Le marché aux puces a un avenir (flou) dans Euromed II

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Julien Vinzent_
9 Mar 2012 8

Un premier contact de déminage, avant le démarrage de la concertation officielle en septembre. Ce vendredi, la sénatrice-maire socialiste du 15/16 Samia Ghali avait invité les commerçants du marché aux puces (15e) à une réunion sur l'avenir de centre commercial atypique qui accueille 100 000 clients par semaine. Objectif : apaiser les inquiétudes nées de l'inscription des 4 hectares du site dans le périmètre de l'extension d'Euroméditerranée.

Demande d'un engagement écrit

"Il faut s'enlever de la tête les idées farfelues qui circulent et savoir que les décisions ne seront prises qu'avec vous", a insisté l'élue. Et dans tous les cas, les Puces ne disparaîtront pas, a-t-elle assuré.  Mohamed Bensaci, un commerçant qui anime une association culturelle et sportive, n'en attendait pas beaucoup plus :

Lors des échanges, le commerçant a tout de même demandé à Guy Teissier, le président de l'établissement public qui participait à la réunion, d'avoir l'engagement "par écrit" de la pérennité du marché dans Euromed II. "S'il faut qu'on écrive, on écrira"​, a-t-il répondu. "Les Puces continueront à exister, mais pas sous la forme que l'on a aujourd'hui. Sinon cela servirait à quoi ?"

"Rien n'est décidé"

Sous quelle forme alors ? Malgré la mention d'un "marché des cinq continents" aux côtés d'un palais des événements voire d'hôtels de luxe dans le projet d'ensemble de l'urbaniste François Leclercq, difficile d'en savoir plus sur les intentions des acteurs publics. Seule indication : "la mosquée doit être prise en compte par Euroméditerranée, je ne lâcherai pas un millimètre sur cette question", a assuré Samia Ghali.

Les élus en ont même fait un signe d'ouverture. "Rien n'est décidé, vraiment rien", a lancé la sénatrice-maire, relayée par le député-maire UMP du 9/10 : "il n'y a pas le commencement du début d'un projet, même si nos équipes y travaillent".  C'est d'ailleurs devant un écran de projection vide que s'est déroulée la réunion. Un écran vers lequel a pointé une fois Guy Teissier, anticipant le moment où de belles images seront présentées : "On croit que les gens ont des idées à nous apporter". ​Et Samia Ghali d'inviter les commerçants à désigner des représentants pour animer cette concertation qui s'annonce.

La rue de la République, c'était "un autre président"…

​Et qui n'échappera pas à quelques points chauds. "Si c'est pour faire la même chose que la rue de la République ce n'est pas la peine", lâchait un participant au sortir de la réunion. Une allusion au traitement très controversé des occupants pré-existants de l'artère au moment de sa réhabilitation. Samia Ghali, à qui les tags "Euromed arrive, tout le monde dégage"​ dans l'enceinte du marché n'ont certainement pas échappé, avait anticipé : "ce qui s'est passé à la Joliette, c'était un autre président. Guy Teissier est un maire de secteur comme moi qui sait ce que c'est d'écouter la population de ses quartiers"​.

Une pique à Renaud Muselier doublée d'un compliment : il n'en fallait pas plus pour que Guy Teissier, autre impétrant à droite pour la mairie en 2014, renvoie l'ascenseur. "Je suis heureux d'avoir au conseil d'administration une femme très engagée comme Samia Ghali, qui fait entendre la voix de la population avec conviction"​. Mais​échange d'amabilités à part, la question demeure : si l'avenir du marché semble assuré, quel sort pour ses locataires actuels ?

Pour Samia Ghali,

"il est important que ce marché évolue. Vous payez trop cher vos loyers pour ce qu'on vous donne en retour : des taudis, des endroits pas nettoyés correctement. Si demain on doit refaire ce marché, je veux que vous soyez prioritaires et que vos loyers restent identiques"​.

Comment s'en assurer concrètement ? Son avis diverge avec celui de Guy Teissier :

Les deux élus sont en revanche d'accord sur un deuxième sujet sensible concernant les conséquences d'un réaménagement : les vendeurs à la sauvette qui en étendent de facto le périmètre. "Je fais bien la différence entre les vrais commerçants, qui payent leur loyer, des impôts, et ceux qui sont à l'extérieur"​, a glissé Samia Ghali. "Il y a deux catégories : les commerçants, et puis tout ce qui n'est pas licite et ne pourra pas rester", a approuvé Guy Teissier.

Les Puces, "poumon économique des 15e et 16e arrondissements"​, qui "nourrissent des milliers de familles qui ne le pourraient pas toujours autrement"​, et leurs commerçants qui "ont investi depuis des années"​ (dixit Samia Ghali) ont gagné la reconnaissance des élus. Les précaires qui vivotent dans ses interstices ont en revanche, comme avant eux leurs voisins du marché sauvage de voitures, du souci à se faire..

Nous n'avons pas réussi à joindre André Coudert le propriétaire d'une bonne part des lieux et grand absent non convié à la réunion.

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