PS 13 : "On voulait éviter d'avoir à appeler la Cocoe"

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le 19 Mar 2013
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PS 13 : "On voulait éviter d'avoir à appeler la Cocoe"
PS 13 : "On voulait éviter d'avoir à appeler la Cocoe"

PS 13 : "On voulait éviter d'avoir à appeler la Cocoe"

Ce mardi matin encore, la mise sous tutelle de la fédération des Bouches-du-Rhône jusqu'aux prochaines élections municipales de 2014 n'était pas à l'ordre du jour du bureau national du parti socialiste. Ce n'est que dans la journée que Harlem Désir, le premier secrétaire, a choisi d'ajouter cette proposition au programme de la réunion et l'a fait adopter. Dans la présentation qu'il a fait de ce sujet en soirée à Solférino, il a insisté sur l'importance qu'a Marseille dans la bataille des municipales qui s'annonce. "Aujourd'hui, nous y avons toutes les chances de gagner", a-t-il lancé face à la cinquantaine de représentants présents.

La ville incarne un territoire de conquête pour le parti qui sait qu'une victoire dans la cité tenue par Jean-Claude Gaudin pourrait masquer un échec sur le reste du territoire. Alors, aux yeux du patron su PS, "on n'a pas le droit de rater cette occasion". Le texte qu'il a fait adopter insiste sur les devoirs du principal parti de gauche : "Les citoyens comme les militants socialistes des Bouches-du-Rhône attendent une gauche en ordre de marche pour les élections municipales. Ils ont droit à l’organisation de primaires irréprochables, en toute transparence et en toute équité", stipule ainsi le document. Le texte, assez court, ne rentre pas dans le détail  "des divisions et les dysfonctionnements" du PS 13. Tout juste précise-t-il que son patron, Jean-David Ciot, n'a pas appliqué "la totalité du rapport Richard" sans plus de détails.

Les poids lourds du PS en soutien de la mesure

Soutenu au sommet de l'État, le texte a rapidement fait consensus au sein du bureau national. Des poids lourds du PS tel son porte-parole David Assouline ou le numéro 2 fabiusien Guillaume Bachelay se sont tour à tour exprimé en soutien du premier secrétaire. Au final, seule la motion 3 de Marie-Noëlle Lienemann n'a pas pris part à ce vote estimant qu'il aurait fallu, entre autres raisons, entendre le premier fédéral avant de prendre une décision qui, de toutes façons, aurait dû intervenir plus tôt. Mais cette position n'empêche pas le parti d'afficher un vote "unanime". "Sur les primaires, on était tous d'accord, on voulait éviter d'en avoir à appeler à la Cocoe, résume la première fédérale du Var et membre du bureau national, Mirelle Peirano. Si l'élection se passait mal, c'est tout le PS qui en pâtirait".

Le PS 13 est donc désormais sous la tutelle des secrétaires nationaux aux fédérations et à la rénovation, Christophe Borgel et Alain Fontanel. Un symbole fort réclamé depuis des mois par le collectif Renouveau PS 13 comme plus récemment par Nathalie Pigamo et Michel Pezet dont l'appel à une intervention parisienne la semaine dernière a sans doute joué. "Une direction collégiale" vraisemblablement calquée sur le modèle proposé à l'issue du rapport Richard complète le nouveau dispositif.

Programme en partie flou

Le travail de cette tutelle devrait la conduire dès la semaine prochaine à Marseille. Elle aura notamment à charge de rencontrer les différents candidats, déclarés ou à venir, à la candidature socialiste à la mairie de Marseille. Au soir de cette réunion décisive, Samia Ghali, favorable à Jean-David Ciot, comme Patrick Mennucci qui avait soutenu son opposante Nathalie Pigamo ont cru bon de rappeler leur attachement à la primaire. De son côté, Eugène Caselli, autre soutien du premier fédéral, faisait savoir que la décision du BN "ne change[ait] en rien sa détermination". Marie-Arlette Carlotti était la plus réservée se contentant de souligner dans une déclaration à l'AFP "un signe de transparence" et "un service rendu aux militants" sans toutefois s'enthousiasmer pour ce processus de désignation.

Cette procédure mise à part, le programme des duettistes de Solférino reste flou. Les affaires dans lesquelles Sylvie Andrieux, Jean-Noël Guérini ou Jean-David Ciot sont jugés ou mis en examen n'ont pas été abordées à Solférino. Alain Fontanel a ainsi assuré, lui aussi à l'AFP, que cette décision – réservée jusqu'à présent à l'Hérault et au Nord-Pas-de-Calais – n'était pas liée "à la situation de l'un ou l'autre des responsables" locaux. Les deux nouveaux patrons par intérim seront pourtant attendus au tournant sur le sujet.

