La combine de la métropole pour ralentir la construction de logements sociaux

Enquête
le 21 Mar 2022
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L'aide à la pierre est un financement indispensable pour la construction de logements sociaux. Délivrée par la métropole, elle peut aussi se transformer en redoutable outil politique pour les maires réfractaires au logement social.

Un chantier à Marseille en 2019. (Photo : Emilio Guzman)
Un chantier à Marseille en 2019. (Photo : Emilio Guzman)

Un chantier à Marseille en 2019. (Photo : Emilio Guzman)

Il y a ces histoires innombrables de familles qui se retrouvent à la merci de marchands de sommeil parce qu'elles n'arrivent pas a accéder au logement social. Alors qu'elles y ont droit. Il y a les chiffres aussi, qui vont de mal en pis. Sur le territoire métropolitain, seulement une demande de logement social sur 8 est honorée, contre une sur 3,3 en France. Fin février, le préfet des Bouches-du-Rhône alertait sévèrement sur le sujet. "Il y a une nécessité à relancer la construction de logements sociaux, c'est une priorité majeure, je dirais une urgence, prévenait-il lors de la conférence des maires de la métropole. Si nous ne répondons pas collectivement à ce besoin, nous aurons des tensions, des risques d'explosion."

Afin de répondre à ce besoin, l'État a pourtant signé, en 2017, une convention avec la métropole qui court jusqu'en 2022. Cette dernière, à sa propre demande, est depuis chargée de distribuer une aide de 86 millions d'euros aux promoteurs et bailleurs qui souhaitent construire du logement social : l'aide à la pierre. Sur cette manne, seulement 60 ont été dépensés depuis le début de la convention. Si le territoire a connu une chute globale de la construction, celle-ci ne peut justifier à elle seule la crise du logement social, plus grande encore sur la ville de Marseille (voir graphique ci-dessous). La machine est grippée et la métropole, au guichet, a trouvé le moyen de freiner les projets. Transformant une aide d'État en outil plus politique qu'automatique.

Le graal du logement social

L'agrément pour l'aide à la pierre délivré aux promoteurs et/ou bailleurs constitue le graal du logement social. L'obtenir est synonyme de subventions mais aussi des prêts très avantageux. Sans elle, il serait intenable économiquement de construire pour louer ensuite à bas coût. "C'est simple, on ne peut pas faire autrement qu'avec un agrément", pose Robin Hamadi, directeur de l'association régionale HLM PACA-Corse. 

Dans le circuit classique, bailleurs et promoteurs déposent leur dossier auprès de la métropole après avoir obtenu un permis de construire, qui est lui délivré par la mairie, après consultation des mairies . . .

Violette Artaud

Commentaires

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12 commentaires


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  1. MarsKaa

    Merci pour cet article qui explique très clairement les dysfonctionnements.
    Les nuisibles au pouvoir depuis plus de 20 ans, que la population marseillaise a rejeté, continuent de nuire au bien commun.
    Pour leur seul intérêt électoraliste, et parfois financier, (certains élus LR ou proches conseillers étant eux même marchands de sommeil.).
    Ce sont ces irresponsables qui créent les problèmes urbains et sociaux. Pas de véritable politique de logement à l’échelle du territoire métropolitain ! Une honte. (Encore une).

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    • patrick R

      C’est bien de vouloir faire du logement social mais dans certains quartiers de Marseille les différents commerces sont inaccessibles financièrement et ne correspondent pas à la sociologie des habitants

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  2. FM84

    Très bon article qui montre la « frilosité » de certains maires de secteur face à la construction de logements sociaux.

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  3. kukulkan

    comment l’Etat peut il laisser faire cela et ne pas récupérer les aides à la pierre tant que PLH et services ne sont pas bien constitués… ?

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    • Oreo

      Parce que l’État, par opportunisme et démagogie politiques, ne veut plus de fonctionnaires… et n’a donc plus les moyens humains nécessaires pour instruire des dossiers. Ceux-ci étant toujours plus complexes du fait de l’inflation législative. C’est pareil dans tous les ministères et aussi à la Métropole.

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  4. Malleus Maleficarum

    Le gentil et bien intentionné LRP…

    ZAC de Vallon Régny, alors qu’il n’est « que » maire de secteur (et pas encore président de la SOLEAM), LRP a fait des pieds et des mains pour que soient comptés dans la part de logements sociaux de la ZAC les lits du Centre de Gérontologie situé rue Martha Hartmann.

    D’une pierre deux coups, dans la gueule des pauvres et des vieux. Bravo Lionel, t’es mon idole. Du genre de celles qu’on brûle en place publique évidemment.

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    • GlenRunciter

      Logique puisque les résidents de ce Centre de Gérontologie sont d’ores et déjà répertoriés sur le cahier des procurations pour les futures élections !

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  5. Alceste.

    Chère Violette Artaud,merci de cet article.
    Malheureusement, nous ,lecteurs de Marsactu avons l’habitude de ces comptes rendus des agissements de Vassal, Royer Perreaut et de la métropole.Bref !.
    Ce qui est terrible dans cet article c’est le mot de  » Combine » qui est rattaché, lié au mot  » Métropole » dans le titre, et ceci de façon évidente, naturelle comme si cela coulait de source.
    Cela démontre la décrépitude de cette institution.
    Mais ce qui est encore pire,c’est que toutes les autres institutions régionales sans exceptions pourraient aussi bénéficier,si j’ose dire, de cette association de mots .
    Constat édifiant et terrible.

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  6. Richard Mouren

    une preuve de plus, s’il en était encore nécessaire, de l’inutilité des mairies de secteur, voire de leur pouvoir de nuisance. Sans compter le pognon de dingue qu’elles nous coûtent.

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  7. eolienne

    Bravo les élus de la Métropole et du territoire ! « La mixité sociale, d’accord mais pas dans mon quartier, ailleurs ! ». Et si on parlait des chantiers de transports en commun ces prochaines années ? : maintenez bien séparés les quartiers Nord des Sud, ces derniers gagneront toujours plus de valeur contrairement aux premiers qui ne verrons pas le chômage s’atténuer !

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  8. Zumbi

    Royer-Perreaut est un grand inventeur de novlangue de droite dure : « J’ai plutôt plaidé pour une mixité inversée ». En français : « dégagez-moi ces pauvres que j’y mette des gens bien ».

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  9. GlenRunciter

    Les fameuses mairies de secteur ! J’ai pas vérifié mais je suis quasiment sur que la Loi ne leur attribue aucunement ce droit de regard sur cette question.
    Encore une adaptation locale en dehors de tout cadre légal ? Ca semble être corrigé su j’ai bien compris.

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