Hors d’atteinte, maison d’édition féministe qui accroche ses livres à ses rêves
Créée en 2018 et basée à Marseille, Hors d'Atteinte se revendique maison d'édition féministe. Mais loin de se cantonner à ce vaste combat, les deux fondatrices aspirent à embrasser les luttes en général, celles de ceux qui passent souvent en dehors des radars des maisons d'édition traditionnelles.
Une apostrophe s'élève comme une aile au-dessus d'un H étiré en échelle. HDA Hors d'atteinte, toute jeune maison d'édition marseillaise, dessine clairement une intention, la nécessité d'une voix féministe, de faire entendre des voix singulières, parfois éloignées du champ littéraire.
HDA. Derrière ces trois lettres, deux femmes aux intentions militantes et féministes. Et deux livres déjà nés. Marie Hermann et Ingrid Balazard sont les associées. Rue des pâquerettes de Mehdi Charef et Les premiers jours de l'inhumanité de Jacques Bouveresse inaugurent les deux collections de la nouvelle maison. Pour l'heure, celle-ci n'a pas encore de gîte. Marie Hermann, en charge du projet éditorial et fondatrice, partage un tout petit espace de travail partagé, à côté du temple maçonnique (forcément très masculin) du Grand orient, au cours Julien. L'adresse administrative officielle est située rue du Musée, en plein cœur de Noailles.
La tentation est de faire de tout ceci des symboles parlants : les femmes et leurs combats, les migrations et leurs descendants, la ville et ses transformations... Tout ceci est dans la ligne éditoriale construite par ces deux femmes de 36 ans, avec au centre, le féminisme, lutte qui embrasse toutes les autres.
Le vieillard et la petite-fille
Mais il y a d'abord les livres. Rue des pâquerettes est un petit bijou d'écriture, d'une voix un peu oubliée de la litt . . .
On peut s’étonner de l’arrivée dans cette maison d’édition féministe de plusieurs directeurs de collection (que des hommes) en provenance des éditions Agone. Ils se sont en effet illustrés pendant plusieurs années en couvrant les pratiques autoritaires, le harcèlement moral, les menaces et le sexisme de son directeur éditorial de l’époque y compris en soutenant ce dernier à se séparer à plusieurs reprises de l’ensemble des salarié-e-s qui remettaient en cause ces faits. Quand des mecs du haut de leur carrière universitaire s’en prennent à des salarié-e-s payé-e-s au Smic qui préparent, fabriquent, vendent, etc. leur production intellectuelle « engagée »…
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