Total redémarre La Mède avec un modèle économique encore fumeux
Désormais estampillée “bio” par Total, la raffinerie de la Mède redémarre près de trois ans après l’arrêt de son activité. Mais en plus de se nourrir d’huile de palme, ce que dénoncent les protecteurs de l’environnement, le modèle de la plateforme se centre uniquement sur les carburants. Une ressource qui n’a plus la cote.
Habemus Total. Une fumée s’envole dans le ciel de Châteauneuf-les-Martigues. Elle est noire et fait office d’annonce pour les riverains : la Mède redémarre deux ans et demi après son arrêt. "Les épisodes de torche sont essentiellement composés de produits gazeux excédentaires, à savoir du butane et du propane", nous fait savoir le service communication de Total. "C’est une mesure de sécurité pour éviter qu’un organe monte en pression, détaille Fabien Cros, délégué CGT. Pour améliorer la combustion, il est possible de mettre de la vapeur, cela empêche les fumées noires mais fait beaucoup de bruit. C’est un juste équilibre à trouver pour la direction".
Pour ce qui est de la reprise effective, Patrick Pouyanné, PDG de Total, assurait fin mai lors d’une assemblée générale des actionnaires que ce serait pour mi-juin. Les premiers litres de biocarburants devraient finalement être produits d’ici peu, prévient le service de communication. Fabien Cros se montre plus prudent. "Pour une unité classique, il faut un mois. Ici, elle n’a pas tourné depuis un moment et elle a été transformée pour réaliser une nouvelle activité. Si nous sommes parfaitement opérationnels durant l’été ce sera bien, sinon d’ici fin septembre", explique le syndicaliste.
"Content" que la production reprenne, Fabien Cros garde un peu d’amertume. D’abord parce que le nombre d’emplois passe de 430 salariés en 2015 à 250 personnes. Mais aussi par le choix fait de . . .
L’exemple-type de projet non-durable !
La simple utilisation d’huile de palme importée de l’autre bout du monde, dit tout du projet (comme toujours) hautement philanthropique et écologique de Total…
Le tout avec une huile proprement « greenwashée » avec des labels bidons type RSPO/CSPO (dont on sait bien qu’ils ne garantissent en aucun cas l’arrêt de la déforestation !)
Seul point rassurant : quand l’huile de palme sera enfin taxée, le projet qui est d’ores et déjà condamné, va capoter dans les 5 ans maximum (on parie ?)
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Une raffinerie « bio »… Bientôt, nous allons donc pouvoir respirer (à pleins poumons) des gaz d’échappement et des particules fines « bio ». Nous voilà rassurés.
Et les fumées des navires qui approvisionnent la raffinerie en huile de palme, sont-elles « bio », elles aussi ?
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