Maria : « Les policiers m’ont enlevé ma vie »
Rouée de coups de pied par des policiers, Maria, 19 ans, a eu le crâne fracturé et le cerveau atteint. Dix mois plus tard, à Marseille, elle reste sous surveillance médicale. Dans cet entretien, elle revient sur les conséquences physiques et psychiques de ces violences et sur les suites judiciaires. Un article de Mediapart proposé aux lecteurs de Marsactu.
Maria, le 4 novembre 2019, à Marseille. © Samuel Saada
Samedi 12 octobre, n’étant pas d’astreinte, Maria, 19 ans, nous attend au foyer pour jeunes travailleurs où elle vit avec son ami, dans le centre-ville de Marseille. La jeune fille prépare son baccalauréat commerce et travaille en alternance dans un magasin. Le 8 décembre 2018, alors qu’elle regagnait son domicile à l’issue de sa journée de travail, la jeune femme a eu le crâne fracturé et le cerveau atteint par les coups des policiers, en marge de la manifestation des "gilets jaunes".
À la suite de sa plainte, le 30 avril, une enquête préliminaire, suivie d’une information judiciaire, a été ouverte pour "violences aggravées par personnes dépositaires de l’autorité publique, en réunion, avec arme" et "non-assistance à personne en danger".
"Je vais avoir 20 ans dans quelques jours et la situation empire. Si je reviens sur les faits, ce n’est pas pour qu’on pleure sur moi, mais je veux juste que ces policiers entendent ce qu’ils ont fait", prévient Maria avant de commencer l’entretien accordé à Mediapart.
Dans le cadre de la plainte, vous avez eu 30 jours d'incapacité totale de travail (ITT) au sens pénal, sous réserve de complications. Un expert précise qu'il faut attendre deux ans pour que votre état soit consolidé. Près de dix mois après les faits, où en êtes-vous ?
Après mon opération, je suis sortie de l’hôpital le 19 décembre et j’ai dû interrompre mes études pendant huit mois. Et j’ai dû également changer de travail parce qu’en tant que vendeuse, je . . .
Je souhaite à Maria de retrouver une vie normale après cette agression épouvantable qu’elle a subie. Il faut du courage et de la patience pour obtenir que la justice puisse faire son travail. Le plus important est que la médecine arrive à réparer un tel massacre. Celui qui a commis cet acte sait qu’il a mal agi. Il peut s’arranger avec sa conscience, peut-être y arrivera-t-il mais sa culpabilité est patente. La profession de cet homme n’excuse pas une telle violence.
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