À Lançon-Provence, la maire Julie Arias gouverne avec l’extrême droite en toute quiétude

Enquête
le 15 Oct 2026
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Depuis mars 2026, la Ville de Lançon-Provence est gérée par une majorité allant d’Horizons au Rassemblement national. Regardée de loin par les états-majors politiques locaux, l’expérience pourrait préfigurer des rapprochements entre la droite et l’extrême droite lors des prochains scrutins.

Julie Arias, maire de Lançon-Provence, et Wilfried Vervisch, son premier adjoint RN. (Photo : JFP)
Julie Arias, maire de Lançon-Provence, et Wilfried Vervisch, son premier adjoint RN. (Photo : JFP)

Julie Arias, maire de Lançon-Provence, et Wilfried Vervisch, son premier adjoint RN. (Photo : JFP)

"Il ne faut pas faire un raisonnement national sur une situation locale." Au sein de la droite et de l’extrême droite, cette phrase revient systématiquement lorsqu’on aborde le cas de Lançon-Provence, petite ville de 10 000 habitants du pays salonais. Principalement connue pour le péage de l’autoroute A7 qui porte son nom, elle a aussi la particularité d’avoir élu en mars dernier une maire, ancienne Les Républicains (LR), qui se revendique de l’"union des droites", Julie Arias. Officiellement rejeté par le Rassemblement national, qui vise un remplacement de la droite républicaine, le projet est porté par une partie de l’extrême droite française, de Reconquête à l’Union des droites pour la République (UDR) d’Éric Ciotti, et par les milliardaires qui les soutiennent, Vincent Bolloré et Pierre-Edouard Stérin.

Également conseillère départementale et conseillère métropolitaine, la quadragénaire a monté en toute quiétude aux dernières élections municipales une liste sans étiquette allant d’Horizons au Rassemblement national (RN), en passant par Les Républicains et Reconquête. Un cas rare, qui ne s’est retrouvé que dans une poignée de communes au niveau national, où aucune des listes de rassemblement de la droite et de l’extrême droite ne l’a emporté.

Après son élection, l’édile a même donné une prime aux étendards : son premier adjoint est RN, son adjointe à l’éducation Nouvelle Énergie, le micro-parti du maire ex-LR de Cannes David Lisnard, son référent défense Les Républicains, et son délégué aux finances Horizons. Seul le militant Reconquête est simple conseiller municipal. Pas gênée par les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites et racistes de Jordan Bardella, et même en défense du président du Rassemblement national — "Il faut regarder d’où ça vient" —, Julie Arias affirme ne pas s’intéresser aux "origines" des personnes quand elle nous reçoit en compagnie de son adjointe à la communication, le 30 septembre dernier, un peu avant son conseil municipal de rentrée : "Ce qui m’intéresse, ce sont ceux se lèvent . . .

Les coulisses de Marsactu
Cette interview de Clémentine Belle Grenier, docteure en sciences politiques, vacataire à l’Université Paris-Dauphine, a été réalisée le 1ᵉʳ octobre 2026 dans le cadre du projet “On a déjà été essayé” et a été partagée à l’ensemble des médias participants. Elle est l’autrice de la thèse Les “500” signatures : Enquête sur le système de parrainage et les conditions d’accession au premier tour de la compétition présidentielle sous la Vᵉ République" (soutenue en 2023).
Jean-François Poupelin

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