L’État a-t-il déplacé le problème du crack de Paris à Marseille ?

Enquête
le 12 Oct 2026
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Ce lundi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez est annoncé en visite à Marseille, avec de possibles annonces sur la problématique du crack, dont la consommation est en nette augmentation en centre-ville depuis deux ans. L'État a-t-il participé à l'aggravation du phénomène ?

Sous le pont de l'escalier Saint-Charles, une des scènes de consommation du centre-ville. (Photo : B.G.)
Sous le pont de l'escalier Saint-Charles, une des scènes de consommation du centre-ville. (Photo : B.G.)

Sous le pont de l'escalier Saint-Charles, une des scènes de consommation du centre-ville. (Photo : B.G.)

Cela fait plusieurs mois que la situation dans le centre-ville de Marseille est devenue intenable. Quartier de la gare Saint-Charles, Réformés, entrée de l'A7, Porte d'Aix, Centre Bourse, cours Julien… De plus en plus visibles, les scènes de consommation de drogue s'y multiplient, avec la violence qu'elles charrient. Tandis que des personnes plongées dans une grande précarité tentent de survivre sur les trottoirs, des riverains, confrontés à leur détresse, tirent régulièrement la sonnette d'alarme.

Parallèlement, les associations spécialisées dans la réduction des risques liés aux addictions font un constat implacable : "Si toutes les structures marseillaises en réduction des risques signalent depuis 2019 une augmentation de la consommation de crack, elle connaît une progression jugée “exponentielle” et particulièrement visible depuis deux ans, avec une accélération marquée sur les six derniers mois", écrivent-elles dans un diagnostic commun publié cet été.

Ce lundi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, est annoncé à Marseille avec, sauf rebondissement dû à l'actualité des contestations lycéennes, des annonces à ce sujet dans sa besace. Un plan crack pour Marseille ? Personne ne grillera la primeur des annonces à un ministre de l'Intérieur. "Tout cela dépend d'un agenda politique, mais dans la réalité, on ne peut plus attendre, il y a urgence", réagit de son côté un représentant local de Médecins du Monde, reçu la semaine dernière place Beauvau, à Paris.

Comment en est-on arrivé là ? En guise de cadeau de bienvenue pour l'ancien préfet de police à Marseille, Marsactu a tenté de remonter le fil d'une information distillée depuis plusieurs mois par différents interlocuteurs. En cherchant à répondre à une question lancinante : si la consommation de crack a explosé localement depuis deux ans, est-ce la conséquence d'un déplacement de consommateurs parisiens avant les Jeux olympiques de Paris 2024 ?

"Du sexe pour 10 euros, le prix d'une dose"

En cette fin de matinée pluvieuse, le square Labadié, entre la gare Saint-Charles et les Réformés, est d'une rare tranquillité. Une ronde de policiers en voiture, RAS. Cathy, haut rose fluo et mini-jupe, attend ici depuis trente ans que des hommes esseulés ralentissent en passant à son niveau. "Ici, toutes les filles . . .

Violette Artaud

Commentaires

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  1. Jacques-Antoine Mathiou Jacques-Antoine Mathiou

    Un tres bon travail d’enquete.
    Merci de la part d’un habitant du quartier du Chapitre

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  2. carole joseph carole joseph

    La dernière phrase de l’article résume la crainte de ceux qui vivent au quotidien et/ou militent pour une prise en charge des personnes a la rue qui consomment: la répression est.la.seule réponse qui ne sert absolument à rien et c’est ce que fait l’état depuis le debut, operations Jumbo et maintenant les opérations ripostes…a chaque fois c’est la catastrophe! « HSA Marseille, à jamais les derniers », scandé devant le conseil municipal avec notre die In en 2023…et on a laissé la situation se dégrader, les personnes a la rue se détruire et maintenant l’état na plus.le choix: c’est plusieurs HSA et des hébergements qu’il faut ouvrir avec des réels moyens de prises en charge.

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  3. Victor Furtuna Victor Furtuna

    Dans le XVIIIème à Paris, Saint-Denis ou encore en Suisse, au Portugal, la seule réponse qui fonctionne, c’est une prise en charge dans une salle de consommation avec du personnel médical. Le problème c’est le travail de pédagogie à faire avec les riverains, ça prend du temps… c’est vraiment dommage qu’il y ai eu une tel levée de bouclier, quand une salle devait être ouverte Bd Libé, les riverains ont pris peur. La peur est l’ennemi de la connaissance, et le crack fait peur à juste titre… Y a toujours quand même, un volet oublié, c’est la consommation de cocaïne, à titre récréatif des plus aisés, là aussi le travail de pédagogie est massif, si la source principale ne se tarit pas, la cocaïne du pauvre continuera à couler.

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  4. Pussaloreille Pussaloreille

    Du beau travail, dont j’admire en partie cette plongée sur le terrain. Et un travail nécessaire. Merci

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  5. Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

    C’est en lisant des articles comme celui-ci qu’on a la confirmation du résultat de la politique des pouvoirs publics, la « guerre à la drogue », présentée comme l’alpha et l’oméga de la réponse à apporter : nul.

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