionnels de la culture et les activités reconnues comme telles et les publics qui ne savent plus ce qu’est une politique culturelle et à qui les écoles devraient le rappeler afin de mieux faire tomber les barrières qui, encore trop souvent, séparent la culture des habitantes et des habitants – en particulier dans certains quartiers de la ville. Enfin, la politique municipale de l’éducation devrait être plus soucieuse du patrimoine architectural des écoles. Cela consiste, d’abord, à ne pas laisser se dégrader les constructions scolaires, mais cela consiste aussi à faire des écoles nouvellement construites et aménagées des sortes d’espace de renouvellement de l’architecture scolaire : les écoles pourraient être des lieux où s’imaginent de nouvelles conceptions et de nouvelles approches du lien entre pédagogie et architecture. La ville a un rôle essentiel à jouer dans ce domaine.
Au-delà des élections et des débats : une véritable politique de l’environnement
La question de l’environnement, l’élaboration d’une véritable politique écologique, ont du mal à trouver leur place dans le débat politique marseillais. C’est une vieille histoire, car les partis marseillais n’ont jamais vraiment donné de place à l’écologie politique et à l’environnement urbain de véritable place dans leurs discours et dans leurs projets. En un mandat, la municipalité de B. Payan ne pouvait pas rattraper ces années d’ignorance ou de déni. À présent, le temps est venu d’élaborer une véritable politique de l’environnement et d’aménagement de l’espace urbain. Il s’agit, d’abord, de mener une politique plus exigeante à l’égard des entreprises et des acteurs économiques qui sont, le plus souvent, à l’origine des activités générant de la pollution. Il s’agit à la fois d’élaborer une réglementation et de de donner les moyens de s’assurer de sa mise en œuvre. Il s’agit, ensuite, de l’aménagement des espaces publics, dont les choix devraient laisser de place à des orientations plus écologiques, mais aussi il importe d’imaginer de nouvelles exigences esthétiques de l’aménagement de l’espace urbain. Une ville n’est pas seulement un espace prévu pour être habité et utilisé pour le travail et la circulation : il doit être aussi un espace que l’on regarde, dans lequel on peut se promener, un espace sur lequel notre regard doit pouvoir se porter avec plaisir. Le plaisir devrait devenir une des composantes essentielles de l’aménagement de l’espace dans une ville comme Marseille.
Les transports et la circulation
Les transports et la circulation sont des composantes majeures de l’aménagement de l’espace urbain. Malheureusement, cela fait partie des domaines dans lesquels les logiques politiques séparent les pouvoirs de la municipalité et ceux de la métropole, ce qui empêche une véritable politique de se mener. On comprend mieux, aujourd’hui, la résistance que la ville opposa longtemps à l’institution de la métropole. Malgré les divergences de conception de la politique des transports et des déplacements urbains, il devient urgent que la ville et la métropole en finissent avec leurs petits jeux minables de conflits de pouvoirs et acceptent d’être l’une pour l’autre ce qu’elles pourraient être : des contre-pouvoirs. On peut imaginer trois domaines que pourrait penser une véritable politique urbaine et métropolitaine des transports. Le premier est la limitation de l’usage de la voiture particulière : sur ce plan, il faut poursuivre et intensifier le début de politique mis en œuvre. C’est l’ensemble du centre qui devrait être libéré de la contrainte et de la pollution générée par l’usage des voitures, afin que les constructions et les aménagements du centre redeviennent les paysages qu’ils ont été. Le second domaine de conception d’une nouvelle politique des transports et des déplacements est l’amélioration des transports en commun : repenser le réseau, qui présente certaines aberrations comme des doubles emplois dans certains lieux, sensibiliser davantage les habitantes et les habitants à l’usage des transports en commun, en finir avec la valorisation de la voiture particulière, avec l’idée qu’elle est plus distinguée que les transports en commun. De véritables formes de hiérarchisations sociales viennent polluer le débat sur les transports. Enfin, les habitantes et les habitants de la ville devraient comprendre qu’utiliser les transports en communiait partie de la mise en œuvre d’une réelle existence sociale : c’est par les transports en commun que l’on continue à habiter la ville en se déplaçant, alors que circuler en voiture particulière est une manière de ne pas sortir de chez soi.
Une politique de la santé pour la ville
L’urgence est là : les élections municipales devraient être l’occasion d’imaginer, enfin, une véritable politique municipale et métropolitaine de la santé en prolongeant et en renforçant ce qui a déjà été entrepris par la municipalité de B. Payan et M. Rubirola. Une telle politique devrait consister, selon moi, en quatre éléments majeurs. Le premier est l’institution de véritables établissements de santé équitablement répartis dans la ville, trop dégradée par les inégalités dans ce domaine. De tels établissements, fondés sur une politique de l’information sur la médecine et sur une véritable égalité dans l’accès des habitantes et des habitants à des consultations et à des opérations leur permettant de faire face aux aléas du corps. Le second est un lien entre les pouvoirs municipaux et les autorités de santé publique, qui permettrait l’élaboration d’une politique municipale et métropolitaine de santé publique fondée sur des savoirs et des informations mis à jour et sur le recrutement de médecins décidés à jouer un rôle que l’on pourrait qualifier de militant dans l’élaboration de cette égalité. Par ailleurs, l’accueil des patients dans de tels établissements devrait être ouvert, sans discriminations, mais, au contraire, donnant à la santé le rôle de constituer des espaces dans lesquels la santé et la médecine pourraient corriger les inégalités sociales dont certains sont victimes dans notre ville. Enfin, la politique de santé devrait être l’occasion d’une véritable articulation entre les politiques médicales et les autres aspects de la politique de santé : l’environnement, l’éducation et la formation, l’urbanisme et l’aménagement. N’oublions pas qu’une politique urbaine et métropolitaine de santé ne se limite pas aux hôpitaux et aux médecins, mais s’exprime dans tous les domaines de la vie sociale de la ville.
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