Tapie va-t-il indemniser les anciens de Paru-Vendu ?

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le 15 Jan 2013
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Depuis mardi, le groupe Hersant médias roule sur l'or. Comme annoncé par voie de communiqué, le tribunal de commerce a validé l'accord de conciliation entre le groupe Hersant, le groupe Bernard Tapie et les 17 banques créancières. Une grande partie de la colossale dette de 215 millions d'euros de GHM a donc été annulée par les banques. Désormais les deux nouveaux partenaires, les héritiers Hersant et Bernard Tapie, doivent investir 51 millions d'euros dans le capital du groupe. 

En décembre, le rachat de l'Union de Reims par le groupe Rossel a apporté aux Hersant les liquidités nécessaires à cette recapitalisation. Or, le groupe Rossel était depuis des mois un des plus ardents candidats à la reprise des titres du pôle sud du Groupe Hersant. Pour quelle raison a-t-il fini par renoncer à déposer une nouvelle offre avant le 9 janvier alors qu'il avait bataillé pendant des mois pour être les premiers sur la ligne d'arrivée ?

Sous le régime du "off", un membre de l'équipe Rossel délivre quelques éléments sur leur sortie du jeu, fin décembre, écartant d'une main ferme l'argument de "l'offre moins disante" vendue par le PDG de GHM Dominique Bernard et l'avocat de Tapie, Maurice Lantourne. "Nous avons fait une dernière offre ferme et définitive avec la caution de la BNP pour un montant de 51 millions. La seule différence et que nous avions ajouté au contrat une clause Comareg"

Un risque à 200 millions d'euros

La Comareg est le nom d'une des sociétés du groupe GHM qui éditait les titres gratuits sous la marque Paru Vendu. Longtemps fleuron et vache à lait du groupe de presse, la Comareg avait fini par perdre beaucoup d'argent dans les années 2000, faute d'un investissement conséquent de la part du groupe Hersant. En 2011, ce long déclin s'était soldé par une liquidation de l'entreprise et le départ au chômage de 1650 employés avec le minimum légal en termes d'indemnités.

C'est cette chausse-trappe que les juristes du groupe Rossel présentaient comme un écueil insurmontable. "Il y avait un risque de co-emploi évalué par nos avocats à 200 millions d'euros". Le co-emploi est une clause juridique qui fait frémir les directeurs de ressources humaines des grands groupes. En cas de liquidation d'une filiale, elle permet aux salariés licenciés de se retourner contre la société mère en qualité de co-employeur à partir du moment où ces derniers arrivent à prouver qu'il y a confusion "d'intérêts, d'activités et de direction" entre la maison mère et ladite filiale. 

Or, pour le groupe Rossel, le risque de " coemploi" était bien réel entre la Comareg et sa société mère GHM. "Je ne sais pas comment les avocats de Tapie ont réussi à écarter ce risque mais nos propres juristes n'ont pas trouvé l'astuce", reprend notre source.

Recours aux prud'hommes

Du côté des anciens salariés de Paru Vendu, l'amertume est forte. Ancien salarié d'Hebdoprint, qui imprimait Paru Vendu, Jean-Paul Fabre fait partie du collectif Paru Chomdu qui réunit les anciens salariés des sociétés qui éditaient Paru Vendu partout en France. "Nous, les anciens d'Hebdoprint, pour parler concret, nous n'avons touché que ce que prévoit le code du travail. Des salariés qui avaient 20 à 25 ans de boîte sont partis avec quatre mois de salaires d'indemnités. C'est-à-dire un mois tous les cinq ans d'ancienneté. Le Plan social de juillet 2011 prévoyait une enveloppe de 6000 euros. Et ceux qui ont été licenciés en novembre 2011 ont touché en tout et pour tout trois mois de salaires". 

Une délégation des anciens salariés a rencontré en novembre un membre de cabinet de la ministre de la culture pour évoquer leur situation et la reprise du groupe Hersant. "Apparemment, ils étaient surtout préoccupés par le maillage de l'ensemble du territoire par la presse quotidienne régionale", regrette l'ancien salarié. Ils ont tout de même sollicité un nouvel avocat "pénaliste" pour étudier toute possibilité de nouveau recours. Selon la lettre A, un des anciens de la Comareg a entamé une procédure auprès des prud'hommes. Une petite porte s'ouvre.

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Commentaires

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  1. Anonyme Anonyme

    une rectification…ce ne sont pas 1650 employés mis dehors mais 3000, avec 4 plans sociaux sur 3 ans.

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  2. Anonyme Anonyme

    Comme d’hab c’est Marsactu qui est le plus proche de la réalité dans ses articles, oui c’est bien 3000 salariés liquidés en 3 ans, alors vite une enquète et qu’Hersant paye pour ss magouilles et pour l’arrosage de son Golf où personne de Comareg n’a jamais mis les pieds en séminaire ou autre !

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  3. une ancienne de paruvendu une ancienne de paruvendu

    pas beaucoup de commentaires et pourtant 3200 personnes virées en trois ans, elles ne sont pas toutes recasées alors difficile de tourner la page quand on s’est fait virer avec le minimum d’indemnités et que surtout, personne ou presque dans les médias n’a parlé de nous. Tout ça parce qu’on était en période électorale et qu’Hersant avait des appuis au gouvernement et que notre sort n’intéressait personne ! Si on arrive à être indemnisés, cela prouverait que les patrons voyous peuvent payer parfois…

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  4. Anonyme Anonyme

    L’histoire PARUVENDU/HERSANT n’est pas terminée, on va en entendre parler ! Tout est scandaleux dans cette histoire et devrait faire du bruit, autant que ce dossier à été étouffé fin 2011 par tous les politiques et les médias.
    Merci Marsactu pour vos articles.

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  5. Prometheus Prometheus

    Comment parler du sort de plusieurs millier de personnes en deux mots : risque Comareg. Déshumanisant quand même le monde des affaires.

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  6. CHOUANS EN AVANT CHOUANS EN AVANT

    Je peux affirmer que les plus léser furent les 1650 derniers licenciés. Car les 2 premiers plans sociaux se sont passés essentiellement sur des départs volontaires avec de grosses indemnités j’ai gardé le détail envoyé par le CE. Notre licenciement en novembre fut terrible mais plus encore l’année précédente avec cette fameuse restructuration bidon, muter des gens à l’autre bout de la France pour les licencier 6 mois après, équipés les commerciaux d’I phone, de pc portable, que de fric dépensé en pure perte. Et la fermeture des halls 6 mois avant la fin n’était-ce pas déjà le signe imminent d’une fermeture à plus grande échelle… Le préjudice moral et financier est incommensurable.

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