Procès des travailleurs détachés : « il n’y a aucune victoire, c’est une humiliation ! »
La déception des cinq travailleurs détachés agricoles était palpable suite à la décision rendue par les prud'hommes dans leur procès contre Laboral Terra et douze entreprises agricoles françaises. Ils dénoncent des indemnités au rabais et auraient souhaité que soit reconnue l’illégalité de leur détachement. Certaines vont faire appel.
"C’est lamentable. C’est une honte que la justice française n’ait pas pris position sur le détachement." Yasmine Tellal, une des plaignantes, ne cache pas sa colère. 15 jours après, l’annonce du jugement garde toujours un goût amer pour les plaignants et leurs avocats. Le 22 septembre dernier, le conseil des prud'hommes d'Arles a rendu sa décision dans cette affaire opposant des travailleurs détachés à des exploitants agricoles français ainsi qu'à l'entreprise espagnole qui les employaient, Laboral Terra (voir encadré plus bas).
Mais là où les premiers espéraient une décision à forte portée symbolique, les juges n'ont pas reconnu le recours abusif au travail détaché parmi les griefs contre les employeurs. C’était pourtant une des principales accusations formulées dans ce procès, avec celles de prêt de main-d'œuvre illicite et de marchandage, qui en découlaient.
À l’annonce du jugement, la collègue de Yasmine Tellal est restée abasourdie. "Trois ans de combat pour ça ? Ok, on va nous verser les salaires qu’on n'avait pas touchés mais elle est où la souffrance dans ces indemnités ?", lance-t-elle, après trop d’années de traumatismes et de peur. "Nous ce qui nous importait, c’est de faire savoir que tout ce système de détachement est pourri", appuie-t-elle encore . . .
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