Le show de Pierre Bellon à l'université d'été du Medef

À la une
le 4 Sep 2012
4

On comprend enfin pourquoi Pierre Bellon, le milliardaire fondateur à Marseille de la Sodexo, se fait si discret sur le Vieux-Port notamment auprès de l'UPE 13. Il se réservait pour l'université d'été du Medef où il a livré, en présence d'Arnaud Montebourg, une prestation haute en couleurs face à un parterre de patrons séduits par les facéties du roi de la restauration collective.

Pierre Bellon est "incontrôlable" : le modérateur le sait. Et pourtant, il lui donne la parole en premier. Histoire sûrement de chauffer la salle et de faire monter l'ambiance. L'intéressé semble se plier de bonne grâce à l'exercice dans une partition libérale rôdée. Il aligne ses convictions, en trois points, toujours, comme quand il énumère les problèmes de la France : "L'État intervient patrout. […] Le nombre de fonctionnaires. On a des fonctionnaires capables et honnêtes mais on en a trop !"

Il y a "trop d'État", glisse-t-il encore, sortant de ses notes, comme une conviction profonde. Il faut dire que, comme à Marseille, la Sodexo vit beaucoup de marchés publics notamment dans les cantines scolaires. Mais comme, dixit Bellon, "l'entreprise privée est d'intérêt général", ça ne change pas grand chose, au fond.

"Monsieur le ministre…"

Bellon fustige pêle-mêle "le statut injuste des fonctionnaires" et leur "emploi à vie", déplore un code du travail "de 2300 pages", ânonne parfois, mais son discours, bien dans la ligne, est fortement apprécié. Et les exemples font mouche, attention passage humaniste option larme à l'oeil. "L'administration nous oblige à jeter à la poubelle des plats qui seraient consommables dans les 2/3/4 jours, plutôt que de les donner à une oeuvre. Du coup, les pauvres vont dans les poubelles. Et des personnes ont des amendes quand ils vont dans les poubelles". Le modérateur, regard compatissant et teint hâlé, se retourne vers Montebourg : "on ne peut pas changer ça monsieur le ministre ?"

Le redresseur productif n'aura même pas le temps de répondre que le principal pourvoyeur des menus de cantoche est reparti, quasi inarrêtable, vante notamment les entreprises de services françaises, prêchant à nouveau pour sa propre paroisse. Sa dernière phrase tombe, conclusion attendue.

Les hommes politiques font des promesses qu'ils ne respecteront pas, en tout cas, je l'espère. [Rires] Ou le premier ministre reculera sur certaines promesses, ou la France est foutue et on créera les entreprises en Suisse, au Canada, aux Etats-Unis.

Montebourg ne répond pas directement, attendra pour vanter "les concessions réciproques" qu'il entend obtenir du patronat comme des syndicats mais n'a rien goûté dans le discours de Bellon hormis peut-être son "pull rose" noué autour du cou. Pour le représentant du gouvernement, une société sans industries, une société de uniquement de services mène à la catastrophe sociale actuelle "ce sont les autres qui produisent pour nous" dans une allusion à peine voilée aux propos du patron marseillais.

Mais ce débat était bien celui de Bellon qui prend finalement la parole "même si ça ne se fait pas de parler après un ministre". À ses yeux, les emplois d'avenirs sont inefficaces, "les contrats de génération, c'est une connerie". Bellon revient enfin sur les relations entre le politique et les entreprises : "On en a ras-le-bol de nous entendre dire ce que l'on doit faire." La réciproque n'est visiblement pas vraie, mais, tant pis, la prestation supporte la contradiction. Allez sans rancune et à l'année prochaine…

Get Flash to see this player.

 

Source MEDEFtv

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. sana sana

    les huitres me font bailler..

    Signaler
  2. toine toine

    Ce serait bien qu’il rappatrit le siège social de Sodexo à marseille…

    Signaler
  3. Marseilllais indigné Marseilllais indigné

    Sans les marchés publics que seraient nos ” champions du moins d’Etat ” Bellon,DassauLt,Bouygues etc

    Signaler
  4. Laurent Laurent

    C’est dommage j’avais fait un commentaire ici, qui est resté et a même été commenté, puis il a disparu. On peut savoir ce qu’il lui est arrivé ?

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire