Les businessmen des taudis faisaient cracher les promoteurs

Enquête
le 16 Nov 2020
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Jugés pour extorsion, Gérard et Albert Haddad ont soutiré 1,5 million aux promoteurs en échange de l'abandon de recours contre leurs permis de construire. S'ils n'hésitaient pas à acheter des appartements à proximité pour justifier une procédure, ils s'appuyaient sur leur imposant patrimoine immobilier dans toute la ville, qui leur a valu une solide réputation de marchands de sommeil.

Les businessmen des taudis faisaient cracher les promoteurs
Les businessmen des taudis faisaient cracher les promoteurs

Les businessmen des taudis faisaient cracher les promoteurs

Les frères Haddad, une association de malfaiteurs ? C’est la question sur laquelle se penchera le tribunal correctionnel de Marseille ce lundi. Albert et Gérard Haddad sont poursuivis pour avoir multiplié les recours contre des projets immobiliers, dont ils monnayaient ensuite l’abandon auprès des promoteurs. La récolte, qui atteint 1,5 million d’euros, est qualifiée d’association […]
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Les coulisses de Marsactu
Cette enquête est un nouvel épisode de #LaGrandeVacance, un projet de coopération inédite lancé fin 2018 avec plusieurs médias autour de données concernant le patrimoine immobilier de la Ville de Marseille. Pour ce volet, Marsactu a travaillé avec La Marseillaise et Le Ravi, qui publient simultanément leurs articles ce mardi. Retrouvez tous les articles publiés ici.
Julien Vinzent
Journaliste.

Commentaires

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  1. jasmin jasmin

    Je n’arrive pas à bien comprendre l’article. Ca aurait été bien d’expliquer clairement les mécanismes, les acteurs, les enjeux, les faits, avant de raconter les histoires qui sont joliment écrites mais qui sont compliquées à lier entre elles et surtout comprendre en contexte. On voit bien un gros travail de recherche mais la trame de l’explication n’es pas claire. L’histoire est racontée comme les journalistes américains. Merci quand même, c’est peut etre l’heure matinale du lundi qui rend la lecture difficile.

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    • Julien Vinzent Julien Vinzent

      Bonjour,
      Nous avons effectivement fait le choix de dépasser la seule procédure qui était jugée ce lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille, ayant estimé qu’elle avait déjà été médiatisée (voir notamment La Marseillaise https://www.lamarseillaise.fr/societe/les-freres-haddad-accuses-de-racketter-les-promoteurs-EGLM079638). Je suis navré que le récit, que nous avons privilégié par rapport au rappel des faits, vous ait perdu en route. Si besoin, je peux évidemment vous éclairer, ainsi que les autres lecteurs des commentaires.

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    • Jacques89 Jacques89

      Effectivement, dans ce genre d’affaire, on se demande bien comment des malfrats peuvent utiliser la justice pour s’enrichir. Cela aurait été intéressant de recenser les raisons qui ont poussé les juges à annuler des autorisations, au point que les promoteurs en sont venus à acheter le silence des requérants potentiels.

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  2. 236 236

    … juste conforter un système ancien à minima opaque qui doit être connu et disparaître.

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  3. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Les commentaires attirent mon attention car à la relecture de cet article, celui ci ne me semble pas clair.
    Pourriez vous adresser à quelqu’un qui n’est pas au fait des ”magouilles” de ces deux Haddad?
    Avec comme ”angle” le fait qu’il y aurait des propositions pour que ces ”acrobates” ne recommencent plus. Il doit avoir dans vos relations quelqu’un qui pourrait vous conseiller en matière de droit de la construction.
    Sinon continuez…Bon courage et merci pour vos articles!!

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    • Julien Vinzent Julien Vinzent

      Bonjour, j’en profite pour compléter ma réponse à Jasmin et répondre à Jacques89. Nous pensions avoir l’occasion de détailler ces enjeux lors du compte-rendu du procès. Ce dernier est cependant ajourné https://marsactu.fr/bref/proces-pour-extorsion-des-freres-haddad-le-juge-dinstruction-prie-de-revoir-sa-copie/
      Schématiquement, le juge d’instruction considère que les motifs invoqués dans les recours étaient des prétextes, comme en témoigne le fait qu’ils aient la plupart du temps été rejetés. Mais, indépendamment de la décision finale, le délai avant qu’elle soit rendue, surtout si les requérants font ensuite appel, est suffisant pour menacer le calendrier d’un projet et donner un motif à la transaction.
      Quant aux dispositions pour éviter de tels abus, elles sont régulièrement renforcées : durcissement de l’interprétation de la qualité de “voisin”, exigence d’une création antérieure d’un 1 an au permis pour une association, facilitation des amendes pour recours abusif etc. Cela n’est pas sans susciter des critiques sur la difficulté que cela crée pour des citoyens plus désintéressés.

