[Escales à Port-de-Bouc] Le si lourd héritage de Raymond Moralès

Série
le 4 Sep 2021
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Port-de-Bouc est une ville qui se traverse et où on s'arrête plus rarement. Le temps d'une escale de fin d'été, Marsactu y pose ses valises. Pour ce troisième épisode, nous explorons la trace laissée sur la ville par le sculpteur métallo Raymond Moralès.

L'œuvre de l'artiste ferronier de Port-de-Bouc n'a pour le moment pas de lieu d'exposition adapté. (Photo BG)
L'œuvre de l'artiste ferronier de Port-de-Bouc n'a pour le moment pas de lieu d'exposition adapté. (Photo BG)

L'œuvre de l'artiste ferronier de Port-de-Bouc n'a pour le moment pas de lieu d'exposition adapté. (Photo BG)

L'avertissement est rare, à l'entrée d'un restaurant asiatique. Au wok d'Asie, route des Pins à Port-de-Bouc, un oiseau d'acier (ou un poisson) prévient : "Ô toi qui entres ici et qui t'appliquera à comprendre ce que tu verras du commencement à la fin, tu me diras si tant de m...es ont été créées afin de tromper ou bien pour l'amour de l'art." La formule grandiloquente et dérisoire n'est pas signée par le chef cuistot de ce buffet à volonté, mais par l'ancien maître des lieux, Raymond Moralès. Depuis sa disparition, en 2004, l'œuvre du sculpteur métallo continue de vivre en suspension.

Beaucoup d'habitants du département connaissent son nom : il est encore écrit en gros sur les murs de cette villa bordée par la route nationale qui va de Martigues à Arles. À l'arrière des voitures arrêtées au feu, combien d'enfants ont ouvert de grands yeux devant ces formes rouillées, ces bras, ces jambes, ces seins difformes qui entouraient une villa à l'allure quelconque ? Aujourd'hui, il ne reste qu'une paire de mains ouvertes et quelques saillies d'acier qui dépassent du mur d'enceinte. Le musée Moralès s'efface peu à peu au profit de la gastronomie asiatique. Pourtant, depuis 20 ans, la municipalité s'attache à faire vivre l’œuvre du sculpteur ouvrier. Une façon de rendre compte de ce travail à mi-chemin de l'art brut, du surréalisme et du primitivisme.

Benoît Gilles
Journaliste

Commentaires

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  1. AlabArque AlabArque

    Un très beau ‘papier’ sur un parcours passionnant, et une oeuvre qui vaudrait la peine d’être valorisée … Pourquoi pas un ‘financement participatif’ ?

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  2. Fp Fp

    Oui c’est vraiment cela : passer, enfant devant son musée et être attirée et un peu effrayée par ces personnages qui semblaient vouloir enjamber les murs. Merci beaucoup pour cet article.

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    • MarsKaa MarsKaa

      Tout pareil… c’était un repère sur la route… que nous regardions avec curiosité depuis l’arrière de la voiture familiale…

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  3. Macamale Macamale

    Et un jour nous nous sommes arrêtés… La visite fut mener par Morales lui même, grognant après les enfants curieux d’entrer dans le ventre des sculptures. Un personnage atypique ayant beaucoup souffert de sa non reconnaissance et un patrimoine d’art brut qu’il faudrait aider Port de Bouc à valoriser

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  4. VALMA VALMA

    Merci pour cet article. Un artiste qui aurait mérité tellement plus de son vivant ! Espérons que vous contribuerez ainsi à la vraie reconnaissance qu’il mérite.

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  5. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Pas de musée César à Marseille, pourtant il était enfant de la Belle de Mai…!

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