Le suicide d’un cadre de Lidl à Rousset résonne jusqu’à l’Assemblée nationale

Actualité
le 22 Jan 2018
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Il y a plus de deux ans et demi, Yannick Sansonetti, salarié chez Lidl à Rousset, mettait fin à ses jours sur son lieu de travail. Une proposition de loi portée par le député LFI François Rufin et dont l'examen commence en commission parlementaire ce mercredi, portera le nom de ce cadre victime d'épuisement professionnel. L'aboutissement du combat de deux de ses proches.

L'entrepôt Lidl, aujourd'hui vide, où Yannick Sansonetti a mis fin à ses jours en 2015. (LC)
L'entrepôt Lidl, aujourd'hui vide, où Yannick Sansonetti a mis fin à ses jours en 2015. (LC)

L'entrepôt Lidl, aujourd'hui vide, où Yannick Sansonetti a mis fin à ses jours en 2015. (LC)

C'était le 29 mai 2015. Yannick Sansonetti, 33 ans, était retrouvé mort, suicidé dans un atelier frigorifique des entrepôts Lidl situés à Rousset où il travaillait. Nicolas, son frère, a passé des heures à le chercher ce soir-là avant la funeste découverte. Depuis, celui-ci le dit sans détour, sa vie et celles de ses proches sont "bousillées". Mais dans les jours qui viennent, après près de trois ans de nuits sans sommeil à faire des recherches et échafauder des projets, l'histoire de son frère va passer les portes de l'Assemblée nationale.

Une proposition de loi, présentée par le député la France insoumise de la Somme François Ruffin, doit porter son nom. Elle vise à faire reconnaître le burn out, l'épuisement nerveux par le travail, comme maladie professionnelle, et sera examinée en commission parlementaire à partir de mercredi, avant un examen dans l'hémicycle le 1er février.

Reconnaître le burn out comme maladie professionnelle

"On ne pensait pas y arriver", confie Christophe Polichetti, syndicaliste CGT et ancien collègue de travail de Yannick Sansonetti. "Après le décès, on a pris contact avec Nicolas, on a appris à se connaître. Ça me tenait à cœur de mener ce combat, il a trouvé l'idée bonne et en a parlé avec sa famille". Tous deux ont donc allié leurs douleurs et jeté leur énergie dans l'espoir de voir un jour le mal qui a touché Yannick Sansonetti être reconnu par le législateur comme la conséquence d'un cadre de travail inhumain. "Je ne me focalise plus sur le cas de mon frère. Pour nous, c'est fini. Quand on voit les infos, ce qui se passe dans beaucoup d'entreprises, on se dit que d'autres Français vont vivre la même chose, on peut sauver des vies. Il faut qu'il y ait une prise de conscience", pose Nicolas Sansonetti . . .

Lisa Castelly
Journaliste

Commentaires

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5 commentaires


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  1. corsaire vert

    il serait temps que les pouvoirs publics prennent en compte ce phénomène récent de suicides dont sont responsables des conditions de travail inhumaines .
    « Si vous n’êtes pas content… d’autres attendent à la porte  »
    Le discours n’a pas changé , s’affine même avec les pressions et brimades au travail .
    Loi El Komri et les autres sous la pression du Medef font qu’aujourd’hui les entreprises sont devenues des lieux de torture morale et physique, et je pèse mes mots .
    Sous la coupe d’une bande de négriers assoiffés de résultatset sommés d’en avoir, à tous les niveaux de la hiérarchie , c’est la vie des salariés dans beaucoup d’ entreprises .
    A quand le retour à des conditions de travail humanisées, contrôlées, sanctionnées quand il le faut et non seulement après un suicide ou une dépression ?
    Briser des vies pour la gloire des chiffres et des profits pour une minorité , nous voilà revenus au 19 ème siècle , époque peu glorieuse de l’exploitation de l’homme par l’homme et de l’esclavagisme .
    Combien de salariés vont- ils aujourd’hui sereins dans leur entreprise, sans la peur au ventre ?
    Si la grande distribution est sur la sellette , de grandes entreprises comme France Télécom ( privatisée ), Orange et tant d’autres ,sont aussi porteuses de ce mal qui se propage , justifié par toutes les lois qui portent atteinte au droit du travail et à l’humanité .

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  2. Lecteur Electeur

    Le mauvais exemple vient de très haut lorsque Macron parle « des gens qui ne sont rien » …

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  3. Alceste.

    Quand j’étais jeune étudiant à Aix , l’un de nos éminents professeurs d’Economie nous disait que nous ferions partie de la génération de la « civilisation des loisirs ».
    Il ne faudrait pas que je le croise aujourd’hui sur le Cours Mirabeau.

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  4. Electeur du 8e ©

    Sinistre écho, aujourd’hui, à ces pratiques managériales mortifères dans ce titre : « Les 1% les plus fortunés ont accaparé 82% des richesses créées l’an dernier » (https://www.latribune.fr/economie/les-1-les-plus-fortunes-ont-accapare-82-des-richesses-creees-l-an-dernier-765516.html).

    Mais, comme dirait Lidl, voilà une analyse qui « manque d’objectivité et d’impartialité ». Y a plus qu’à attendre que ça ruisselle…

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  5. LaPlaine _

    Même si les réformes sont nécessaires sur de nombreux sujets, il faudrait que monsieur Macron propose rapidement autre chose qu’une politique libérale pur jus. Mourir au travail…on est effectivement revenu en arrière, loin en arrière. C’est Lidl et tous ceux qui utilisent le même « logiciel » de management qui sont censés servir de modèle social à notre pays? Monsieur le président, sachez aussi condamner publiquement ces individus.

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