Michel Péraldi : "Le clientélisme n'est pas une MST propre à Marseille"

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le 10 Sep 2014
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Il y a près de dix ans, le journaliste Michel Samson et l'anthropologue Michel Péraldi faisait paraître "Gouverner Marseille", une enquête sur les mondes politiques locaux. Depuis, le livre est devenu un mode d'emploi recommandé pour mieux comprendre la ville. Alors qu'il s'apprête à faire paraître une Sociologie de Marseille, le chercheur revient sur la manière dont Marseille a évolué dans l'intervalle.

Michel Péraldi : "Le clientélisme n'est pas une MST propre à Marseille"
Michel Péraldi : "Le clientélisme n'est pas une MST propre à Marseille"

© BG

Ce sont des retrouvailles au coeur d’un lieu qui, il y a dix ans à peine, n’avait pas plus d’existence qu’un croquis d’architecte. Vendredi, le Mucem reçoit l’anthropologue Michel Péraldi et le journaliste Michel Samson. Il y a dix ans justement, les deux compères signaient Gouverner Marseille (éditions La Découverte). Sous-titré “Enquête sur les mondes politiques marseillais”, cet […]
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Commentaires

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  1. Delair Delair

    Analyse très intéressante notamment pour expliquer la difficulté de faire évoluer le centre ville.

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  2. piqueboufigue piqueboufigue

    soyons simple,pas besoin de grand discours,le seul exemple,LA CANEBIERE,qui voulez vous qui habite cette merveilleuse artere,meme les chaussures ANDRE ont fermée,rue de rome meme avant travaux du tram c était le souk,saint fé,un bordel ambulant,paradis sauve un peu pas trop,meme l emblematique AIR FRANCE est parti,alors le centre ville meurt et est mort.

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  3. Gaudin préfère le curé à l’instit’ Gaudin préfère le curé à l’instit’

    Affligeant : Gaudin a été élu par 13% des Marseillais.

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  4. Anonyme Anonyme

    La poperisation a tuer le centre ville de Marseille . Seul la destruction de ses anciens bâtiments permet un renouveau dans ce secteur .

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  5. Anonyme Anonyme

    Ce n’est peut-être pas une MST, sauf que c’est une MHC,”maladie hautement contagieuse”.
    Car le schéma décrit pour Marseille s’est étendu à toutes les communes du département,et même à toute la France. Ce qui a pour effet de penser que le système s’est ralenti sur Marseille.

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  6. Anonyme Anonyme

    Malgré tout ces clichés le centre ville reste très agréable à habiter, tout à pied sans être esclave de la voiture. Les immeubles anciens sont très bien conçus et offre une qualité de vie incomparable. C’est vrai que comparer les cages à lapins construites en périphérie et les immeubles hausmaniens en pierre de taille et haut plafond n’est pas raisonnable. Je trouve qu’avant les architectes prenaient en compte la qualité de vie pour construire. Certes les quartiers du centre ville sont salent mais pas plus qu’ailleurs on peut regretter le manque d’espace vert et de pistes cyclables. Mais les municipalités y viendront obligé par la pollution et le manque de place pour stationner.

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  7. Vieux-Port Vieux-Port

    Dire que les classes moyennes supérieures ne reviennent pas dans le centre-ville parce qu’il y a Aix, Le Lubéron et la mer autour de Marseille, c’est quand même très léger. Toutes les villes situées en bord de mer aurait le même problème et je ne pense pas que coit le cas à Montpellier ou Nice.

    Ces CSP+ ne reviennent pas parce que le centre-ville est un repoussoir. Il est encore plus sale que le reste. Cette saleté permanente est entretenue par la mairie et MPM, à cause la cogestion avec FO. La voirie est dans un état lamentable, là encore, la cogestion et la gabégie inhérente y est pour beaucoup. L’offre commerciale n’est pas à la hauteur et la stratégie des gros centres commerciaux en périphérie ne va pas améliorer les choses. Que sont devenues la Canebière et la rue de Rome. Ne parlont pas de Belsunce. Que va devenir la rue Paradis ?

    L’urgence c’est de piétionniser et d’apaiser (espaces verts) en masse, avec des aménagemenets attrayants qui donnent envie de venir s’y balader, puis peut-être d’y habiter. J’y ai habité pendant deux ans. Le plus gros point positif c’est de pouvoir se passer de voitures, mais le bordel incessant (saleté, bruits, incivisme, pas d’espaces verts, pas d’ombre sur le Vieux-Port, pas de WC publics : les gens chient dans la rue, allez place Victor-Gélu pour voir), etc.)

