Les candidats à la mairie de Marseille face au « mur de la dette »

Décryptage
le 14 Fév 2020
22

Dès 2021, la Ville devra faire face à un niveau élevé de remboursement de sa dette, plus de 200 millions par an. Il faudra trouver l'argent ailleurs pour financer le moindre projet, alors même que l'État met la pression sur les comptes des collectivités. Une perspective qui met à mal les ambitions des candidats.

La mairie de Marseille (Image LC)

La mairie de Marseille (Image LC)

L'enjeu

Un emprunt massif de 150 millions d'euros, souscrit avant la capitale européenne de la culture, arrive à échéance en 2022. Cet héritage pèsera sur les marges de manœuvre de la future majorité.

Le contexte

Avec plus de 1900 euros de dette par habitant, Marseille est dans le top 5 des plus endettées des grandes villes. Le remboursement et les intérêts représentent le 2e budget, derrière les écoles.

À Marseille, il y a « un mur de la dette » qui attend celui ou celle qui s’installera dans le fauteuil de Jean-Claude Gaudin. L’avertissement était lancé en novembre par la chambre régionale des comptes, à l’occasion de la publication de son rapport sur l’état des finances municipales. On savait la Ville très endettée, le poids […]

Contenu réservé aux abonnés au journal

Offre découverte 1 € le premier mois puis 6,99 €/mois JE M'ABONNE

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Pussaloreille Pussaloreille

    Merci pour cet exercice très pédagogique qui remet les pendules à l’heure et dont le contenu gagnera a être largement partagé !

    Signaler
  2. Citoyen-ne-s-de-marseille.fr Citoyen-ne-s-de-marseille.fr

    Encore un excellent article !!

    Quelques points sur cette ligne d’emprunt de 150 M€ :

    à l’époque des dizaines de collectivités confrontées aux mêmes difficultés face aux banques, se sont regroupées pour faire le plus gros emprunt obligataire, Marseille n’a pas voulu y participer à l’époque. elles ont créé l’Agence France Locale (AFL). La ville a préféré emprunter dans son coin à Natixis pour effectivement un taux inférieur à ce que les autres ont réussi à emprunter mais pour un investissement dans le stade Vélodrome, enfin la toiture du Stade (pour reprendre les mots de Roland), un marché de partenariat Public Privé (PPP.)

    Or L’actionnaire majoritaire à ce jour de ce marché de partenariat est Mirova (filliale de Natixis).

    Donc nous résumons nous avons emprunté un prêt infine à Natixis pour financer un marché avec une de ses filiales. Nous trouvons ça un peu étrange comme ficelle.

    Sachant que depuis la ville de Marseille et la Métropole sont les principaux actionnaires de l’AFL qu’elle avait boudée dans un premier temps.

    Et si effectivement elle avait emprunté à un taux inférieur aux taux des emprunts des autres collectivités de l’époque, nous sommes assez surpris qu’en 2019, sur le fait que la ville a du renégocier un échéancier avec Natixis, car visiblement elle était incapable de rembourser en 2022 les 150 M€ d’un seul coup (nous sommes sur un prêt infine). Donc la ville a négocié un étalement sur 2/3 ans supplémentaires le remboursement, ce qui va nous occasionner à peu près 6 M€ de plus à payer à Natixis …

    Ce serait interessant de calculer au plus juste le prix de ce ré étalement y compris le coût du bureau d’études financières (qui prend un % sur le montant renégocié à savoir les 150 M€)
    Effectivement le mur de la dette est élevé, mais celle-ci est mal gérée, les 150 lignes d’emprunts constituant cette dette devraient être passées en revue et renégociées pour la plupart …. le coût de la dette devrait alors baisser de manière assez drastique et sans trop d’effort du fait du contexte financier, et ceci aurait déjà du être fait depuis des années …

    enfin ceci n’est qu’un humble avis.

    Signaler
  3. Dark Vador Dark Vador

    « Une autre taxe, non prises en compte dans le potentiel fiscal mais non négligeable à Marseille : celle sur les transactions immobilières (les fameux « frais de notaire », dont elle perçoit une partie), qui a presque doublé pendant le mandat »… Si certains doutaient de la manne préférée du Gaudinisme…

    Signaler
    • Julien Vinzent_ Julien Vinzent_

      Bonjour, à noter que cette taxe est principalement perçue, au niveau local, par le conseil départemental. C’est l’une des raisons du dynamisme de ses recettes.

      Signaler
  4. Zumbi Zumbi

    La ressource qui a le plus augmenté : les frais de notaire ! Un bon indice de l’activité économique dominante dans notre ville : la spéculation foncière et immobilière !
    Quand on voit que longtemps le dirigeant des petits patrons a été un dirigeant dans ce secteur, que tant d’élus sont multipropriétaires, voire marchands de sommeil, on se dit que ça fait système et que ça dévoile le vrai sens qu’ils donnent à un de leurs éléments de langage favori : L’ATTRACTIVITÉ de Marseille. Langage de courtiers : l’attractivité d’un placement. Beurk.

    Signaler
  5. Citoyen-ne-s-de-marseille.fr Citoyen-ne-s-de-marseille.fr

    Autre point : la « contractualisation » (limiter la hausse des dépenses de fonctionnement à 1,25 % par an) est signée jusqu’en 2020, donc les nouveaux à la mairie pourront négocier (ou pas) une autre contractualisation avec l’état.

    Signaler
    • Julien Vinzent_ Julien Vinzent_

      Bonjour, c’est exact. En revanche, les marges de négociation vis-à-vis de l’objectif national de 1,2 % sont minimes (possibilité de discuter de ce qui est compté ou non + d’un bonus/malus en fonction de certains indicateurs socio-économiques. La principale marge est dans l’amélioration de l’autofinancement (réduction du recours à la dette).

