Un collectif d'architectes se fait une place à Belsunce

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Zalera
6 Nov 2014 7

"Mobiliser tout le monde par le « faire »". C'est ce que clament d'une même voix Florent et Marie, tout deux membres des collectifs d'architectes ETC et Bureau de l'envers. Depuis le début de la semaine, ils ont investi la place dite Louise Michel, au croisement des rues des Petites Maries, de la Fare et longue des Capucins, au coeur de Belsunce (1er). Les architectes ont décidé de précéder la Société d'équipement et d'aménagement de l'aire marseillaise (Soleam), qui doit prochainement commencer des travaux sur cette place, et y construire un tout nouveau mobilier urbain. Un projet baptisé Belsunce tropical en hommage aux quelques palmiers en pot de la place. Avec 500 euros de planches et leurs boîtes à outils, les architectes-ouvriers ont déjà bien avancé le chantier qui doit se finir à la fin de la semaine. 

Après trois ans d'itinérance en France, mais aussi en Europe, les fondateurs du collectif ETC ont décidé de poser ses valises à Marseille. Les neuf membres permanents se sont installés ensemble, dans un appartement du centre-ville. "Ce qui nous intéresse, c'est le lien entre les questions d'aménagement et la dynamique sociale autour qui passe par des discussions, des échanges autour de pratiques architecturales, culturelles et sociales".

"Réappropriation des espaces"

Des projets comme celui-ci, ils en ont fait des tas lors de leurs nombreux voyages, à Paris, Monaco, Strasbourg, ou encore en Italie, Espagne ou en Belgique. Certains, déclarés, d'autres non. De temps à autres, la mairie ou d'autres collectivités se sont finalement greffées aux initiatives après en avoir pris connaissance. Ici, ce n'est pas le cas. "On les a prévenus mais nous n'avons eu aucun financement, reprend Florent qui espère seulement que la mairie ne va pas s'interposer. Ne pas mettre d'énergie pour nous aider, d'accord. Mais en mettre pour tout défaire, ça n'a aucun intérêt". 

D'autant que ce projet enthousiasme les habitants et les acteurs du quartiers. Laura Bernardini, animatrice des espaces extérieurs au centre culturel ouvrier Bernard Du Bois (Velten), est présente depuis le premier jour. "Nous sommes très attachés à la réappropriation des espaces. On essaie de rester en contact avec d'autres dynamiques dans le même esprit, de motiver nos usagers et d'appuyer ces dynamiques." Le centre social, très impliqué dans la vie du quartier, "promeut le bricolage, le jardinage, la connaissance de son propre environnement" et se reconnaît dans ce type d'initiatives.

Plusieurs groupes, de femmes ou d'enfants sont d'ailleurs venus depuis lundi participer aux ateliers et mettre la main à la pâte pour aider les architectes. "C'est un moyen de se rencontrer et de montrer qu'on peut s'occuper de cet espace. Ça nous prouve qu'on peut imaginer des choses et ne pas toujours attendre derrière les pouvoirs publics." C'est également de cette manière que le collectif envisage ce projet avec les habitants. Et sa récente installation à proximité facilite ce travail. "On peut assurer l'entretien, le service après vente, poursuit Florent. Mais aussi avancer sur d'autres projets, d'autres problématiques". 

Des lieux de ressource délaissés

Car ils ne comptent pas en rester là. Avec l'aide du Bureau de l'envers, ils cherchent d'autres lieux dans le centre-ville, "délaissés" par les collectivités. Ce dernier avait fait une demande de subvention il y a un an pour réaménager la place. En vain. "On s'intéresse à tous les territoires de l'envers de la ville", explique Marie Lafond, membre du collectif qui regroupe à la fois des architectes, des graphistes, des sociologues ou encore des paysagistes. "A Belsunce, il y a un certain nombre de délaissés qu'on imaginait comme des lieux de ressources pour régénérer la ville".

Laissant ETC à ses scies, perceuses et autres visseuses, le Bureau de l'envers parcourt les rues du quartier à la rencontre des habitants pour "essayer de recueillir des anecdotes et histoires du quartier et proposer des photocollages qui servent d'imaginaire". Ainsi, sur une photo du parking Providence apparaît une petite plage avec quelques transats et parasols. Parfois encore, un immeuble s'ouvre sur la mer, une place voit s'installer un décor de théâtre… "L'idée n'est pas de dire que ça peut être fait mais d'en développer l'aspect onirique, reprend Marie Lafond. La ville nous appartient et on peut en être acteur". 

Le projet se poursuit jusqu'à samedi avec des animations et la possibilité de participer aux travaux. 

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