Les maires de la métropole ne veulent pas des bibliothèques et piscines de Marseille

Actualité
le 4 Juil 2017
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La Ville de Marseille compte transférer une série d'équipements coûteux à la métropole, dont les piscines et les bibliothèques. Mais la conférence des maires de la métropole a fait reculer Jean-Claude Gaudin. Celui-ci espère tout de même arriver à ses fins d'ici la fin de l'année.

Jeudi 13 août, la Ville de Marseille a annoncé la fermeture de la bibliothèque de l'Alcazar en raison d'un cas de Covid-19.

Jeudi 13 août, la Ville de Marseille a annoncé la fermeture de la bibliothèque de l'Alcazar en raison d'un cas de Covid-19.

C’est un camouflet pour le président de la métropole et maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (LR). Les maires de l’intercommunalité viennent de le contraindre de retirer un important dossier. Conformément au vote du conseil municipal du lundi 26 juin, celui-ci entend transférer une série d’équipements à la métropole dont le stade Vélodrome et l’Opéra. Des équipements censés relever de l’intérêt métropolitain, ce qui est vrai pour ces deux lieux emblématiques.

Mais dans la foulée, il s’agit de transférer toute une série de structures dont l’intérêt intercommunal ne saute pas aux yeux comme des piscines ou des médiathèques. Des transferts justifiés cette fois-ci par le caractère prioritaire donné au développement du “savoir nager” et de la pratique de la lecture à l’échelle métropolitaine (lire notre article). Mauvaise idée, lui a-t-on fait savoir dès le mercredi suivant en conférence des maires, l’organe consultatif de la métropole dans lequel siège l’ensemble des maires de l’intercommunalité.

“Le premier, j’ai fait part de mes réticences, raconte le maire et président de territoire de Salon-de-Provence Nicolas Isnard (LR). La métropole effectue ses premiers pas, est-il opportun alors qu’elle est encore fragile, qu’elle doit trouver son équilibre, de la voir demain hériter d’une centaine d’équipements publics supplémentaires : piscines, médiathèques, cimetières ? Je crois qu’il faut que la métropole se concentre sur ce qui était ses missions essentielles et attendues au départ, l’amélioration des transports.”

L’édile raconte ensuite que “nombre d’élus ont suivi, petits comme grands, à l’image de la présidente du département Martine Vassal”. Jean-Claude Gaudin, figure tutélaire de la droite dans le département s’est donc ainsi retrouvé en minorité dans cette assemblée consultative de la métropole pourtant acquise à son parti. “Nous n’avons pas eu besoin de voter, nous étions quasiment tous d’accord”, assure Nicolas Isnard.

“C’est pas très glorieux”

“Ce n’est pas en chargeant la mule de mille et une petites choses que l’ambition métropolitaine pourra éclore, abonde Guy Teissier (LR lui aussi), le président du conseil de territoire Marseille Provence. C’est pour cela qu’en conseil municipal, je suis sorti et n’ai pas pris part au vote. Beaucoup m’ont dit que j’avais raison.” Ces derniers jours, de nombreux élus de la majorité confiaient, en off, leur gêne, comme cet adjoint au maire : “C’est pas très glorieux. On refile à la métropole tout ce qui nous coûte cher”.

Contraint, Jean-Claude Gaudin a donc décidé de prendre son temps. “Ce n’est pas une mise en minorité, pondère-t-on d’emblée à la métropole. L’idée c’est de se donner du temps de bien faire les choses plutôt que les précipiter.” Un proche du président rappelle aussi les données, très codifiées, de ce genre de dossier pour lequel le vote de la majorité simple des 240 conseillers métropolitains ne suffit pas. Il faut les deux tiers des votes des présents : “Les rapports nécessitent des majorités qualifiées très strictes sans possibilité de pouvoirs. On attend donc la rentrée pour assurer les présences en séance. Beaucoup d’élus risquent d’être absents. Ça permet d’affiner un peu plus les propositions. L’objectif est la cohérence de la démarche.”

Le temps devrait aussi être mis à profit pour s’assurer d’une majorité. La décision doit légalement être prise avant la fin de l’année pour l’ensemble des communes. Même si l’exécutif métropolitain assure avoir demandé au gouvernement de repousser à 2019 le transfert effectif de ces équipements. Les horloges tournent pour tout le monde mais difficile, à la métropole Aix-Marseille Provence, de dire qui en est aujourd’hui le maître.

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Commentaires

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  1. Court-Jus Court-Jus

    “Pas très glorieux” est un doux euphémisme. C’est carrément honteux et malhonnête oui ! Et encore, je les trouve bien gentils d’accepter le principe pour le Stade, car si celui-ci a clairement un rayonnement métropolitain, il représente un rapport coût/bénéfice très, très discutable ! Le fait d’avoir inclus des bibliothèques et des piscines dans le lot montre clairement l’objectif numéro 1 de la manoeuvre : faire payer à la métropole la mauvaise gestion de Marseille.
    En parlant de mauvaise gestion, est-ce que le très coûteux palais de la glisse faisait lui aussi partie du package ?

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  2. LaPlaine _ LaPlaine _

    A nouveau le piteux constat d’incurie. Ils ne savent plus comment se sortir du bourbier qu’ils ont créé et alimenté.

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  3. Manipulite Manipulite

    Crépuscule sur la droite gaudiniste. Avec une facture salée à l’arrivée !

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  4. Tarama Tarama

    Il faut les rassurer : il y a très peu de piscines et de bibliothèques à Marseille.

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    • Pierre Pierre

      Tellement vrai !

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    • VitroPhil VitroPhil

      Certes!
      Mais les remettre au niveau de ce qui se pratique hors marseille nécessite des moyens.

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  5. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Pour ce qui concerne les piscines, il faudrait clarifier ce que l’on souhaite transmettre à la Métropole. Quelques ruines (pas antiques) ? Ou, avec elles, le miraculeux “plan piscine” du mirobolant Miron et son mirifique “budget” (virtuel) de 250 millions d’euros (https://www.frequence-sud.fr/m/art-37239-marseille__il_faut_sauver_les_piscines_de_la_cite_phoceenne___marseille) ?

    A la place de la Métropole, je prendrais le “plan piscine” : il est d’autant moins coûteux qu’il a abouti, depuis 2008, beaucoup plus à fermer des bassins qu’à les rénover.

    Sinon, chapeau à Gaudin qui, après avoir asséché la défunte CUMPM, cherche ni vu ni connu (quoique…) à répéter l’opération avec la Métropole…

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      C’est sa technique depuis toujours, faire porter les responsabilités, et les conséquences financières de son incapacité (et de sa troupe) aux “autres”…

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  6. Lagachon Lagachon

    Voilà une assemblée qui conserve sa liberté de vote 😉

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    • Benoît Gilles Benoît Gilles

      Bonsoir, si je puis me permettre une précision. Pour le coup, il ne s’agit pas d’une assemblée au sens délibérative du terme mais un conseil consultatif destiné à conserver une prérogative aux maires, censés être marginalisés par la métropole.Du coup, ce refus sans vote ne débouchera pas sur un débat en assemblée en tout cas sur les transferts marseillais refusés.

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  7. neomars neomars

    Il me semble avoir lu chez votre confrère que les piscines d’Aix étaient elle prise en charge par la métropole ?

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