Depuis 9 mois, AMS gère l’unité d’hébergement d’urgence de la Madrague-Ville. Depuis cette prise en main, une dizaine de membres de la même famille ont été embauchés, créant une ambiance délétère. Ville et État commencent enfin à réagir.

“Népotisme”. Le mot est violent, il correspond pourtant à ce qui se passe à l’Unité d’hébergement d’urgence de la Madrague-Ville. Neuf mois après l’arrivée d’AMS (Association de médiation sociale), les dirigeants de l’UHU favorisent l’ascension de membres d’une même famille au sein de cette structure municipale financée à parts égales par la Ville et l’Etat.

Il y a un an, le choix de cette association sans expérience de l’insertion sociale pour diriger une unité qui accueille 284 personnes avait déclenché une ardente polémique, notamment attisée par l’Armée du salut qui gérait jusque-là l’unité. Par mesure d’apaisement, l’ex préfète déléguée pour l’égalité des chances, Marie Lajus et l’adjoint à la lutte contre l’exclusion, Xavier Méry, s’étaient engagés à suivre de près les recrutements à l’UHU. Une promesse non appliquée puisque les salariés voient se succéder depuis des mois les embauches issues du même noyau familial au mépris de toutes les règles légales de recrutement.

En apparence, depuis des mois, l’Etat et la Ville n’ont rien vu, ni rien su. Or, l’UHU tangue sérieusement. À l’arrivée d’AMS, l’ensemble des ex-salariés de l’Armée du salut a été repris par la nouvelle association. En revanche, aucun médiateur d’AMS n’a rejoint la Madrague-Ville. Les recrutements ont été opérés en externe par Gilles Chalopin. L’homme connaît bien l’UHU. Il a occupé le poste de directeur de 2006 à 2011 notamment quand celle-ci était gérée par l’association AICS (agence immobilière à caractère social) dont la défaillance a enclenché l’arrivée en catastrophe de l’Armée du salut en 2011. C’est le patron du samu social René Giancarli qui a présenté Gilles Chalopin à Pierre Perez le directeur d’AMS, dans l’objectif qu’il revienne à l’UHU.

Incontournable Aïcha

Le 1er décembre 2014, Gilles Chalopin fait donc son retour à la tête de la structure avec, à ses côtés, l’ancienne économe d’AICS, Aïcha Carreras. Ensemble, ils reconstruisent un binôme qui fonctionnait déjà quelques années auparavant. C’est sa famille qui va être recrutée de manière privilégiée par le directeur. Sa propre fonction fluctue au gré des saisons et des interlocuteurs. Présentée à son arrivée comme remplaçante de l’ancienne économe, elle est tour à tour “conseillère technique” “coordinatrice de l’UHU” voire même “directrice adjointe”, alors qu’elle ne présente pas les diplômes requis. Une ascension turbo au sein de la structure que Gilles Chalopin, qui partage son bureau, paraît soutenir. Peu de temps avant les licenciements de la directrice de l’Armée du salut Valérie Secco et de sa directrice adjointe Evelina Danielian, l’ancien policier leur indique Aïcha Carreras comme interlocutrice de référence : “J’ai entière confiance en Aïcha Carreras. Elle, c’est moi.” D’ailleurs, ils assurent à tour de rôle la permanence de week-end. Un rôle dévolu au directeur adjoint dont elle assume donc les responsabilités.

Outre ce statut flou, le passé d’Aïcha Carreras a de quoi surprendre. En effet, fin 2012 elle a été licenciée par l’Armée du salut. Après une série d’avertissements adressés à son encontre par le premier directeur intérimaire installé par l’Armée du Salut, Fabrice Lançon, son successeur Nicolas Nouveau procède à son licenciement pour faute. Aujourd’hui installé à la Réunion, il garde un souvenir douloureux de son passage à à Marseille. Il n’a pas oublié ce personnage de l’UHU.

