Nicolas Sarkozy tente de ranimer la flamme à l'école des pompiers d'Aix-en-Provence

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le 17 Mar 2011
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Nicolas Sarkozy tente de ranimer la flamme à l'école des pompiers d'Aix-en-Provence
Nicolas Sarkozy tente de ranimer la flamme à l'école des pompiers d'Aix-en-Provence

Nicolas Sarkozy tente de ranimer la flamme à l'école des pompiers d'Aix-en-Provence

Les mauvaises langues auraient pu y voir un de ces déplacements opportunistes pour donner un coup de pouce à quelques jours des élections cantonales, comme il l’avait fait lors des régionales 2010 en venant sur le site d’Eurocopter. Surtout que l’Ecole nationale supérieure des officiers sapeurs pompiers (ENSOSP) d’Aix-en-Provence, que Nicolas Sarkozy venait inaugurer ce jeudi, est ouverte depuis février 2010. Sans compter le « plateau technique » de Vitrolles sorte de terrain d’entraînement grandeur nature avec maisons en flammes, accidents de la route etc. – qui est opérationnel depuis 2008.

Surtout, des cantonales il n’a pas été question, le choix de l’ENSOSP semblant plutôt motivé par la possibilité de ranimer la flamme, alors que les derniers sondages donnent le président sortant sorti dès le premier tour en 2012 et que les sympathisants de droite préféreraient même une candidature Fillon : pour ça, et quand on est un ancien ministre de l’Intérieur, rien de mieux qu’un tour chez les disciplinés soldats du feu avec tambour et Marseillaise, à qui on peut sans rougir déclarer qu’ils sont « ce qu’il y a de meilleur dans notre pays » et « les héritiers d’une tradition nationale de dévouement, d’engagement en faveur du bien commun et de l’intérêt collectif ».

Maintien de la subvention de l’Etat

Un bel hommage en tout cas pour les centaines de pompiers présents même si le chef de l’Etat s’est montré ouvertement barbé par les explications des responsables de l’ENSOSP et des formateurs, regardant ailleurs ou jouant avec ses doigts. La vingtaine de journalistes descendue de Paris à l’aéroport de Marignane, pas non plus passionnés par le camions rouges, commençant eux à se demander si le déplacement valait le coup, n’ayant pas pu saisir grand chose d’autre de ses maigres commentaires murmurés qu’« impressionnant », trois fois.

Un Nicolas Sarkozy pas flamboyant donc, mais qui a fait le job en lâchant quelques annonces pour les pompiers, comme la nomination en tant que préfet d’un officier, « une décision sans précédent », le soutien à une proposition de loi visant à « donner un cadre juridique au volontariat » et à « faciliter l’accès des sapeur-pompiers volontaires aux concours de la fonction publique », l’installation à l’ENSOSP d’un « centre civilo-militaire de formation et d’entraînement au risque nucléaire, radioactif, bactériologique, chimique » ou encore le maintien des subventions à l’ENSOSP, l’Etat devant à la base laisser progressivement le conseil général des Bouches-du-Rhône assumer seul les 3,3 millions de frais de fonctionnement du site. C’est toujours ça de pris, même si sur ce dernier point le président du CG13 Jean-Noël Guérini s’est empressé de préciser qu’il « attend[ait] de voir si les engagements d’aujourd’hui seront ceux de demain » et qu’il ne savait pas sur quel montant il pouvait compter.

La bouée de secours japonaise

Mais au final, face à un parterre de parlementaires UMP et aux côtés de son fidèle Claude Guéant et de l’ex-préfet de Région Michel Sappin, on était loin de l’ambiance de la visite aux marins pêcheurs du Guilvinec. Et finalement, les télés et radios nationales ont même eu droit après le discours à un long et imprévu – à en juger par la réaction de la garde rapprochée du président – face à face sur le Japon. De quoi donner une belle dépêche AFP titrée « Sarkozy prêt à se rendre au Japon pour manifester la solidarité des G8/G20″.

Bref, après la présidence de l’Europe et la crise financière, la bonne vieille recette de l’international quand tout va mal à la maison. Et en bonus la France peut dans ce cas-ci aider et non « prendre acte » à reculons comme pour les révolutions tunisienne et egyptienne. Sauf que si personne n’a de compte secret au Japon, du moins dans le gouvernement, la portée symbolique du combustible made in France en train de perdre les pédales à Fukushima et les missions de VRP de Nicolas Sarkozy pour fourguer des centrales à l’Inde, la Chine, au Maroc, en Algérie, et même en Lybie, ne sont pas à son avantage…

Un lien Le site de l’ENSOSP


1070 Rue du Lieutenant Parayre, 13290 Aix-en-Provence, France

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Commentaires

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  1. eho eho

    une centaine de pompier… Vous y étiez ??
    Je n’ai pas personnellement participer à cette cérémonie,
    mais j’y étais.

    il faut plutôt tabler sur 500 + les élus

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  2. mortimer17 mortimer17

    Et oui ” eho ” faut bien lire avant de venir critiquer !!

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  3. Saint Juste Saint Juste

    La France est en train de gaspiller joyeusement la double occasion qui se présente à elle, avec la campagne présidentielle et la pire crise économique depuis un demi-siècle, pour engager un débat sérieux sur la réforme de son modèle économique. Un peu plus d’un mois avant le vote, les deux principaux candidats semblent engagés dans une course au populisme le plus abject possible. La mauvaise surprise pour celui qui sera élu président, c’est qu’il sera confronté à une forte attente des électeurs bercés par ses promesses. Notre pays a longtemps joui de la même cote de crédit que l’Allemagne, même si ses finances sont dans la même catégorie que celle du Portugal. Il reste peu de temps aux deux candidats pour refroidir leur populisme et exposer sérieusement comment ils vont adopter des politiques visant à rétablir la compétitivité de l’économie française tout en gardant la porte ouverte sur le monde.

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