Procès du drame de la rue d’Aubagne : “Notre mère, c’est la seule richesse qu’on avait »

Actualité
le 20 Nov 2024
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Les enfants d'Ouloume Saïd-Hassani, dont El-Amine qui avait huit ans au moment de la catastrophe, sont venus éclairer le parcours de cette mère de famille. Ils ont raconté une vie précaire, dans un logement dégradé, mais une cellule familiale heureuse. Désormais anéantie.

Le fils d'Ouloume Saïd-Hassani. (Illustration : Ben 8)
Le fils d'Ouloume Saïd-Hassani. (Illustration : Ben 8)

Le fils d'Ouloume Saïd-Hassani. (Illustration : Ben 8)

Un silence de cathédrale et, face au tribunal, un ado en baskets, sweat kaki et doudoune noire à capuche. Il s’appelle El-Amine, et ce mardi 19 novembre 2024, il fête ses quinze ans. Le 5 novembre 2018, sa maman Ouloume Saïd-Hassani est morte dans l’effondrement du 65 de la rue d’Aubagne. Au moment de la catastrophe, il est âgé de huit ans. Sa mère l’a déposé à l’école à 8 h 30 puis est retournée chez elle. À 9 h 07, l’immeuble s’écroule, tuant huit de ses occupants.

En ce huitième jour d’audience, devant la sixième chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Marseille, le procès du drame de la rue d’Aubagne continue à évoquer les parcours de vie des victimes, et notamment celui de cette mère d’origine comorienne âgée de 54 ans. Sa mort laisse, outre El-Amine, son dernier fils, quatre enfants désormais orphelins. Et une famille brisée.

Je voulais dire que ma mère, elle me manque. Ça fait bizarre de vivre sans elle

El-Amine, fils d'Ouloume

Chez les trois frères et une sœur présents à l’audience, la parole n’est pas facile. Mais là, soudain, face au président Pascal Gand, elle se libère. El-Amine, qui ne voulait pas s’exprimer, a décidé de s’approcher de la barre. "Moi, je voulais dire que ma mère, elle me manque. Ça fait bizarre de vivre sans elle", dit sobrement le jeune garçon. Il pleure silencieusement et son grand frère Abdou Ali lui essuie doucement le visage avec un mouchoir blanc roulé en boule. Dans le silence épais de la vaste salle d’audience, la douleur de cet enfant occupe soudain toute la place. "C’est normal de pleurer. Tu sais, depuis vendredi, beaucoup de gens pleurent ici", tente de consoler le président Pascal Gand. 

Émotions enfouies

Très pudiques et très dignes, ses aînés dont les mots sont choisis ont ouvert la voie au témoignage d'El-Amine. Peu a peu, ils laissent parler leurs sentiments. Imane d’abord, qui finit par ouvrir les vannes d’une émotion longtemps enfouie : "Ce n'est pas une épreuve facile. C’est la première fois que je rentre dans un tribunal, c’est la première fois que je prends la parole. On essaye de se serrer les coudes et de retenir nos émotions. Depuis six ans, on . . .

Coralie Bonnefoy

Commentaires

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4 commentaires


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  1. Pussaloreille

    Honte à ces exploiteurs. Que la Justice se montre implacable.

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  2. Electeur du 8e ©

    Je lis avec émotion les articles qui rendent compte de ce procès, et j’en remercie Marsactu.

    J’ai une pensée particulière pour El Amine, dont l’enfance, l’adolescence et peut-être l’avenir professionnel ont été volés par des propriétaires sans scrupule, qui pensent que les parties communes d’un immeuble n’ont pas besoin d’entretien, voire de travaux, ne paient pas leurs charges, ne participent pas aux assemblées générales et n’existent que pour encaisser des loyers.

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    • julijo

      toutes ces vies brisées par des propriétaires escrocs, et des institutions qui détournent les yeux, inhumains.
      c’est insupportable.
      on partage évidemment avec empathie toute cette émotion…mais ce qu’on a envie de partager par dessus tout, c’est une justice « juste » qui doit faire son travail, et une détermination sans faille pour que cela ne se reproduise pas !
      et ça, c’est pas gagné.

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  3. AB

    Un sincère immense merci à toute la rédaction pour ce travail depuis toujours sur l’habitat insalubre à Marseille. Rendre dignité à ces familles aux destins brisés par des privilégiés proprio ou élu sans foi ni loi. Ces récits sont tout simplement insupportables.

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