    L’urgence c’est de mettre un terme à la cogestion, ce clientélisme institutionnalisé depuis beaucoup trop longtemps. Tant qu’un membre d’honneur de Fo siègera à la mairie, je ne me fais pas bcp d’illusions…

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  8. Delair Delair

    Le centre ville n’est pas à proprement parler “agréable” à habiter, il est assez sale et laissse une impressions d’anarchie, d’incivilité et d’agressivité parfois, le mobilier urbain est très dégradé ou inexistant, la voirie souvent en piteux état. Cependant je préfère largement cela aux résidences en périphérie perdues au milieu d’îlots décrépis et qui nécessitent de prendre la voiture en permanence.

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  9. piqueboufigue piqueboufigue

    heureusement que notre senateur maire a été réelu ,c est le meilleur ,les marseillais ont su chasser les imposteurs et gagner Marseille 7/8 secteurs.Bravo monsieur le maire.

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  10. piqueboufigue piqueboufigue

    heureusement que notre senateur maire a été réelu ,c est le meilleur ,les marseillais ont su chasser les imposteurs et gagner Marseille 7/8 secteurs.Bravo monsieur le maire.

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  11. JL41 JL41

    Péraldi m’était connu depuis son travail sur l’économie parallèle de Marseille, dont un pan entier a disparu, celui de la voiture d’occasion à destination du Maghreb, après qu’on ait institué un visa pour les Algériens. Mais le gouvernement algérien a également mis des restrictions à ces importations. Toujours est-il que le port de Marseille et une certaine économie informelle, ont perdu dans la diminution de ce courant d’échanges. C’est le port d’Anvers qui serait maintenant branché sur ce gisement devenu énorme, avec Cotonou en réception des véhicules d’occasion depuis l’Europe. Le commerce de la drogue aurait pris le relais à Marseille, mais avec un trafic nourri seulement par la demande locale.
    Cette économie informelle, d’une certaine importance à Marseille, est en général ignorée des analyses économiques.
    D’emblée, Péraldi a mis à mal quelques lieux communs fréquents dans nos discours, d’autant que les journalistes, et à l’amont un certain nombre de chercheurs et d’universitaires, les répètent eux-mêmes (les compilateurs qui se contentent de partir du travail des autres).
    La Canebière n’est pas un axe autour duquel s’articuleraient deux territoires différents. Les ilots de richesse et de pauvreté se mêlent un peu partout. Marseille est une ville de petits propriétaires (plus de 40%), sur une base d’habitat individuel urbain, une originalité de Marseille, en même temps que certains quartiers sont parmi les plus pauvres d’Europe, comme St-Mauront.
    Marseille n’est plus une ville d’immigration, comme Londres et Istanbul en Europe. Les immigrations maghrébines et comoriennes que nous avons connues seraient davantage des immigrations familiales qu’économiques. Là où Marseille a vu sa population se réduire, Barcelone a gagné, ainsi qu’en emplois, qu’il s’agisse de la ville ou de l’agglomération. Ce n’est pas la même immigration qui a fait Barcelone.
    On ne peut donc pas parler de « ville monde » à propos de Marseille, un vocable qui était venu enjoliver certains discours électoraux. Ni l’immigration actuelle, ni l’économie locale le permettent. Seules Londres et Istanbul peuvent prétendre à ce statut.
    Péraldi s’est attardé sur l’effondrement de la population ouvrière qui constituait par le passé une composante significative de la culture marseillaise. C’est la fin des chantiers navals à Marseille, La Ciotat, La Seyne et Port-de-Bouc. Une fin qu’il n’explique pas. Mais on attend son bouquin annoncé pour 2015.
    Autant qu’à la fin des chantiers navals, la chute des emplois industriels à Marseille est imputable à la reproduction du tissu économique marseillais en périphérie, à commencer par l’huilerie à Vitrolles. Le conditionnement alimentaire est également en grande partie sorti de Marseille. Jusqu’à la machine-outil, dont Marseille nourrissait une composante orientée vers l’industrie alimentaire et la chaudronnerie.
    Ce redéploiement de l’économie marseillaise, petites industries vers Aubagne et Gémenos, transport, entreposage et négoce à Vitrolles et plus largement, directionnel et distribution commerciale à Aix dans le cadre d’un certain dédoublement métropolitain, ont probablement davantage transformé la région marseillaise que la perte d’emplois industriels liée à une trop lente évolution des entreprises traditionnelles restées à Marseille.

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  12. JL41 JL41

    Le trafic de drogue générerait à Marseille 10 à 12 M€ par mois, une enquête parue dans la Provence de lundi : http://www.laprovence.com/article/actualites/3091303/a-marseille-le-trafic-de-drogue-genererait-10-a-12-m%E2%82%AC-par-mois.html
    Michel Peraldi peut-il nous dire si ce chiffre qui émane de la PJ et qui caractérise une fraction de l’économie parallèle marseillaise, lui paraît plausible ? Marsactu peut-il faire suivre ma question ?
    Cette « enquête » ressemble un peu à une mise en scène, pour faire état de chiffres obtenus autrement.
    Autre chiffre, celui des clients, 20 000 par jour, qui permettent de donner corps à ce trafic.

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