14000 personnes à la rue à Marseille : « De plus en plus de monsieur et madame tout-le-monde »

Interview
le 29 Mar 2019
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Une étude publiée ce mois-ci présente un comptage précis du nombre de personnes sans-abri à Marseille. Ces premiers résultats basés sur les fichiers des structures d'accueil au cours de l'année 2016. Ils montrent une hausse de 11,2 % du nombre de personnes à la rue en 5 ans.

Maraude nocturne du Secours catholique auprès de sans-abri à Marseille (2017). Image LC
Maraude nocturne du Secours catholique auprès de sans-abri à Marseille (2017). Image LC

Maraude nocturne du Secours catholique auprès de sans-abri à Marseille (2017). Image LC

Être sans-abri, ce n'est pas forcément être visible sur le trottoir aux heures de grand passage. Rendue publique le 20 mars, une étude évalue à 14063 le nombre de personnes ayant été à la rue au moins une fois au cours de l'année 2016, à Marseille. S'il demande un retour en arrière de trois ans, ce chiffrage permet de saisir à la fois l'ampleur du phénomène et l'immense difficulté pour répondre aux situations de détresse recensées. Ces premiers résultats d'un travail sur la durée sont consultables sur le site de la préfecture. La dernière estimation remontait à 2011, et on constate une hausse de 11,2 % du nombre de personnes sans-abri entre-temps. Un prochain dénombrement est prévu au cours de l'année 2019.

Cette étude est menée par deux chercheurs, Alexandre Daguzan, psychosociologue et ingénieur hospitalier à l'AP-HM et Cyril Farnarier, socio-anthropologue au sein du LaSSA (Laboratoire de Sciences Sociales Appliquées) et coordinateur du projet ASSAb, projet d'envergure autour de la situation des personnes sans-abri à Marseille dont fait partie ce recensement, porté notamment par l'Agence régionale de santé, l'État et la Ville de Marseille. Ils expliquent à Marsactu l'intérêt d'une telle démarche, et les questions qu'elle soulève pour les acteurs de terrain et les acteurs publics.

Il y avait 14063 personnes à la rue à Marseille en 2016, qui sont-elles ?

Cyril Farnarier : Il n'y a pas de portrait type. C'est une diversité de parcours, de situations professionnelles, d'origines. Du grand marginal avec 25 ans de rue impossible à réinsérer au jeune étudiant sans logement, au migrant qui n'a pas encore entrepris de démarches administratives, aux femmes seules... Notre étude prend en compte le sexe, et la classe d'âge, au-delà nous sommes dans la . . .

Lisa Castelly
Journaliste

Commentaires

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  1. David David

    Chiffre à mettre en relation avec le nombre ahurissant de logements vacants, vides, neufs ou pas, dans le patrimoine municipal comme dans le privé.. Mais bon, tant que jean-clooooode et ses petits copains arrivent à dormir sereinement, où est le problème ?

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  2. picto13 picto13

    Excellent et éclairant (et effrayant) article, merci Marsactu l’indispensable !

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