Les lignes bougent (enfin) dans le dossier Fralib

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le 3 Oct 2012
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Tout était censé s'être achevé en juillet. Unilever avait tourné la page Gémenos. L'entreprise a même viré le directeur de l'usine de production de thé et d'infusion Fralib. Et pourtant, ses dirigeants, dont le DRH et directeur de Fralib par interim Frédéric Faure, avaient de nouveau rendez-vous ce mercredi matin en préfecture. En face, après deux ans de lutte, les salariés maintiennent toujours la pression. Un peu moins nombreux qu'au début – certains ont trouvé un nouvel emploi, d'autres créé une petite entreprise – mais toujours aussi combatifs.

L'affaire, il est vrai, devait aux yeux du gouvernement être réglée assez vite. Le pompier Montebourg en déplacement à Gémenos au mois de juin s'était donné un mois pour y arriver. À échéance, la situation n'avait finalement que peu avancé. Seule réelle concession, les machines avaient été vendues à MPM pour un euro symbolique. Une communauté urbaine qui, en préemptant le terrain de l'usine et les bâtiments, avait suspendu une vente à un privé et permis de donner du temps au temps. L'État, poussé par les salariés, n'a dès lors pas lâché l'affaire et mis en place les conditions pour que les discussions entre la multinationale et ses employés aillent au-delà d'un dialogue de sourds.

Alors, pour cette nouvelle concertation, le préfet de région Hugues Parant a fixé un cadre avec "des sujets à ne pas aborder". Il s'agit en particulier des différentes actions judiciaires en cours, notamment la procédure en appel concernant le plan de sauvegarde de l'emploi mais aussi de la question de la cession de la marque Éléphant et de la sous-traitance de volumes par Unilever, casus belli bien connu.

Le dialogue reprend

Ce mercredi matin, de l'avis du préfet, "tout le monde a respecté les règles" créant "un climat très constructif". Deux groupes de travail ont été créés à l'issue de ce rendez-vous. "Il faut premièrement, poursuit le représentant de l'État, trouver du boulot durable à tous les Fralib et deuxièmement, revitaliser le site." Fait nouveau, salariés et direction interviendront sur chacun des sujets. et vont donc devoir se parler.

D'un côté, les salariés devraient accepter de siéger dans un comité de suivi dont le but sera "de reclasser les 103 personnes qui ne le sont pas". Aux yeux de l'État, tout n'a pas été fait au mieux par Unilever, comme l'avait longuement expliqué l'inspection du travail. L'entreprise l'a d'ailleurs admis entre les lignes dans un communiqué à l'issue de la réunion. "Cela m’a conduit aujourd’hui, au nom d’Unilever, à prendre l’engagement solennel que la qualité des mesures d’accompagnement et de reclassement, que nous mettons en œuvre pour les salariés, soit assortie d’une obligation de résultat permettant un reclassement effectif", y déclare Frédéric Faure, preuve que tout cela n'était jusqu'alors pas forcément acquis.

La reprise par les salariés "prioritaire"

De l'autre, "la convention de revitalisation [ndlr, d'habitude conclue entre le préfet et l'entreprise qui licencie pour permettre de recréer localement autant d'emplois que supprimés] sera corrigée pour associer les syndicats, la communauté urbaine de Marseille et le conseil régional."  Un comité d'engagement réunissant toutes ses parties se réunira donc afin de "conserver un emploi industriel sur site".

Un projet présenté par Sibell pour produire des chips est déjà ficelé avec plusieurs dizaines d'emplois à la clef ? Qu'à cela ne tienne, celui-ci sera dans un premier temps mis de côté pour étudier en profondeur l'hypothèse, jugée ridicule par Unilever, d'une reprise sous forme de coopérative par des salariés qui sera "prioritaire si elle est viable", sous-entendu sans en demander plus à Unilever : "Il y a d'autres marques qui peuvent sous-traiter des volumes", poursuit Hugues Parant. Un appui qui a de quoi réjouir le délégué CGT du comité d'entreprise, Gérard Cazorla. Magnéto Esther.

 

 

"J'espère signer la nouvelle convention de revitalisation dans les 10 jours, détaille le préfet de région. Le comité se tiendra dans la foulée."  Mais "entre reclassement et projet alternatif, quelle sera la priorité ?", s'interrogeait en substance les représentants de la communauté d'agglomération du pays d'Aubagne et de l'Étoile présents ce matin. "Nous mènerons les deux de front", veut convaincre Hugues Parant pour qui on ne peut pas faire attendre les 103 salariés pour des emplois qu'ils ne sont même pas certains d'occuper à terme.

"Ils pourront toujours, s'ils sont reclassés, partir vers une autre entreprise", commente le préfet. La balle est donc clairement dans le camp des salariés qui, aidés des industriels qui se sont manifestés pour les accompagner, devront rapidement apporter des garanties quant à leur projet. Ce mercredi matin, Olivier Leberquier, le délégué syndical CGT, a évoqué la possibilité de travailler pour une autre marque que l'Éléphant. Une première.

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