“Aïcha Carreras a été licenciée pour insuffisance professionnelle. Il est dommage de constater que ce soit pour cette raison que l’on ait pu engager une procédure à son encontre, tant l’importance de son rôle est déterminant pour comprendre l’ensemble des dérives de cette structure. En effet cette femme était considérée comme la seule responsable par tous les salariés, car Gilles Chalopin n’était pas très présent”. La direction lui reproche une gestion erratique de la restauration : commande de plus de 4000 repas en trop entre avril 2011 et décembre 2012, nourriture périmée servie aux hébergés, manque de rigueur, problème de gestion des personnels… Aïcha Carreras fait partie de la première charrette de licenciés. En avril 2012, elle conteste cette décision devant les Prud’hommes. À notre connaissance, cette procédure est aujourd’hui en appel. Contactée par nos soins, elle n’a pas donné suite.

Papou, Kakou et les autres

Après le retour d’Aïcha Carreras est arrivé son fils, l’un des premiers sur la longue liste d’embauches des Carreras. Surnommé “Papou”, il a été appelé à la rescousse dès le premier mois pour renforcer l’équipe d’accueil. Il deviendra chef de ce service essentiel au bon fonctionnement de l’unité. Là encore, le salarié travaillait autrefois pour AICS jusqu’à son licenciement pour inaptitude. Des salariés se souviennent d’une altercation en 2011 entre le fils Carreras et Gilles Chalopin. A la vue de tous dans la cour de l’UHU, le fils lâche à l’intention du directeur : “Vous êtes incompétent !”. Visiblement, il a changé d’avis.

Et le défilé se poursuit, dessinant la galaxie Carreras. La fille, esthéticienne de formation ou coiffeuse – les versions divergent – fait également son entrée au poste de secrétaire de direction, en CDD d’abord, pour répondre à une urgence. Aujourd’hui adjointe au chef de service de l’accueil des femmes de Saint-Louis, elle est en congé maladie. Son mari, lui, est agent de surveillance. Quant à Kakou, arrivé à l’UHU en même temps que son beau-frère de Papou, il a bénéficié du même ascenseur social en prenant la tête de son équipe d’accueil à la place de son beauf.

Les soeurs d’Aïcha Carreras ? Selon une source bien renseignée, elles sont les nouvelles femmes de ménage pour l’unité de Saint-Louis qui accueille les femmes. La nièce d’Aïcha Carreras ? A 19 ans, elle est embauchée comme assistante de direction. La liste ne s’arrête pas là. Une troisième soeur vient de rejoindre la structure en provenance de l’accueil Forbin pour remplacer la fille Carreras à Saint-Louis. Au total, sur une cinquantaine de salariés, une dizaine affiche un lien familial avec Aïcha Carreras. Contactés à ce propos, les dirigeants d’AMS comme de l’UHU n’ont pas souhaité communiquer sans l’aval des tutelles. Ni la préfecture ni la mairie ne se sont précipitées pour leur rendre leur liberté de parole.

“On vous aidera à partir”

En parallèle de ces embauches, les départs se multiplient, pas toujours à l’amiable. Pour preuve, selon les témoignages recueillis, lorsque certains expriment leur mécontentement, la réponse claque : “On vous aidera à partir si vous n’êtes pas d’accord”.  Beaucoup expriment donc un mal-être généré par le management qui s’ajoute à la violence quotidienne d’un lieu de ce type. Résultat : les congés maladie se multiplient. “Petite épicerie”, “mafia familiale”, “diviser pour mieux régner”, ces termes reviennent régulièrement dans leurs bouches, avec le risque que cette ambiance délétère déteigne sur la qualité du service rendu aux sans-abris.