      Signaler
  6. Delphes Delphes

    Belle analyse, merci.
    Toutefois attention à ne pas encore ajouter du dramatique à la situation.

    Vous écrivez: « Cela signifie qu’il faudra emprunter… pour rembourser. » Vous avez l’air surpris, or rien de plus normal pour une collectivité ou une entreprise, dont l’endettement est perpétuel, de s’endetter pour rembourser une grande partie du capital dû. Pour rappel, la trajectoire de la dette dépend de trois facteurs : son solde primaire (= solde budgétaire hors paiement des intérêts de la dette), les taux d’intérêt, et la dette en n-1. Une collectivité peut se désendetter très progressivement à la faveur d’un solde primaire excédentaire ou d’une baisse des taux d’intérêt. A aucun moment une collectivité ne peut faire face à une échéance en capital juste avec de l’autofinancement. Elle est OBLIGEE de se réendetter. Donc rien d’anormal à ce niveau-là. Attention à ne pas appliquer pour les collectivités le même raisonnement que pour les ménages.

    Signaler
    • Citoyen-ne-s-de-marseille.fr Citoyen-ne-s-de-marseille.fr

      ce qui est dit est que le prêt exceptionnel par son montant de 150 M€ contracté sur 10 ans en 2012 est un prêt in fine. Tout le long des 10 ans la ville a payé uniquement les intérêts (6M€/an) mais n’a rien remboursé en capital. La ville n’a pas su provisionner ou préparer le remboursement des 150 M€ en une seule fois en 2022. Elle a renégocié un étalement du remboursement sur 2022, 2023, 2024. Mais elle devra réemprunter donc pour en quelque sorte pourvoir rembourser le capital emprunté. C’est cette opération particulière qu’il me semble discutable également.

      Signaler
  7. Brallaisse Brallaisse

    Situation cocasse à venir, à ce rythme là la mairie va finir chez « Ma Tante » autrement dit au Crédit Municipal pour payer les échéances. Et souvenez vous de la déclaration de la Martine, juré et craché , pas d’augmentation pour l’année prochaine . En revanche pour la suite , la fouine est muette.

    Signaler
  8. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Ce qui est formidable avec Gaudin et son gang, c’est que leur oeuvre survivra à leur départ et contraindra leurs successeurs pendant plusieurs mandats : entre la dette très élevée de la Ville et la palanquée de contrats ou de PPP à long terme (parfois sur plusieurs décennies), les marges de manoeuvre des futurs maires seront celles que Gaudin aura dictées.

    Signaler
    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Tant de dettes pour si peu d’équipements laisse songeur sur la qualité de la gestion de la ville et sur les raisons réelles de l’évaporation de tout cet argent public. Quant aux recettes, on nous parle des droits de mutation. Mais il y a une autre manne : selon Benoît Payan lors d’un de ses interventions en CM, les recettes de stationnement sont passées de 8 à 25 M€ / an entre 2017 et 2020 en y intégrant les contraventions de la désormais fameuse « voiture à PV » qui verbalise à tout va sans aucun discernement…

      Signaler
    • Julien Vinzent_ Julien Vinzent_

      Bonjour, à noter que la Ville ne conserve que les recettes des horodateurs et doit reverser le produit des forfait post-stationnement (les anciens « PV ») au budget « transports » de la métropole.

      Signaler
    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      @Laurent Malfettes. Il y a une autre manne, insuffisamment exploitée à mon sens : une taxe sur les mensonges des candidats aux élections.

      Signaler
  9. hugo2005 hugo2005

    L’affirmation de Roland Blum selon laquelle la dette est la même qu’il y a 25 ans, occulte un élément essentiel. En 2001 , plus d’un milliard de dettes liées aux compétences transférées à la communauté urbaine a quitté les comptes de la ville pour ceux de la communauté urbaine.

    Signaler
    • Brallaisse Brallaisse

      40_0,jeu set et match

      Signaler
    • Julien Vinzent_ Julien Vinzent_

      Bonjour, si je comprends bien, selon le rapport de la chambre régionale des comptes de 2005, les contrats d’emprunt n’ont pas été réellement transférés et ont continué à être comptabilisés dans la dette de la Ville. La communauté urbaine en a « simplement » assuré une partie du remboursement. La différence n’est, j’en conviens, pas sensible puisque cela a permis de soulager les finances de la Ville du poids de cette dette.

      Signaler
    • Julien Vinzent_ Julien Vinzent_

      En revanche, êtes vous sûr du montant ? Il semble que ce soit plutôt autour des 200 millions d’euros (1 milliard de francs ?).

      Signaler
  10. Malaguena/Jeannine Malaguena/Jeannine

    villes de plus de 20 000 hab les plus endettées

    Rang Ville Département Encours de la dette (€) Annuité de la dette (€) Capacité de désendettement (années)
    1 Paris
    2 Marseille
    3 Nice
    4 Lyon
    5 Lille Nord
    6 Levallois-Perret

    Signaler
  11. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Afin de faire un bilan précis de l’état de la dette de notre ville, qui peut me dire les taux (fixes ou variables) qui sont applicables sur l’ensemble de la dette de la ville?
    La renégociation de chaque ligne de dettes ne peut pas être prise en CM avec l’aval de l’Adjoint aux finances.
    Quelle que soit la majorité au pouvoir, faut-il faire un audit pour que chaque contribuable puissent être avertis de ce qui va lui tomber sur la tête !?

    Signaler
  12. petitvelo petitvelo

    Et si au lieu de vendre des immeubles en péril à des marchands de sommeil, la mairie vendait le stade et réhabilitait et louait les immeubles ?

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire