À Marseille, des étrangers obligés d’acheter des rendez-vous pour être reçus en préfecture

Enquête
le 14 Sep 2026
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À la préfecture des Bouches-du-Rhône, les rendez-vous dédiés aux renouvellements des titres de séjour, en plus d'être trop peu nombreux, sont systématiquement aspirés par des robots informatiques. Avant d'être revendus aux usagers désespérés.

Chaque jour, les usagers viennent par dizaines réclamer un rendez-vous à la préfecture. (Photo C.M.B.)
Chaque jour, les usagers viennent par dizaines réclamer un rendez-vous à la préfecture. (Photo C.M.B.)

Chaque jour, les usagers viennent par dizaines réclamer un rendez-vous à la préfecture. (Photo C.M.B.)

C'est un secret de polichinelle. Depuis des années. Si bien que même à nous, journaliste à Marsactu, une seule interaction devant la préfecture des Bouches-du-Rhône aura suffi pour se voir indiquer un supposé lieu de revente de rendez-vous. Cinq minutes plus tard, toujours dans ce même périmètre de la rue Saint-Sébastien (6ᵉ), qui abrite le guichet “Séjour, asile et naturalisation” des services de l'État français, un second 06 nous tombe dans les mains. C'est celui d'une certaine Karine* : "Elle peut obtenir des rendez-vous et débloquer tous les dossiers des étrangers", nous promet-on. Le premier entretien coûte 30 euros, une surfacturation sera demandée selon la démarche à effectuer. Notre intermédiaire conclut sa présentation par cette phrase : "Avant, elle travaillait en préfecture. Maintenant, elle s'est mise à son compte."

Depuis plusieurs mois, Marsactu documente la crise sans précédent qui, à la préfecture des Bouches-du-Rhône, frappe les étrangers en attente d'une carte de séjour. Dossiers bloqués, documents expirés, absence totale d'interlocuteur humain : depuis une dizaine d'années, la dématérialisation des démarches crée des blocages infranchissables. Elle plonge de nombreux usagers dans une détresse psychique aux conséquences bien réelles : rupture de droits, bascule en situation irrégulière, perte de logement, d'aides sociales et d'emploi.

Fatalement, les demandes de rendez-vous en préfecture ont explosé : face à des dizaines de mails restés sans réponse, comment débloquer son dossier sans un agent préfectoral en face de soi ? C'est la racine du trafic mis au jour par Marsactu : faute de créneaux disponibles, des étrangers sont contraints de se tourner vers des marchés parallèles où de simples rendez-vous se revendent à plusieurs dizaines d'euros . . .

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Clara Martot Bacry

Commentaires

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18 commentaires


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  1. Patafanari

    En plus, par des robots venus de l’Etrangé.

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  2. tj13

    Si la prise de rendez vous identifiait la personnes censée se présenter au rendez-vous; ces bots seraient de facto inutiles. Je ne comprends pas que l’administration de réagisse pas ?

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  3. Laurencin

    Il est très difficile de comprendre comment la revente de rendez-vous peut être légale. Comment un accompagnement qui repose sur une revente illégale peut être légal.

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  4. Assedix

    J’ai vécu à travers ma compagne cette galère du renouvellement des papiers… J’ignorais completement cette fraude organisée.

    @tj13: mon hypothèse c’est que vous donnez à ces gens vos identifiants et qu’ils prennent le rdv pour vous.
    D’ailleurs, je pense que ces « bots » ne préemptent que les rdv qu’ils ont déjà revendus car il est extrêmement compliqué mais pas tout à fait impossible d’obtenir un rendez-vous par soi même… Avec ma compagne, en ayant 2 ordinateurs connectés (via la fibre) au moment de l’ouverture nous avons réussi 2 fois à obtenir un rdv (en 6 ou 7 tentatives)
    Bien entendu cela reste hors de portée de la plupart des familles de se retrouver connectés à 2 ordinateurs à une heure donnée le vendredi (pas toujours la même) avec une bonne connexion. Et une tentative ratée signifie une semaine de plus en situation irrégulière et sans aucune certitude de réussir le vendredi suivant…

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  5. kukulkan

    sinon, au dela d’être des étrangers, il s’agit avant tout de personnes…
    Un titre plus humain n’aurait pas été de trop…

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    • Clara Martot Bacry

      Bonjour, Marsactu enquête depuis plusieurs mois sur la crise administrative qui touche, à Marseille, les demandeurs de titre de séjour. Ainsi, notre titre ne vise évidemment pas à diminuer l’humanité des victimes, mais au contraire à pointer que c’est parce qu’elles sont de nationalité étrangère qu’elles sont victimes de ces dysfonctionnements.

      Bien à vous,

      Clara Martot Bacry

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    • Patafanari

      Exact, on ne dit plus, par exemple, handicapé mais personne en état de handicap (ce qui leur fait moins de peine). Ainsi l’on pourrait remplacer « étranger » par personne en état d’étrangeté.

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    • Assedix

      @Patafanari: vous faites une blague un peu cheap mais elle touche beaucoup plus juste que vous ne pensez: les rdv trimestrestriels avec la préfecture, c’est vraiment le moment où le racisme devient autre chose qu’une bande de skinheads tatoués, c’est toute votre vie quotidienne qui se retrouve transposée dans l’univers de Kafka.

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  6. Christian GUILLAUME

    La vraie gestion de l’immigration, ce n’est pas ccela ! Quelle honte pour la France !

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  7. Manipulite

    Puisqu’un juriste est cité, il pourrait saisir la Cour européenne des droits de l’Homme. Cela ne règlera pas les problèmes immédiats de ces malheureux mais va foutre la chouma aux Préfectures

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    • Emile

      C’est pas écarté, mais cela prendrait des années. Il faut que toutes les voies de recours au niveau national aient été épuisées.

      Dans l’immédiat, ces blocages causaient par les préfecture font saturer l’accès aux tribunaux administratifs, et ce pour tout les contentieux.

      En cas de litige contre une administration, saisir une procédure « d’urgence » (voie de référé) mets maintenant plusieurs mois. Alors que cela pouvait être réglé en 2-3 semaines auparavant.

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  8. Tasogare

    C’est incroyable que la préfecture, pourtant au courant de ces abus, n’agisse pas concrètement & n’ait pas tenté d’agir plus tôt et plus rapidement (ça fait plusieurs mois que ça dure). Pire : c’est totalement absurde que l’agence rue Saint-Sébastien redirige directement vers les revendeurs de RDV…

    Avec un soupçon de mauvais esprit (sic), on pourrait penser que l’inaction est intentionnelle.

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  9. Lecteur Electeur

    Les préfets sont responsables de cette situation scandaleuse. Je suggère la mise en place à l’ENA d’un enseignement initial sur la gestion des prise de rendez-vous par les usagers dans les services public, enseignement accessible en formation continue.

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  10. Pythéas

    Pourquoi la Préfecture ne met rôle pas IMMEDIATEMENT fin aux prises de rendez-vous ANONYMES ?
    Quand la responsabilité individuelle des responsable sera-elle engagée, poursuivie et possiblement punie ?

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  11. gabeloupasfou

    Si la revente des créneaux de RDV est illégale, les forces de l’ordre devraient normalement être intéressées par le RIB en possession de Sonia….

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