Guy Benarroche (EELV) : « Écologistes avant d’être de droite ou de gauche »

Interview
le 9 Déc 2019
23

Conseiller municipal de la majorité divers gauche de La Bouilladisse, le co-secrétaire régional d’Europe-Écologie-Les Verts depuis 2013 décrypte la stratégie de son parti pour les prochaines municipales. Des choix "pragmatiques et radicaux" de cavalier seul, à des alliances que l’on n’attendait pas, Guy Bennaroche assume tout.

Guy Benarroche (EELV) : « Écologistes avant d’être de droite ou de gauche »
Guy Benarroche (EELV) : « Écologistes avant d’être de droite ou de gauche »

Guy Benarroche (EELV) : « Écologistes avant d’être de droite ou de gauche »

L'enjeu

Le parti écologiste compte sur les municipales pour s'imposer comme force politique autonome à l'échelon local.

Le contexte

Dans plusieurs villes du département, EELV a créé la surprise, soit en se lançant sans ses partenaires habituels, comme à Marseille, soit en investissant des candidats extérieurs au parti comme à Aix.

Dans le département la stratégie d’EELV pour les prochaines municipales n’est pas très lisible. Jusqu’alors, le parti privilégiait des alliances traditionnelles avec les partis de gauche qui ont l’air d’avoir vécu…

Cette mutation vient de l’interne du parti lui-même. À la fin de la mandature Hollande, un questionnement est apparu. Fallait-il continuer cette stratégie traditionnelle d’alliance ou bien être dans une affirmation politique qui mette en avant un nouveau modèle de société ? Par le passé nous avons été taxés d’être à la fois sectaires et opportunistes. Bien sûr, on a parfois prêté le flanc aux critiques : je pense à [Jean-Vincent] Placé, mais pas seulement… Cette fois, nous choisissons d’être pragmatiques et radicaux.

Comment ?

Il faut qu’on exerce des fonctions, donc il faut qu’on se fasse élire seuls. Les gens sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales. Il y a 20 ans, on passait pour des rigolos ; aujourd’hui ils vivent les conséquences des problématiques écologiques au quotidien. On doit donc porter clairement le fait qu’on est écologistes avant d’être de droite ou de gauche.

 

D’où votre décision de partir seuls à Marseille, par exemple ?

Oui. D’abord, je tiens à préciser que nos choix sont pris par les adhérents en totale transparence…

 

Des cartes d’adhésion sont tout de même venues opportunément grossir vos rangs quelques mois avant octobre dernier, quand votre assemblée générale a fait ce choix, non ?

(Il s’agace) Une trentaine de nouveaux adhérents, effectivement. Dont une dizaine sont des proches de personnes déjà adhérentes. Mais sur un vote de 73 personnes ça n’a rien d’exceptionnel. Je ne peux pas vous laisser dire qu’il s’agit de votes de complaisance. Le résultat [80% pour la motion de Sébastien Barles, ndlr] ne souffre pas de la contestation . . .

Coralie Bonnefoy

Commentaires

ordre

23 commentaires


Rejoignez-la communauté Marsactu pour, vous aussi, contribuer au débat local. Découvrez nos offres

ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné⋅e.
  1. stephane rio

    Quel entretien affligeant. EELV sombre dans le pire discours politicard… Ce Monsieur parle de « nouvelle politique  » mais il reprend toutes les ficelles dépassées : « langue de bois  » pour tout justifier, aucune réflexion sur le fond mais seulement des considérations stratégiques… Bien triste et honteux !

    Signaler
    • Opiniatre

      Hélas d’accord. De la politique à l’ancienne, le seul intérêt est celui de la « boutique » EELV, avec des votes « démocratiques » (70 votants pour décider de couler le Preintemps marseillais). Coincé sur le second tour (on s’allie avec ce qu’on peut), et aucun projet pour gouverner ce territoire. Quant aux projections électorales, ce n’est plus le melon, c’est la pastèque. Ils seront « punis » par leur maigre score, mais cela sera surtout les marseillais qui s’offriront 6 ans de Vassal avec le bilan écologique qui va avec. Petites personnes.

      Signaler
  2. Lionel Bérenger

    C’est hyper inquiétant. Ils sont en train de foncer dans le mur sans s’en rendre compte et d’offrir la mairie sur un plateau à Vassal. Terrible.

    Signaler
    • Mathieu Trigon

      « Terrible », sauf si c’est le but de la manœuvre…

      Signaler
  3. Electeur du 8e ©

    Si j’en crois le « chapeau » de l’article, ce Monsieur « décrypte la stratégie de son parti ». Le verbe « décrypter » est peut-être employé à mauvais escient ici : après avoir lu l’interview, c’est encore moins clair qu’avant. D’ailleurs, le mot « stratégie » aussi est abusif : nulle stratégie, uniquement de l’opportunisme dissimulé derrière un prétendu « pragmatisme ». C’est d’ailleurs très bien résumé dans cette inoubliable réponse : « Je ne sais pas. »

    Quant à considérer que l’arrivée « d’une trentaine de nouveaux adhérents, dont une dizaine sont des proches de personnes déjà adhérentes, sur un vote de 73 personnes ça n’a rien d’exceptionnel », que dire ? Ca ne fait en effet que 40 % des votants, c’est rien, ça se voit à peine…

    Signaler
  4. Manipulite

    Cet entretien donne une idée du néant dans lequel est tombé EELV.
    Heureusement qu’au dernier congrès national ce ne sont pas seulement les 73 dont 30 nouvellement encartés dans les BdR qui ont voté. L’ancrage à gauche de EELV a été confirmé.
    Que feront la famille Barles et les apparentés et divers alimentaires dans ce contexte ?

