Tapie : les enjeux limités d’un procès historique

Décryptage
le 11 Mar 2019
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Le procès de l’affaire Tapie s'ouvre lundi. Six personnalités y seront jugées dont le propriétaire de La Provence. Épilogue d’un feuilleton qui dure depuis 25 ans, il ne permettra sans doute pas de révéler le pacte secret qui liait Nicolas Sarkozy à l'homme d'affaires. Marsactu reprend ici l'un des articles de notre partenaire Mediapart.

Bernard Tapie en novembre 2013, à l'occasion du premier salon de l'auto de La Provence.
Bernard Tapie en novembre 2013, à l'occasion du premier salon de l'auto de La Provence.

Bernard Tapie en novembre 2013, à l'occasion du premier salon de l'auto de La Provence.

Le procès de l’affaire Tapie, qui s'ouvre ce lundi 11 mars et devrait durer jusqu’au 5 avril, devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, sous la présidence de la magistrate Christine Mée, risque tout à la fois d’être historique et décevant.

Historique : il n’est guère besoin de connaître tous les méandres de cette histoire hors norme, qui a commencé sous le second septennat de François Mitterrand et qui va trouver son épilogue judiciaire sous le quinquennat d’Emmanuel Macron, pour le comprendre. Car il s’agit de l’un des scandales les plus importants qui ont ébranlé la Ve République, éclaboussant le pouvoir socialiste tout autant que le pouvoir sarkozyste.

Le procès, qui verra comparaître six personnalités, dont Bernard Tapie lui-même et l’actuel patron d’Orange Stéphane Richard, est aussi hors norme parce que, au-delà des séismes politiques que l’affaire a générés dans les sommets du pouvoir, il constitue aussi l’épilogue d’un scandale judiciaire lui-même sans précédent. Car tout est là : l’affaire Tapie est une affaire gigogne. Et sous le scandale politique s’est lové un scandale judiciaire, sans doute le plus retentissant qui ait ébranlé l’institution dans la période contemporaine.

Une indemnité hors norme

Car c’est d’abord cela que va devoir juger la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris : une formidable instrumentalisation politique de la justice, de sorte que l’ex-ministre Tapie perçoive une immense indemnité pour un préjudice qu’il n’avait en réalité jamais subi.

Que l’on se souvienne de la genèse de l’histoire. Au lendemain de la cession, en février 1993, du groupe de sports Adidas par le Crédit lyonnais pour le compte de son client, Bernard Tapie, ce dernier prétend que la banque publique l’a floué, de deux manières : en lui cachant les modalités précises de la vente effectuée au profit du richissime Robert Louis-Dreyfus (1946-2009), c’est-à-dire par manque de loyauté, et en lui cachant qu’elle se portait contrepartie, c’est-à-dire qu’elle participait au tour de table des acquéreurs, aux côtés de Robert Louis-Dreyfus.

Bernard Tapie engage donc une . . .

Laurent Mauduit (Mediapart)

Commentaires

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5 commentaires


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  1. didier L

    Cette idée d’attribuer 45 millions au titre du préjudice moral à Tapie, l’immoralité même …. la justice est parfois une farce !

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    • petitvelo

      C’est juste un tribunal arbitral, la référence des accord internationaux de libre échange pour défendre les multinationales contre les vilains Etats. Le graal du CETA, du TAFTA, …

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  2. Germanicus33

    Il est quand même curieux qu’un homme qui a donné 100 millions à Le Pen pour qu’il maintienne son candidat à Allauch et qu’il y ait ainsi une élection triangulaire ait pu passé pour quelqu’un d’intègre…
    Ses débuts d’homme d’affaires (louches) remontent à ses reprises d’entreprises en difficulté, payées un € symbolique, recevant des aides pour ensuite licencier les salarié-e-s comme pour les Piles Wonder.
    Puis ce fut Adidas…
    Démasqué par le patron du Crédit Lyonnais, Jean Peyrelevade, il se montra mauvais perdant, insultant les journalistes.
    Furieux d’avoir été pris la main dans le sac, il jeta même à la mer la caméra de l’un d’eux, invité sur son yacht le Phocéa.
    Ses amis bienveillants de l’Elysée devraient être cités devant la même cour que Christine Lagarde.
    Propriétaire du quotidien La Provence, il habite toujours son bel hôtel particulier de la rue des Saints Pères à Paris.
    Tout escroc doit être jugé !

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    • petitvelo

      Si Benalla avait pu continuer un peu, il aurait sans doute pu en arriver là lui aussi 🙂

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  3. pecoraro

    Et en plus un cancer…de l’estomac…!

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