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    • Jacques89 Jacques89

      Si la qualité de « voisin » peut effectivement engendrer une attention particulière pour le juge, il est constant que c’est plutôt l’intérêt à agir (notion beaucoup plus large qui autorise le seul contribuable, ou une association dont l’objet est compatible, à intervenir) qui structure la jurisprudence. Par ailleurs, les promoteurs ne sont pas tombés de la dernière pluie et leurs conseils sont en mesure d’estimer les risques au regard du respect des règles contenues dans le code de l’urbanisme ou du code civil pour « s’asseoir » sur un recours qu’ils peuvent estimer abusif avant même que le juge ne le confirme. Ils peuvent donc construire avant d’attendre la décision du juge. Le fait qu’ils ne le fassent pas est révélateur d’un dysfonctionnement de notre administration qui, avant le juge, dans le cadre du contrôle de légalité exercé par le Préfet, doit être en mesure de dire si oui ou non l’autorisation délivrée est illégale. On voit bien que cette étape, cruciale, qui participe à la confiance que doit faire l’administré à ses institutions, a été, depuis de nombreuses années, sabotées par la politique de réduction des effectifs et la volonté des élus de mettre un frein à tout ce qui pouvait entraver leurs projets. Si les malfrats s’engouffrent dans cette brèche c’est bien que les contre-mesures ne sont plus efficaces.

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  4. Jacques89 Jacques89

    Je comprends mieux pourquoi le Préfet n’exerce plus le contrôle de légalité des actes d’urbanisme dans le département. Haddad a dû tellement « charger la mule » que plus personne n’avait le temps de se pencher sur les illégalités potentielles. Ceci dit, les promoteurs n’ont pas forcément les « fesses propres ». S’ils ont consenti à monnayer le silence c’est probablement qu’ils savaient que les autorisations délivrées par les autorités pouvaient être annulées. Rien n’empêche de construire une fois que l’autorisation est délivrée. Le recours est rarement suspensif. Par sécurité, la promesse ou le compromis de vente peut toutefois prévoir une condition suspensive de permis de construire purgé de recours.

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  5. 236 236

    pour ma part, je commentais le dernier paragraphe de l’article

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    • Jacques89 Jacques89

      C’est pourtant dans la première partie de l’article qu’on peut entrevoir une volonté de gentrification. L’administration ne peut pas être étrangère à l’insécurité juridique qui pèse sur les autorisations qu’elle donne. La suite n’est malheureusement qu’une conséquence.

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    • 236 236

      C’est juste.
      Concernant cette affaire le procès est reporté à une date ultérieure.
      Même si il y a eu excès, il ne faudrait pas que ces prétendus abus viennent affaiblir le droit de recours contre un projet immobilier, droit déjà raboté je crois.

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  6. Alceste. Alceste.

    Etonnant cette ville aux ressources insoupçonnées .
    Des élus qui louent des taudis , des élus qui font de fausses procurations , des élus qui sont condamnés pour fraude fiscale, des élus qui sont pris dans des histoires abracadabrantesques, des promoteurs immobiliers qui ne sont jamais loin avec des “maitres chanteurs” qui les font sauter à la corde, des gros bras qui une fois le chantier démarré viennent proposer une protection moyennant finance afin que le dit chantier se passe bien . Des recours impossibles face à des marchés publics qui n’en sont plus , et nous ne parlerons pas des offices d’HLM.
    En bref tout ceci ne fait pas baisser le prix du m2.

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    • Jacques89 Jacques89

      Conclusion inattendue cher Bralaisse. Il faudrait développer. “Vous avez 2 heures.”

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    • Avicenne Avicenne

      Et, il faut rajouter qu’une certaine justice me rappelle «  le paradoxe d’Achille et de la tortue « , j’ai l’impression qu’elle n’avance pas, par contre les comparutions immédiates vont à la vitesse du son !
      Et dire qu’il y des joyeux drilles comme ce député de l’Herault, M. Euzet (?) qui veut que la glottophobie devienne un délit puni par la loi, je vous laisse juge !!!

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  7. LOU GABIAN LOU GABIAN

    C ‘est de l abus du droit détourné au profit de certain
    qui fait qu’ apres le législateur rogne le droit de tous pour corriger les failles

    Typiquement l’appât du gain qui fonctionne sur un système d’intérêt en tous genres

    Beaucoup de promoteur préfère payer car arrêter un chantier coute une fortune, c est dans cela que des petits malins s’engouffrent

    la justice il s’en foute, reclamer des indemnités n ‘envoie jamais en prison que je sache

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  8. petitvelo petitvelo

    Comme dit précédemment, les dépouillés dans cette histoire sont souvent des experts en droit, … comprenez pas du genre à faire des cadeaux. Ils montent 45 sociétés jetables en cascade pour limiter toute exposition juridique, ils font trainer les recours par tous moyens : appel, renvoi d’audience, changement d’avocat, … pour mettre 10 ans avant de rembourser une malfaçon, en comptant sur la lassitude des copropriétaires. Il est donc difficile de verser trop de larmes sur leur sort, et même étonnant qu’ils ne soient pas mieux armés face à cette arnaque qui doit être bien connue. N’y aurait-il pas dans cette faiblesse une belle occasion de rétro-commission ? Suivez l’argent …

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    • MarsKaa MarsKaa

      Je me posais le même questionnement. Comment de si grosses entreprises peuvent se laisser intimider et arnaquer ? Pourquoi ne sont elles pas aussi inquiètes des recours posés par de vrais voisins réellement laisés par un projet immobilier ?

