Sébastien Guenneau : "Mon créneau c'est la chape d'invisibilité sismique"

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par Mat
le 1 Fév 2013
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La vie d'un chercheur n'est jamais un long fleuve tranquille. Après s'être penché sur la mise au point d'un tapis d'invisibilité qui détourne les ondes lumineuses pour soustraire à notre vue toute sorte d'objets, Sébastien Guenneau, s'est fait récemment dépasser : "Pour la cape d'invisibilité telle qu'on la connaît, celle d'Harry Potter (…), force est de constater que j'ai pris du retard. Les Anglais et les Américains ont déjà réalisé ce type de méta-matériaux [matériau qui n'existe pas à l'état naturel-ndlr]". D'ailleurs, les recherches menées outre-atlantique intéressent fortement les militaires.

Testé par le privé

Echec d'un côté, succès potentiel de l'autre : ses recherches sur la chape d'invisibilité sismique sont en bonne voie depuis que le groupe Ménard, filiale de la multinationale du BTP Vinci, a réalisé pour le compte de l'institut Fresnel, un méta-matériau géant. Cette ceinture antisismique, composée de plots cylindriques, est capable de détourner les ondes sismiques de surface qui sont les plus destructrices. Des tests ont eu lieu en août à Grenoble et en septembre dans la région lyonnaise. L'intérêt direct pour Ménard serait de disposer d'une technologie capable de protéger les bâtiments autour des chantiers qui parfois se fissurent à cause de micro-séïsmes provoqués par le compactage du sol.

Convaincre

Pour l'instant les résultats sont concluants pour des séismes de magnitude 4 sur l'échelle de Richter avec une puissance des ondes réduite de 30 %. "Si on veut intéresser les gens qui font des bâtiments parasismiques il faut aller au moins à des magnitudes de 7 ou 8", concède bastien Guenneau. Il en profite pour interpeller directement Yvon Berland, le président de l'université d'Aix-Marseille sur la nécessité d'un soutien financier pour pouvoir mener des tests de plus grande magnitude. Il cherche aussi  à persuader Stéphane Brûlé, le directeur Rhône-Alpes du groupe Ménard : "mettez les moyens et si ça fonctionne vous aurez le retour sur investissement". L'argument économique est de poids car l'exploitation d'un brevet aurait des retombées économiques évidentes pour l'entreprise privée mais aussi pour les co-financeurs (Université Aix-Marseille, le CNRS et Centrale Marseille).

Il se pourrait même que le résultat des recherches sur la chape d'invisibilité sismique soit publié d'ici quelques semaines dans la célèbre revue Science. Nul doute que si Sébastien Guenneau reçoit la consécration de la communauté internationale cela viendrait appuyer ses demandes. A l'institut Fresnel, Sébastien Guenneau planche sur une autre application : une cape d'invisibilité capable de détourner les tsunamis (littéralement "les vagues de port") avec un système de pieux plantés dans les fonds marins à quelques centaines de mètres des côtes. Une autre expérience… à suivre.

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