Les entorses au droit des salariés renforcent les frustrations : pas de délégué du personnel, pas de représentant syndical, pas de chèques-vacances pourtant présentés par la direction comme un acquis à préserver. Les caméras de surveillance, installées dans les parties communes et à l’accueil alimentent la paranoïa des salariés qui se sentent épiés. “AMS est dans la défense, pas dans dans le dialogue”, déplorent-ils. L’UHU apparaît bien au bord de l’explosion.

uhu-deux

“Entreprise familiale”

Lundi 5 octobre aux alentours de 18 heures, le directeur adjoint d’AMS, Eric Palmieri et le directeur de l’UHU, Gilles Chalopin, étaient convoqués par leurs tutelles. Il ne s’agit pas d’une des réunions mensuelles de suivi que la Ville et l’Etat ont mises en place pour épauler AMS. Les deux hommes avaient rendez-vous avec Xavier Méry et Didier Mamis, directeur départemental de la cohésion sociale. Il remplaçait au débotté le nouveau préfet délégué pour l’égalité des chances, Yves Rousset. Une semaine auparavant, ce dernier a annulé une visite à la Madrague-Ville. Un mauvais signe déjà.

Joint par nos soins au lendemain de cette réunion, l’adjoint au maire en charge de la lutte contre l’exclusion Xavier Méry reconnaît le caractère “exceptionnel” de cette réunion solennelle. “Le point principal à l’ordre du jour est effectivement la question du recrutement. Embaucher autant de membres d’une même famille peut être comparé à du népotisme. Cela peut être admis dans une entreprise familiale, pas dans une structure créée et financée par des collectivités publiques. Le représentant de l’Etat et moi-même avons clairement dit que cela nous déplaisait fortement. Nous voulons que cela change”. En réponse, selon l’élu, les deux dirigeants d’AMS ont mis en avant la compétence des personnes recrutées. Ils ont aussi argué des difficultés de passation avec l’Armée du salut : une bonne partie des salariés était en congés à leur arrivée et les dossiers du personnel ont été emportés par l’ancienne direction.

Si les deux représentants des tutelles semblent donc au fait du mode de recrutement à l’UHU, Xavier Méry l’est moins sur les licenciements passés des intéressés. “Sur ces points, nous avons demandé des informations complémentaires”, élude-t-il. Dans l’attente, aucune décision n’a été prise. Mais les tutelles annoncent de nouvelles exigences. “Toute nouvelle embauche doit fait l’objet d’une publicité et passer par Pôle emploi et le réseau des travailleurs sociaux”. Quant au futur directeur adjoint qui doit remplacer Aïcha Carreras, “son recrutement devra recevoir l’aval de la préfecture et de la Ville, affirme Méry. En clair, c’est nous qui le recruterons”. Au chapitre des décisions rapides à prendre, la préfecture et la Ville attendent un organigramme en bonne et due forme ainsi qu’un cadre légal de dialogue social avec l’élection d’un déléguée du personnel, un comité d’entreprise… Comme la loi les y oblige.

“AMS ne bénéficie d’aucun blanc-seing”, martèle Méry. On peut toutefois s’interroger sur la magnanimité dont ont bénéficié Chalopin et AMS durant les neuf premiers mois de gestion tant de la part des services municipaux que de ceux de l’État. Pire, d’après nos informations, certaines de ces embauches ont bénéficié de dispositifs de contrats aidés. Elles auraient donc dû être suivies en priorité par les services de l’État.

Soupçon de cavalerie

Et l’affaire ne s’arrête pas là : le second point à l’ordre du jour de cette réunion concernait les finances. En effet, Xavier Méry comme Yves Rousset n’ont pas une vision très claire de la manière dont sont ventilés les 2,4 millions d’euros de subventions publiques. Selon Xavier Méry, même le directeur actuel de l’UHU “avait l’air de dire qu’il n’avait pas de visibilité sur la partie financière. Il n’est qu’un directeur opérationnel”.