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  9. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Pas mal de commentaires voire d’explications sur cet article.
    Cela prouve deux choses:
    que l’article n’était pas clair. Comme il s’agit d’une question de droit de construction ou d’urbanisme, cela est complexe donc plusieurs articles étaient nécessaires ou bien l’angle était bancal.
    Deuxio: les questions immobilières semblent intéresser les lecteurs. Donc allez y dans l’enquête-les articles- sur cette ville qui n’en peut mais de son parc immobilier.

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  10. Assedix Assedix

    Je ressors ma casquette de grand fan de Julien Vinzent pour défendre l’article qui, comme toujours, me semble parfaitement documenté et ciblé sur un sujet légèrement “décalé” par rapport à la ligne du journal.
    Ce qui a pu dérouter certains lecteurs, cette fois-ci, c’est que vous ayez “tordu” le sujet de votre article pour le faire entrer dans la série #la grande vacance.
    Au fond vous vous désintéressez assez vite de l’extorsion (l’arnaque en question ne manquait pourtant pas de sel et aurait mérité d’occuper tout l’article) pour glisser sur l’activité de marchand de sommeil, le patrimoine insalubre et finalement mettre en cause une nouvelle fois l’ancienne majorité municipale. C’est dommage.
    Mais j’espère que cela vous motivera pour revenir très vite avec d’autres articles !

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    • Julien Vinzent Julien Vinzent

      Bonjour,
      à nouveau, nous anticipions que le procès permettrait de traiter en détail l’affaire d’extorsion. L’article se voulait donc un portrait de la famille Haddad, en guise d’introduction à ce cette couverture. Au vu des commentaires, deux articles séparés dès la première parution (l’un, même concis, sur l’extorsion, et l’autre, plus clairement labellisé comme un portrait) auraient probablement été plus efficaces.

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    • Julien Vinzent Julien Vinzent

      (et merci pour la casquette 😉 )

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  11. jasmin jasmin

    A la lecture des commentaires et relecture de l’article, je crois savoir pourquoi je n’arrive pas à comprendre l’article. Vue la complexité de l’affaire, il est difficile de la traiter comme un épisode indépendant “d’une série” télévisée. On a besoin de savoir un tas de choses à coté. Or, on aime Marsactu parce que les lectures sont brèves, et je n’ai pas vraiment le temps d’ouvrir d’autres liens pour suivre des histoires multiples sur un sujet triste qui me met en colère sur la corruption locale.

    D’autre part, le language du journaliste que j’aime beaucoup aussi, est très instruit, presque trop instruit juridiquement et du point de vue littéraire. Il s’appuie par tradition journalistique et pour alléger le format et s’appuyer sur des faits, sur des témoignages dont le langage pagnolesque éclaire peu le propos savant du reste de l’article. Enfin, je vois bien que l’on est contraint par le format réduit que Marsactu s’auto-impose pour ne pas “perdre” le lecteur.

    Je crois que j’aurais aimé, pour une affaire aussi complexe, une présentation simple. Je m’explique. Pour quelqu’un qui ne connait pas les rouages et language de l’immobilier oui de la justice), si cela est possible dans le format, un petit schéma irait plus loin que beaucoup de mots: le promoteur, financeur et constructeur, le voisin, le juge. Ou alors, le premier paragraphe dit en résumé ce qui se passe et où on en est, et le reste développe, avec des témoignages plus brefs?

    Au final, je considère cela un honneur et un privilège de pouvoir exprimer mon opinion sur la qualité ou format de l’article, et que le journaliste m’écoute et me réponde. Je vous remercie infiniment et regrette si cela vous donne l’impression de perdre votre temps. Je suis sûre que vous y gagnerez encore en qualité. J’ai beaucoup aimé aussi lire les commentaires des lecteurs qui se sont donné la peine d’éclairer le sujet. C’est vraiment une petite communauté très “camarade” qu’on adore préserver.

    A mon avis, on a tous nos jours hauts et bas, et c’est tellement dur d’écrire un article bref que les gens hors du domaine d’expertise comprennent. C’était probablement uniquement dû à cela!! Merci encore.

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    • Julien Vinzent Julien Vinzent

      Merci à vous de vous saisir de cette possibilité, dans un esprit bienveillant, et ainsi de nous faire réfléchir sur notre pratique.

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