L’AP-HM veut démolir une partie de la Timone et construire un nouvel hôpital

Actualité
le 4 Juil 2019
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Plutôt que de rénover l'hôpital pour enfants de la Timone, l'assistance publique des hôpitaux de Marseille veut construire un nouveau bâtiment, qui accueillera aussi la future maternité. L'ensemble du plan de modernisation, 300 millions d'euros, sera présenté cette semaine à l'État, qui doit en financer 50 %.

Au fait, on va démolir le plus grand immeuble de l’hôpital de la Timone, 17 étages au compteur. Ce mercredi, c’est presque en passant que le directeur général Jean-Louis Arnaud a annoncé la nouvelle. Jusqu’à présent, il était question d’une rénovation de l’hôpital pour enfants, dans le cadre du plan de modernisation de l’assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM). « Nous avons travaillé un deuxième projet, celui d’un bâtiment neuf qui remplacera le vieil IGH (immeuble de grande hauteur, ndlr) que l’on pourra détruire », a-t-il indiqué.

La justification principale avancée tient aux nuisances qu’aurait généré ce chantier. « La communauté médicale et de soins a jugé que la rénovation des services pédiatriques en site occupé n’était pas acceptable. » Du côté de Force ouvrière, Jean-Michel Carayol ajoute que « le problème de logistique » posé par les déplacements de services aurait pu entraîner « une baisse de l’activité », et donc des recettes de l’hôpital.

Un chantier fusionné avec celui de la maternité

Pour autant, FO comme la CGT, les deux syndicats les plus représentatifs, disent ne pas avoir été destinataires officiellement de ce nouveau choix de la direction. « Cela tient aussi peut-être à un problème de coût, ça peut être moins cher et plus sûr de faire du neuf », s’interroge Jean-Michel Carayol. Selon Jean-Olivier Arnaud, le chantier irait « plus vite », avec une livraison espérée pour 2025, mais « le coût est à peu près équivalent, autour de 110 millions d’euros ».

Le site, lui, est tout trouvé : un terrain qui devait déjà accueillir la future maternité, pour remplacer celle de la Conception, vétuste et trop petite. Autrement dit « on fusionne les deux projets, hôpital enfants et maternité », résume le directeur général. C’est l’option qui figurera dans la version finale du plan de modernisation, qui sera déposée cette semaine au ministère de la Santé après deux ans de préparation.

En rouge, l’hôpital pour enfants qui sera démoli. En vert, le terrain où sera construit le futur hôpital ainsi que la maternité. Image Google Maps.

50 millions à trouver pour boucler le plan

Ce dossier doit permettre d’obtenir un financement de l’État à hauteur de la moitié des 300 millions d’euros d’investissements prévus. Avec l’aide de 25 millions d’euros validée par la région, celle de 60 voire 70 millions attendue du département, et un complément de la métropole, « il nous resterait 50 millions d’euros à trouver, soit par endettement, soit par d’autres sources, par exemple la Ville de Marseille ».

Un plan de modernisation qui est toujours accueilli avec circonspection par Force ouvrière :

Quand on constate la vétusté des équipements, c’est sûr qu’il y a besoin d’un investissement lourd. Mais on ne veut pas que cela se fasse au détriment du personnel, avec des suppressions de postes et de lits. Pour l’instant, on a le projet au compte-gouttes. On reste très vigilants.

En effet, avant d’accepter d’étudier un programme d’investissements, l’État avait commencé par exiger de l’AP-HM un redressement de ses finances. Des restructurations, notamment de services, ont déjà été menées, et se poursuivent sous le vocable « Avenir AP-HM » (lire notre article). Ce mercredi, quelques jours après l’approbation des comptes 2018, les dirigeants ont insisté sur l’amélioration financière en cours. Le déficit a été ramené à 28 millions d’euros, contre plus de 50 il y a quelques années. Diverses aides de l’État et opérations financières ont même permis d’atteindre, « sur le plan purement comptable », un excédent de 11 millions d’euros.

Mais malgré les dénégations de la direction, les syndicats continuent à redouter une contrepartie sociale plus ferme, avançant le chiffre de 1000 suppressions de postes. En janvier, Jean-Olivier Arnaud a confirmé la suppression de 230 lits, mais n’a pas confirmé l’effet associé sur les postes. Ce mercredi encore, il a maintenu l’idée que le nombre de postes sera identique en 2025, compte tenu du développement permis par le plan de modernisation.

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