Saint-Charles : sur le chemin des paniers paysans en trois arrêts

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le 18 Jan 2012
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Un quartier, trois alternatives. Le « consommer autrement » bat son plein autour de la gare Saint-Charles. Adieu donc grandes surfaces et fruits et légumes acheminés par camions, le dénominateur commun de ces trois initiatives est simple : supprimer les intermédiaires – qui prélèvent parfois des marges très importantes – au bénéfice direct du consommateur et du producteur local.  Chaque formule possède pourtant ses propres caractéristiques. Alors, à vous de choisir !

Au bas des escaliers, le 27e « panier marseillais »

L’itinéraire commence au pied des escaliers de la gare Saint-Charles, au café associatif L’Ecomotive co-fondé par Europe-Ecologie-Les Verts. Lui, c’est le petit nouveau des paniers marseillais, le 27e du nom. Celui qui doit encore s’imposer (il reste d’ailleurs des places, profitez-en !). Depuis la semaine dernière, Marie-Claude, paysanne de son état, comme elle aime à se faire appeler, s’y rend tous les vendredis, et emmène avec elle les paniers « bio » made in Saint-Martin de Crau.

Leur prix ? 14 euros le panier pour 2 personnes, 27 celui pour 4 personnes. Mais pour pouvoir en profiter, il vous faudra vous engager. Le réseau associatif des paniers marseillais est en effet comparable en bien des points aux Amap traditionnelles, avec tout de même quelques spécificités (réseau local, certification « bio » pour l’ensemble des agriculteurs, agriculteur-conseil à l’année, mise en place de partenariats mutualisés).

Un contrat à l’année

Le principe est simple, et commence à être connu : proposer un engagement solidaire entre le producteur et le consommateur afin de soutenir le travail des petits exploitants. Concrètement, l’adhérent contractualise par le biais de l’association avec l’agriculteur, en s’engageant sur une période de 6 ou 12 mois à lui acheter chaque semaine un panier composé des produits de son exploitation. L’avantage pour lui : la garantie de prix justes et transparents (les marges réalisées ne profitent qu’au seul exploitant), et de produits sains, frais et locaux.

Et pour l’agriculteur ? La possibilité de budgétiser sa trésorerie, d’assurer la vente de sa production et d’échapper à la loi de l’offre et de la demande en continu. Mais pas seulement. Car la vente directe permet également de rendre un visage humain à ce qui ne l’est souvent plus : sortir de son exploitation, rencontrer, expliquer, échanger… Ce qui est réciproque pour le consommateur !

Escale au campus Saint-Charles : les paniers de Gaston

La proximité : une idée qui motive également Niklas Hartung, président des paniers de Gaston (comme Berger, la cité universitaire qui accueille sur son perron la distribution, pas Defferre). Pour lui, adhérer à une Amap devrait être plus que simplement récupérer un panier de légumes chaque semaine, et il suffit de faire un tour le mercredi à 19h30 devant la cité U pour s’en rendre compte. Quand la camionnette de Patrick, agriculteur près de Saint-Rémy-de-Provence, fait son apparition, embrassades et rigolades se succèdent.

Ici, tout le monde se connaît, s’aide… Et pas seulement pour décharger les produits du jour. Olivia, la seconde agricultrice partenaire de ce panier, s’est cassé une vertèbre l’année dernière. Impossible pour elle de travailler. Les adhérents se sont mobilisés aux champs pour l’aider.

Impliquer les étudiants

Une solidarité remarquable, mais pas forcément évidente. La majeure partie des participants est en effet ici étudiante. Une population jeune et mobile qu’il est parfois difficile d’impliquer sur du court, mais surtout du long terme. Créée en février 2011, le défi est donc de réussir chaque semestre à pérenniser l’initiative : 80 personnes étaient inscrites en juin dernier, ils n’étaient plus que 25 à la reprise en octobre…

Spécificité des paniers de Gaston, la distribution est en effet interrompue en dehors des cours. S’il est ouvert à tout le monde, le panier a surtout été pensé pour les étudiants : conçu pour une seule personne et proposé au prix de 5 euros, le but est bien de donner la possibilité aux étudiants de manger des produits bio frais (fruits, légumes, mais aussi pain moyennant un supplément) à prix raisonnable…

Gare Saint-Charles, terminus : les paniers fraîcheur

Autre lieu, autre système : les paniers fraîcheurs de la gare Saint-Charles. Tous les mardis et jeudis de 17h à 19h, à la sortie du métro (niveau -1), vous pouvez repartir pour 15 euros avec là encore un panier de fruits et légumes frais d’un producteur de la région. Mais n’arrivez pas trop tard, vous risquez d’être déçus. Il faut croire en effet que la formule est victime de son succès : 18h15, et les 120 paniers se sont déjà écoulés.

Car il ne s’agit pas ici d’une structure de type AMAP mais d’un partenariat entre la SNCF, les conseils général et régional ainsi que la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône. Aucun engagement n’est obligatoire, même si les réservations sont possibles par téléphone. Contrairement aux paniers marseillais, les agriculteurs présents ne sont pas non plus forcément certifiés « bio ». La seule exigence quant aux produits : qu’ils viennent directement d’une exploitation située dans le département.

Faire des gares des lieux de vie

La famille Brieugne, par exemple, installée à Eyguières n’a pas opté pour le bio. Elle a choisi l’agriculture raisonnée (engrais organique autorisé dans une certaine mesure, usage des pesticides limité, etc.). Et surtout, face à la crise, la vente directe. Elle a donc diversifié sa production et père, mère et fils sont désormais présents tous les mardis à la gare Saint-Charles, mais aussi à Rognac les jeudis.

L’initiative ne concerne en effet pas seulement la gare marseillaise, elle touche aujourd’hui une dizaine de gares et gares routières du département. Le but : faire de ces lieux de passage de notre quotidien de véritables lieux de vie, tant pour les usagers que pour les habitants qui peuvent venir s’y approvisionner facilement. Pour donner la possibilité à chacun de consommer, encore une fois, différemment.

Un lien La carte des paniers


Afficher Les paniers paysans à Saint-Charles sur une carte plus grande< /p>

Un lien Pour des paniers il faut d’abord des terres et des agriculteurs… C’est l’idée de la politique en germe à Marseille Provence Métropole, sur Marsactu

Un lien Amap et quartiers populaires : l’exemple stéphanois, sur Bastamag

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Commentaires

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  1. druide67 druide67

    Excellente initiative, on en redemande, enfin une façon de consommer saine, écologique et économique qu’il faut encourager et aider à se développer plus encore.

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  2. Eugénie Eugénie

    Pour information, il y a aussi une Amap à l’Ecomotive dont la distribution a lieu tous les mardis de 18h à 19h.
    Il reste des places, venez vous renseignez !

    Notre agricultrice et nous sommes adhérents d’Alliance Provence : http://allianceprovence.org

    Comme le précise Erika dans l’article :
    “Le réseau associatif des paniers marseillais est en effet comparable en bien des points aux Amap traditionnelles, avec tout de même quelques spécificités (réseau local, certification « bio » pour l’ensemble des agriculteurs, agriculteur-conseil à l’année, mise en place de partenariats mutualisés).”

    Les spécificités du réseau AMAP ont toutefois toute leur importance….

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  3. Nicolas Nicolas

    complément d’info : Le panier de Gaston est bien un panier du réseau des Paniers Marseillais.

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