Le conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur lance son programme open data

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Julien Vinzent
20 décembre 2011 5

La naissance est annoncée pour mi-2012. Vendredi, le conseil régional a voté le lancement d’un programme de libération des données publiques (open data). « Le principe est de considérer que toutes les données publiques doivent être publiées », rappelle Christophe Castaner (vice-président délégué à l’emploi, développement économique régional, enseignement supérieur, recherche et innovation), pour qui l’apparente évidence cache un acte politique fort : « Trop souvent les élus et gestionnaires pensent que le pouvoir est lié au savoir et que partager ce dernier serait donc perdre le premier ».

Des données sources d’applications

Ce qui se concrétisera, dans la lignée du portail data.gouv.fr tout récemment mis en ligne par le gouvernement, par l’ouverture d’un site Internet où l’on pourra trouver les données dont dispose la Région. « Cela peut être la liste des 180 lycées, des places dans les internats, le réseau des Eric (espace régionaux internet citoyen, ndlr) », cite Christophe Castaner.

Capture d'écran du site Handimap.org (informations sur l'accessibilité des espaces publics à Rennes à partir des données de la collectivité)

L’intérêt de l’open data ? Principalement stimuler de nouveaux services innovants réalisables y compris par de petites structures et favoriser l’information des citoyens sur les politiques publiques, résume le rapport qu’il a présenté. Et de s’appuyer sur l’exemple de Rennes, qui s’est engagé dans cette démarche il y a plusieurs années : « aujourd’hui, vous pouvez télécharger des dizaines d’applications sur la vie quotidienne qui en découlent » (à découvrir ici). Paris vient de son côté de publier la liste des lieux de tournage récents de la capitale, de quoi donner lieu par exemple à de belle balades thématiques.

Et chez nous ? « Imaginez que les caméras du tunnel du Vieux-Port soient publiques : forcément vous aurez un petit malin qui fera une application pour évaluer la circulation et vous proposer éventuellement des itinéraires bis. Et pour nous élus, cela donne aussi des moyens aux citoyens de nous contrôler davantage… » Comme par exemple de savoir à quoi sert le budget du Forum mondial de l’eau ? (vous l’aurez compris ça sert aussi beaucoup aux journalistes…)

Le CG13 sur les rangs

Histoire de susciter la créativité, le conseil régional lancera un concours de développement d’applications à partir de ces données. Et pour ne pas rester seul dans la course, il promet« d’aider les collectivités et organismes publics qui voudraient mettre en place de l’open data ». Christophe Castaner pense surtout aux petites structures qui n’en auraient pas les moyens. Mais des grandes collectivités comme la mairie et la communauté urbaine de Marseille n’ont pas encore officiellement lancé leur démarche open data…

Du côté du conseil général, si on en est pas encore au stade du vote comme la Région, on travaille dessus. Avec à l’avant garde Bouches-du-Rhône Tourisme (ex-comité départemental du tourisme), qui ouvrira son portail data.visitprovence.com au printemps prochain. Permettant le moment venu de dupliquer les réalisations déjà abouties.

Jeu collectif ?

Autre enjeu : « si tout le monde fait son portail open data dans son coin, on va en avoir partout et le petit utilisateur ne saura pas où chercher », avertissait en septembre sur Marsactu Olivier Rovelloti, fondateur d’une société marseillais qui développe des services dans le champ de la biodiversité. La délibération du conseil régional le dit d’ailleurs clairement : « les projets de libération des données peuvent être les catalyseurs d’une gouvernance rénovée entre les acteurs des territoires s’ils décident de travailler ensemble à la constitution des catalogues de données ».

Dans ce domaine, comme dans d’autres, Marseille Provence 2013 devrait servir d’aiguillon, via son « cadre numérique territorial commun ». L’idée : récupérer des données de nombreux partenaires (en particulier les collectivités), pour là encore faire naître des services innovants dans le domaine du tourisme, de la culture, des transports. Un projet encore au stade des négociations, mais qui est toujours à l’ordre du jour, nous confirme Roch Giraud, qui en est chargé à MP2013. Mais si l’association publiera de fait des données issues de sources diverses, on n’en est pas encore à la création d’un portail commun pérenne. Un dernier volet qui sera certainement le plus difficile, à voir la difficulté des « acteurs du territoire » à jouer collectif…

Un lien Une start-up marseillaise met la biodiversité en open data, sur Marsactu

Un lien Marseille Provence 2013 à l’ère open data, sur Marsactu

Un lien Les données de la ville de Marseille sur le vélo mises en carte par Marsactu

Un lien Le site d’Etalab, la mission gouvernementale chargée de l’open data

Un lien Le site de la société Data Publica, qui regroupe des données de nombreuses sources

Un lien L’association Regards Citoyens : l’open data appliqué à la politique

Un lien Outre-Manche : le très bon data blog du Guardian, précurseur en la matière

 
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commentaires

Commentaires

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  1. jean-bernard

    C’ EST LA JUSTFICATION DES impots locaux?

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  2. Phil

    « Acteurs du territoire » / Jouer collectif = ahahah… Snif.

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  3. Arnaud

    Super, on va avoir enfin les subventions versees aux associations, les marchés publics remportés, la liste des travaux et investissements dans les colleges, tout ceci exploitables et triturables sous notre tableur préféré… …

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  4. Le Ravi

    Salut Julien,

    On pourrait commencer par la transparence concernant les montants consacrés par le CRPACA, le CG13 et MP2013 à ces projets d’Open Data.
    On pourrait ensuite creuser pour savoir s’il n’y a pas, par hasard, quelques doublons…

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  5. jean-bernard

    je trouve que ‘le ravi’ vilain petit français a un mauvais esprit

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