En clair, la partie financière est directement gérée au sein d’AMS. Les tutelles y voient-elles un risque de cavalerie avec un glissement du budget alloué à l’UHU vers le budget général d’AMS ? “Oui, répond Méry. Ce risque existe. C’est pour cette raison que nous avons demandé l’ensemble des procès-verbaux du conseil d’administration qui concernaient l’UHU. Pour moi, il est clair que ce doit être monsieur Chalopin qui prévoit, ordonne et exécute le budget de l’UHU et non AMS. Le conseil d’administration doit délibérer ensuite sur la justesse de ces actes. J’attends donc que les choses soient faites en ce sens.”

Tout ceci ressemble fort à une reprise en main. Mais, désormais un double soupçon pèse sur la structure : Gilles Chalopin est au coeur du soupçon de népotisme, AMS n’assure pas une direction claire de la structure, y compris sur le plan financier. C’est justement ce que craignaient les détracteurs d’AMS, il y a un an tout juste.

Par Élodie Crézé et Benoît Gilles

Actualisation : Ajout le 14 octobre, de précisions concernant les postes de deux membres de la famille Carreras.

Actualisation : Ajout le 10 novembre du présent droit de réponse de Aïssa Carreras. Marsactu maintient toutefois l’intégralité des informations contenues dans son article.

