L’État remet à plus tard le sauvetage de l’étang de Berre au bord de l’asphyxie
Vendredi dernier, des experts de l'État publiaient un rapport qui repousse le projet de réouverture du canal du Rove vers l'étang de Berre. Si de nombreuses pistes sont étudiées, aucune solution permettant de sauver l'étang ne s'impose.
"Faut-il réhabiliter l'étang de Berre ?". Alors que l'état alarmant du site ne fait plus de doute (lire notre article), l'État vient de remettre la question sur la table. Le 12 juillet dernier, le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), instance au service du ministère de la transition écologique et solidaire, publiait un rapport titré sur le mode interrogatif. Pour y répondre, pas moins de 88 pages, dans lesquelles sont décrites de nombreuses pistes "d'améliorations" pour les étangs de Berre et de Bolmon. La conclusion tranche des années de débat : elle préconise l'abandon pur et simple du projet de réouverture du tunnel du Rove, seule solution d'envergure jusque là envisageable. La dérivation des eaux de la Durance, principal apport d'eau douce et facteur décisif de l'état de l'étang, n'est même plus envisagée.
"L’apport d’eau de mer, s’il augmente légèrement la salinité de l’étang de Berre, ne
modifie pas la stratification, et n’aura donc pas d’effet sur l’anoxie [absence d'oxygène dans un milieu aquatique, ndlr]", notent les experts du CGEDD. Un préambule qui permet de justifier la volonté de l'État de ranger dans les cartons le projet plébiscité depuis des années par plusieurs associations locales, scientifiques et élus locaux. "La mission conseille de prendre acte de ces données scientifiques récentes et d’abandonner le projet de création d’un refoulement d’eau de mer traversant l’effondrement du tunnel du Rove", conclut le rapport.
Retournement de situation
Pas question pour autant de nier l'état écologique très dégradé de l'étang. "Plein de facteurs interagissent. Dès que l'on touche à l'un d'entre eux, on génère de l'instabilité ailleurs", insiste Aline Baguet, la co-rédactrice et ingénieure du CGEDD, lors de la présentation du rapport à la presse. Mais le . . .
L’article me semble trop négatif, comme les réactions des élus.
Les situations des étangs de Bolmon et de Berre sont assez différentes, à mon avis.
Le Bolmon dépend essentiellement des apports de la Cadière. Que la cadière soit propre et le Bolmon le deviendra. EDF et l’Etat n’ont pas grand chose à y faire. Et pomper à travers l’éboulement du tunnel du Rove n’y changera rien. mais de toute façon c’est un petit étang qu’il sera difficile de stabiliser.
Pour l’étang de Berre, il s’est amélioré entre 2005 et 2017 au point de n’être pas trop mal. L’année 2018 a été une rechute violente et surprenante pour tout le monde. Du coup tout le monde s’attend à ce qu’il « tourne » encore cette été mais pour l’instant il est plutôt stable. S’il ne tourne pas, c’est qu’on a atteint un mode de gestion (à peu près) correct. S’il tourne encore, c’est qu’il faut encore réduire les rejets EDF… et traiter mieux les rejets des STEP s’écoulant dans la Touloubre et l’Arc… et ceux de la STEP de Martigues, pas au niveau des autres STEP de l’étang…
L’Etat n’a jamais spontanément proposé de réduire les rejets EDF, et en tant qu’actionnaire principal et, vu la situation financière d’EDF et du pays, il ne risque pas + de le faire aujord’jhui qu’hier, mais localement on peut aussi faire mieux !
Mais dans tous les cas cet été 2019, qui a commencé très fort, nous apportera beaucoup d’enseignements
Pascal Bazile, association L’Étang Nouveau (mais pas toujours majoritaire dedans!)
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