    Signaler
  5. Happy

    Si j’essaie de résumer : EELV se croit assez fort pour décider de présenter partout des listes, mais se révèle trop faible pour promouvoir des militants comme têtes de liste. Résultat : ils recyclent des seconds couteaux d’autres partis, sans être trop exigeants sur les convictions écologistes. Pour rester bienveillant avec les militants, on va dire que c’est une étape dans une crise de croissance ?

    Signaler
  6. toine

    La photo de l’article illustre assez bien le malaise. Ils regardent tous dans une direction opposée…
    Il va falloir faire un bloc d’opposition solide si on ne veut pas se retrouver avec Vassal et un 5ème mandat des bébés Gaudin! Et le moins qu’on puisse dire c’est que Vassal a un boulevard devant elle!

    Signaler
    • Laurent Malfettes_

      Un boulevard très embouteillé quand même, avec aucune garantie d’emporter la moitié des secteurs : le 15/16 tenu par Ghali, le 2/3 tenu par Narducci/Guerini, le 4/5 tenu par Gilles, le 13/14 tenu par Ravier et revendiqué par les amis de Guerini qui y annoncent leur candidature, sans compter le 6/8 qu’En Marche pourrait gagner. Non, elle a du souci à se faire et devrait regarder ce qui se trame du côté du Sénat avec les 3G…

      Signaler
  7. Mathieu Trigon

    Quand on s’intéresse un peu à la politique on sait vite que les gens se déclarant ni de droite ni de gauche sont en général … de droite.

    Signaler
  8. Laurent Malfettes_

    « Notre ambition est d’être troisièmes, avec 14 ou 15% ». Tout est dit…

    Signaler
    • Electeur du 8e ©

      Curieusement, dans ces analyses politiques d’une rare profondeur, le regard fixé sur ce qu’a dit le dernier sondage, tout le monde – à droite, à gauche et ailleurs – fait l’impasse sur un petit détail : à Marseille, il y a huit élections municipales distinctes. Dire « notre ambition est d’obtenir 15 % » n’a donc aucun sens.

      Si ce résultat est obtenu, *en moyenne*, grâce à un très bon score dans trois secteurs mais une élimination dans les cinq autres (nombre de voix inférieur à 10 % des suffrages exprimés) par exemple, on peut certainement satisfaire cette ambition sans pouvoir peser sur le « troisième tour », celui qui désigne le maire.

      Signaler
    • julijo

      oui, c’est impressionnant l’ignorance de la loi électorale PLM qui s’applique à Marseille depuis déjà fort longtemps….
      ces gens là prétendent être en capacité de gérer une ville, mais n’arrivent pas à intégrer ce système électoral !!!! ça augure de tristes résultats.
      (et ce ne sont pas les seuls)

      Signaler
  9. ALIBI

    Quand on n’a pas de parties
    on n’a pas d’idées non plus
    ni de gauche, ni de droite
    affligeant est un mot qui définit bien
    cet entretien
    être élu pour seul objectif

    Signaler
  10. ALIBI

    les deux mains posées sur les épaules de deux femmes
    beurk, ça sent le vieux papa-ternaliste
    3 femmes pour 12 hommes sur la photo
    va falloir vous mettre à la parité avant de vous intéresser à l’écologie

    Signaler
  11. ALIBI

    11 pardon
    3/11 : peut mieux faire

    Signaler
  12. vékiya

    Il y a 20 ans, on passait pour des rigolos…

    mais maintenant aussi.

    Signaler
    • leravidemilo

      « Il y a 20 ans, on nous prenez pour des petits rigolos; Aujourd’hui, on veut être reconnus comme des des grands comiques. Et j’ m’y emploi, par la présente. »

      Signaler
  13. vékiya

    eelv et bien d’autres comiques du ps ont coulé les espoirs d’une liste d’union, ils seront laminés et c’est tant mieux.

    Signaler
  14. ALAIN B

    Ce n’est pas parce qu’ils se désignent comme écolo qu’ils le sont, le mot écolo n’est autre que du marketing
    Ils comptent sur les médias

    Signaler
  15. Fellow

    J’aime bien le titre qui résume quand même le fond politique à intégrer : « Écologistes avant d’être de droite ou de gauche »

    Signaler
    • chouze

      Exactement ca. Donc ils sont capables ,de fusionner leurs listes au plus offrant , en places supposées éligibles. Quand aux nouveaux adhérents ,comme d hab ,ce ne sont pas des adhérents de complaisance , bien sur.

      Signaler
  16. soleil marseillais

    « Je ne sais pas » … si ! c’est affligeant de « bêtise politicarde » méprisant pour la démocratie citoyenne dont on se prétend être le porteur … désespérant de voir tous ceux qui en ce moment historique pour Marseille offre de fait un marche pied à M Vassal !!

    Signaler