DROIT DE REPONSE

Conformément aux dispositions de l’article 13 de la Loi du 29 juillet 1881 et des articles 6.IV. et 6.V. de la Loi du 21 juin 2004 pour la Confiance dans l’Economie Numérique  :
Le jeudi 8 octobre 2015 sur le site internet du quotidien MARSACTU (www.marsactu.fr ), a publié un article intitulé « L’Unité d’hébergement d’urgence de Marseille recrute sur préférence familiale   » (puis modifié le 14 octobre 2015) aux termes duquel il est exposé que Madame Carreras, salariée de l’association A.M.S qui s’est vue attribuer la gestion de l’Unité d’Hébergement d’Urgence de Marseille et de l’Ecole Saint Louis, userait de son statut pour embaucher les membres de sa famille et ce au détriment de la bonne gestion de l’unité d’hébergement d’urgence.
Or, Madame Aïssa Carreras, qui a mandaté le Cabinet de Maître Julien AYOUN, Avocat au Barreau de Marseille, se réserve le droit d’agir en diffamation devant le Tribunal correctionnel de Marseille et souhaite préciser que :
Si certains membres de sa famille sont effectivement salariés de l’association de Médiation Sociale AMS et interviennent dans ce cadre au sein de l’Unité d’Hébergement d’Urgence de la Madrague ville et de l’Ecole Saint Louis, c’est en raison d’une part, de leurs expériences antérieures et de leurs compétences professionnelle et d’autre part, de la situation d’urgence à laquelle a du faire face l’association A.M.S en décembre 2014. En aucun, il ne s’agit de «  Népotisme  ».
En effet, le népotisme est défini comme étant «  un abus de quelqu’un qui use de son autorité pour procurer des avantages aux gens de sa famille  ».
Or, il n’en est rien. Aucun abus n’a eu lieu et toutes les embauches ont été systématiquement soumises à l’approbation de la commission de  la direction générale de l’AMS, composée du directeur général, du directeur adjoint et du directeur, personnes étrangères à la famille de Madame Carreras.
Madame Carreras qui occupe le poste de coordinatrice des structures de l’UHU de la Madrague ville et de l’Ecole Saint Louis, n’a absolument pas le pouvoir et la maîtrise des embauches au sein de ces structures. D’autre part, il convient de rappeler que lorsque l’association AMS a dû reprendre la gestion des structures UHU de la Madrague ville et de l’Ecole Saint Louis, elle a dû faire face à une pénurie de salariés puisque qu’il ne restait plus que 12 salariés de l’Armée du Salut, association antérieurement en charge de la gestion des deux structures, pour accueillir 300 personnes en pleine période de fête de fin d’année.
Compte tenu de cette situation d’urgence, l’Association de Médiation A.M.S a dû recruter, en urgence, plus de 30 salariés afin de pouvoir accueillir dans les meilleurs conditions les sans-abris au sein des deux structures et recourir aux services d’une boite d’intérim pour être en mesure d’accueillir jour et nuit le maximum de personnes dans les meilleurs conditions.
Afin de parer à l’urgence, il a été demandé à tous les salariés de l’A.M.S de chercher, autour d’eux, des personnes ayant les expériences professionnelles requises. Ainsi, des recrutements ont été effectués via Pôle Emploi, sur candidatures spontanées et par recommandations. Toutefois, le travail en unité d’hébergement d’urgence avec les contraintes que ceci comporte repousse souvent un grand nombre de travailleurs.
Certains membres de la famille de Madame CARRERAS bénéficiant d’expérience professionnelle pour les postes proposés et dans le secteur associatif (Les Petits Frères des Pauvres, UHU, CHRS FORBIN) ont candidaté aux postes proposés et ont ensuite fait l’objet d’un recrutement validé par la Direction de l’AMS et de toutes les instances en présence.
Ces embauches ont toutes fait l’objet de contrats aidés ou de contrat à durée déterminée à des salaires correspondant à la grille de salaire fixée par la convention collective de la CHRS.
Le seul fait que ces personnes soient liées à Madame Carreras ne pouvait les exclure du recrutement alors même que leurs profils correspondaient aux postes proposés.
Madame Carreras a, elle même, du intervenir sur plusieurs fronts afin de palier le manque de personnel.
Ainsi, en aucun cas il ne s’agit de népotisme, les membres de la famille de Madame Carreras, salariés d’AMS, ont été recrutés en fonction de leur compétence, de leur expérience et de leur implication dans ce travail et en aucun cas au détriment de l’intérêt général de l’établissement et du bien-être des sans-abris accueillis dans chacune des structures.
Par ailleurs, Madame Carreras travaille sur le centre d’hébergement d’urgence depuis 21 années au cours desquelles elle a occupé tous les postes et gravi les échelons à force de travail, de persévérance, de formation professionnelle et en raison d’une particulière empathie à l’égard des personnes hébergées au sein de l’unité.
Les qualités humaines et professionnelles de Madame Carreras ont d’ailleurs été reconnues par l’ensemble des différents responsables de l’unité d’hébergement d’urgence et des personnes ayant bénéficié d’un hébergement au sein de l’unité.
Si Madame Carreras a effectivement été licenciée par la Fondation Armée du Salut, il convient de relever qu’une procédure est toujours pendante devant le Conseil des Prud’hommes de Marseille (et non devant la Cour d’appel) afin de voir reconnaître l’absence de motif réel et sérieux de son licenciement intervenu fin 2012 comme il l’a été reconnu pour un grand nombre de salariés licenciés par la Fondation à la même période. Contrairement à ce qui est mentionné dans l’article publié le 8 octobre 2015 sur le site marsactu.fr, Madame Carreras n’a jamais été contactée sur ce point.
Actuellement Madame Carreras assure la fonction de coordinatrice de l’UHU et remplace, bénévolement, l’économe en congés maladie depuis février 2015.
Enfin, contrairement à ce qui est rapporté dans l’article publié sur le site marsactu.fr sous l’intitulé « L’Unité d’hébergement d’urgence de Marseille recrute sur préférence familiale », la Mairie de Marseille et la DDCS ont tenu à remercier, en juin 2015 lors d’un Comité de Pilotage, l’ensemble des salariés pour leur implication personnelle dans leur travail quotidien, pour les brillants résultats obtenus et pour leur sens du service à autrui. Les compétences du personnel du site de l’UHU et la qualité d’accueil des structures dont Madame Carreras assure la coordination, ont en effet été saluées à plusieurs reprises.
Madame Aïssa Boukhechem – Carreras

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