Le premier instant de vérité arrivera très vite, le 29 mars précisément, avec le vote du budget au conseil général des Bouches-du-Rhône. Jean-Noël Guérini n'y a jusqu'à présent jamais tremblé lors de ces échéances importantes face à la fronde menée par Marie-Arlette Carlotti, Michel Pezet et Janine Écochard. Renouveau PS 13 demande à la tutelle de s'atteler à cette tâche. Le député et maire des 1er et 7e arrondissements de Marseille, Patrick Mennucci est sur la même longueur d'ondes :

Je ne sais pas ce que fera la tutelle mais elle devrait convoquer les conseillers généraux

Difficile de croire que cette mesure choc suffira à elle seule à balayer le patron du département qui garde une forte influence sur les conseillers généraux comme sur les sections socialistes. Même les plus virulents opposants à Jean-Noël Guérini doutent de tout aboutissement rapide. Au dernier congrès fédéral, 70 % des voix s'étaient portées sur la candidature de Ciot, ancien membre du cabinet de Guérini, au poste de premier secrétaire fédéral. Aujourd'hui mis – du moins en partie – sur la touche, celui-ci prévient : "Il peut y avoir un réflexe Paris nous en veut et on va se défendre."

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Commentaires

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  1. APG APG

    l’objectif principal est l’organisation de primaire irréprochable ??? Est ce que l’on doit comprendre que pour celle de la présidentielle, il y aurait eu des problèmes, des fraudes ?

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  2. mars mars

    Enfin après des années et des années d’aveuglement, la Direction du PS semble vouloir prendre les choses en main. J’espère qu’il n’est pas trop tard pour les prochaines municipales, mais le laisser faire de Paris durant toute ces années, à permis d’ancrer profondément des pratiques qu’il va être très difficile de changer en quelques mois. Ces pratiques sont portées par des hommes et des femmes dont il va bien falloir dénoncer les agissement connus de tous. Mais le PS local est tellement gangrené en profondeur que le ménage va être difficile à faire. On est pas sortis de l’auberge Marseillaise.

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  3. Anonyme Anonyme

    Il serait très grand temps de laisser la porte grande ouverte pour de nouveaux jeunes arrivants politiques…des jeunes gens “propres” aux idées nouvelles, tournés vers le bien de tous et non plus des magouilleurs,détourneurs de fonds, etc

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  4. Anonyme Anonyme

    Viré pour 20 000 Euros, et mis en examen.
    Chômeur à 40 000 Euros.
    Député socialiste.
    Aprés on vient vous dire que plus rien n’est possible dans ce pays.

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  5. Marius Marius

    Pourtant ils sont sympas avec la gauche à la COCOE ils ont désigné Copé

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  6. ALAIN PERSIA ALAIN PERSIA

    Je prends le pari que cette mise sous tutelle a été décidée dans le but de convaincre peu à peu les divers candidats à l’investiture comme tête de liste en 2014 à la Mairie de Marseille de renoncer et de se rassembler derrière celle que F.HOLLANDE a déjà choisi pour affronter GAUDIN à savoir MA.CARLOTTI.
    Car si les primaires avaient lieu la majorité des militants socialistes voteraient aujourd’hui pour le candidat qui aurait les faveurs de JN.GUERINI.
    L’immense majorité des militants du PS marseillais restent farouchement fidèles à JN.GUERINI , les observateurs de la vie politique ont pu le voir lors du dernier vote .
    C’est être impartial que de faire ce constat.

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  7. Ricou 24. Ricou 24.

    La vraie cause de cette mise sous tutelle par Paris c’est que Pigamo et Mennucci mais aussi Pezet et Carlotti non pas de réseaux et de soutien avec la base.
    Ils n’ont pas les encartés avec eux.
    Ils ont passé leur temps soit à Paris pour l’un et dans les réunions bien pensantes pour les trois autres.La base il ne les aime pas, le stade, le bistro, les écoles, l ouvriers, le chef d’entreprise ça les fait chier.
    Alors il faut des primaires et une tutelle pour se retrouver entre eux et écarter les plus vindicatifs.
    Un chef çà ne sort pas d’une primaire, la primaire pour moi c est un aveu de faiblesse.
    Un chef c’est le résultat d’un parcours, d une vie, d une vision, d un charisme, un chef c’est naturel.

    Et puis un candidat qui sort vainqueur d une primaire est un candidat qui sort souvent d’un charnier, il traîne avec lui les stigmate de ce combat de plus.
    Personne ne fera l’effort pour son vainqueur pendant la campagne pour pouvoir démontrer qu’ il n’était pas le meilleur,que le choix est un choix issu d’alliances entre courants.
    La primaire c’est la fausse bonne idée au nom de plus de démocratie.Pour moi c’est une faiblesse politicienne que la démocratie va traîner, même et surtout, pendant la mandature en cas de victoire.

    La mise sous tutelle est l’acte un des primaires, sous le couvert des prises de positions contre la Métropole et son ministre qui gênent à Paris.

    Trouvez vous un chef, un vrai.

    Ricou 24.

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  8. savon de Marseille savon de Marseille

    Des primaires ouvertes à Marseille ????
    On va assister à des scènes très cocasses, voire surréalistes.
    Il faut faire un film , çà va valoir le coup !
    Avec en final M.A CARLOTTI qui se fait un torticoli de la langue pour appeler le PS à voter GAUDIN au second tour.

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  9. stoplanguedebois stoplanguedebois

    il serait quand même normal que tous ces mis en examens, qui ont aussi de grandes chances d’être condamnés cessent de donner des leçons de morale publique; c’est une honte! On ne devrait plus les entendre. le PS a vraiment bien fait d’agir ainsi. il y en a marre de prendre les gens pour des cons.

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