Soutien de Martine Vassal, Yves Moraine offre sa contribution en garant de l’héritage Gaudin

Actualité
le 10 Sep 2019
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Longtemps présenté comme le dauphin de Jean-Claude Gaudin, Yves Moraine a fait le choix du soutien à Martine Vassal. Dans une contribution en forme de pré-programme, il se pose en garant de l'héritage Gaudin.

Yves Moraine, président du groupe majoritaire et maire du 6/8, et Laure-Agnès Caradec adjointe à l'urbanisme. Photo Emilio Guzman.

Yves Moraine, président du groupe majoritaire et maire du 6/8, et Laure-Agnès Caradec adjointe à l'urbanisme. Photo Emilio Guzman.

C’est « une vision » qu’Yves Moraine a voulu déposer ce lundi dans l’escarcelle de celle-qui-n’est-pas-candidate, la présidente de la métropole et du département, Martine Vassal (LR). Le cadre est intime mais, avant sa diffusion publique ce mardi, le maire des 6e et 8e arrondissements a pris soin de faire circuler le document siglé de ses initiales. Le symbole n’est pas anodin. Le chef de la majorité municipale avait étrenné ce logo pour la longue campagne des législatives qui avait vu sa défaite au premier tour.

Un revers cinglant qu’il accueillait alors avec philosophie même s’il a mis un terme à ses ambitions de premier dauphin et candidat à la succession de Jean-Claude Gaudin. Il se pose aujourd’hui en bon soldat de la droite locale, prêt à se mettre au service du leader de son camp. En l’occurrence, il n’a pas choisi le sénateur Bruno Gilles, seul candidat déclaré, mais Martine Vassal, même si celle-ci fait toujours semblant de n’être candidate qu’à sa propre succession à la tête de la métropole. Aujourd’hui, elle a pourtant clairement les faveurs du maire sortant et de ses proches.

« Ceci n’est pas un programme »

En gage de ce ralliement, qui suit de quelques jours celui de la députée plus droitière Valérie Boyer, il remet donc à la candidate putative une « vision du territoire métropolitain marseillais à l’horizon 2030 ». « Cette contribution (…) n’est pas un programme, écrit-il en préambule. Elle n’engage personne d’autre que moi. »

« J’ai souvent l’image d’un bretteur, de celui qui a la formule facile, capable de répondre aux polémiques, expliquait-il il y a quelques jours en marge d’une cérémonie dans son secteur. Mais, en fait j’adore réfléchir à l’avenir de ma ville. Prendre des notes, griffonner une idée. Cet été, je me suis dit que j’allais synthétiser tout cela dans une contribution. »

Ce n’est pas un livre, une pensée posée sur le territoire qui hiérarchiserait des priorités ou poserait un regard philosophique sur la ville, son identité, ses failles et ses atouts. Le document, synthétique, liste neuf grands chapitres qui ne s’éloignent guère des cinq verbes d’action déclinés par Martine Vassal lors de son meeting marseillais. On y retrouve notamment les questions de sécurité avec le renforcement de la police municipale, l’environnement et le cadre de vie ou la mobilité. Ces neuf chapitres croisent les compétences municipales et métropolitaines et soulignent le bilan de son mentor dont « la baisse du chômage, l’une des grandes réussites des mandatures de JC Gaudin ».

« Trouver le carburant économique »

En libéral assumé, il met le développement économique en tête de ces priorités. Mais celui-ci est mis au service d’une ville « d’accueil », fidèle à la morale démocrate-chrétienne du maire actuel. « Marseille restera toujours une terre d’accueil et doit donc trouver le carburant économique qui lui permet de faire vivre dignement l’ensemble de sa population », écrit-il encore en préambule.

La doxa gaudinienne apparaît également au chapitre des grands événements, vecteur d’attractivité de la Ville. Il ressort ainsi la martingale des capitales européennes, en proposant de candidater à celle de la jeunesse en 2025 et celle de « capitale verte européenne » en 2026. Plus étonnant, il propose également d’accueillir un match de la NBA, la ligue de basket américain, comme Londres et Paris, en 2020 et 2021.

Si la contribution d’Yves Moraine « n’est pas un programme », elle conserve tout de même l’organisation en courtes notules, façon catalogue, que prend d’ordinaire, ce type de document. Il n’est pas en revanche, l’objet d’une démarche consultative comme celles initiées par Bruno Gilles ou Martine Vassal avec son micro-parti. On retrouve dans cet inventaire des promesses du candidat Gaudin en 2014, voire des projets qui ont fait l’objet de longues et coûteuses études sans déboucher sur une concrétisation comme le téléphérique jusqu’à Notre-Dame de la Garde.

Quelques pierres dans le jardin de Bernasconi

Cette relance d’un projet qui attend toujours le feu vert de Martine Vassal est aussi une pierre lancée dans le jardin de sa collègue maire de secteur, Sabine Bernasconi qui avait clairement exprimé son opposition au projet (lire notre article sur le téléphérique). Même chose pour le prolongement du tramway jusqu’au 4-septembre dont elle jugeait la faisabilité avec scepticisme.

D’autres idées étaient elles défendues par Patrick Mennucci, adversaire du maire en 2014. Yves Moraine veut ainsi des halles alimentaires en centre-ville ou un grand parc en lieu et place de l’hippodrome de Borely, une idée qui a déjà fait l’objet d’une délibération récente du conseil municipal.

L’élu LR n’a rien manqué du succès des idées écologistes lors des dernières européennes. Il y a donc des idées vertes un peu partout dans le programme. Au chapitre mobilités, Yves Moraine veut mettre de l’hydrogène dans les bus et les navettes maritimes et encourager le covoiturage ou le développement des vélos électriques en libre service. Il propose également la création d’une « coopérative de transition écologique », permettant d’offrir un emploi à des citoyens précaires comme l’a initié le vert Damien Carême à Grande-Synthe.  Il veut aussi des plans d’eau dans les parcs, des piscines dans la mer et améliorer l’apprentissage de la natation, sans rien dire du bilan famélique de la majorité en la matière.

Mise en place d’une charte éthique

Toujours dans ce registre de la critique en creux, le chef de la majorité actuelle veut réformer l’administration municipale. C’est clairement le chapitre où il se démarque le plus de la gouvernance de Jean-Claude Gaudin. Instauration d’une « charte de l’élu local » signée par l’ensemble des élus, amendes pour non assiduité ou création d’une commission permanente en lieu et place des quatre commissions actuelles. Cette dernière mesure déjà pratiquée au département comme à la région permettra de décharger les conseils municipaux estime-t-il, dont le nombre sera multiplié par deux et le nombre des rapports examinés limités à 200. Il propose également de créer un poste d’adjoint en charge de l’administration municipale, là où elle est du ressort exclusif du cabinet du maire et du directeur général des services.

Enfin, quelques propositions relèvent des étranges curiosités dans la contribution du maire de secteur. Au détour du chapitre consacré à la sécurité, il redit ainsi son opposition à la légalisation du cannabis, sujet qui n’a rien de municipal, sa volonté de limiter la revente de bombes de peinture pour lutter contre les tags, ou encore installer des radars anti-bruit pour limiter les rodéos. Les limites de l’exercice se font aussi parfois sentir lorsqu’il ne consacre à l’habitat que deux propositions dont la première est de démolir et reconstruire une des cités marseillaises durant les six ans du mandat. Martine Vassal pourra verser la contribution de son premier lieutenant lors de la présentation des conclusions des groupes de travail de son association « Pour une métropole audacieuse », ce jeudi, au Cloître, pôle d’innovation économique et social au cœur des quartiers Nord.

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