La Ville renonce à placer Bousquet au sein de la société d’aménagement du centre-ville

Info Marsactu
le 28 Jan 2020
11

La Ville a renoncé à élire Frédérick Bousquet comme représentant suppléant le maire au sein de la société publique locale d'aménagement, censée lutter contre l'habitat indigne. Le jour même du conseil municipal, Marsactu et La Marseillaise révélaient que l'ancien nageur avait réalisé une plus-value en vendant un immeuble frappé d'arrêté de péril à Marseille Habitat, une société rattachée à la Ville.

L'ancien nageur Frédérick Bousquet lors du conseil municipal du 27 janvier 2020. Photo : Emilio Guzman.

L'ancien nageur Frédérick Bousquet lors du conseil municipal du 27 janvier 2020. Photo : Emilio Guzman.

L'enjeu

Frédérick Bousquet ne représentera pas la Ville au sein de la société publique en charge de la lutte contre l'habitat indigne dans le centre-ville. La maire du 1/7 Sabine Bernasconi le remplace.

Le contexte

Frédérick Bousquet est le troisième élu municipal pointé dans une affaire ayant trait à l'habitat indigne.

Frédérick Bousquet ne siègera pas au sein de la société publique d’aménagement dite d’intérêt national (SPLAIN) créée pour faire reculer l’habitat indigne dans le centre-ville de Marseille. L’ancien nageur, conseiller municipal et métropolitain, devait y être le suppléant du maire en attendant l’installation du nouveau conseil municipal. Il sera remplacé par Sabine Bernasconi, maire du premier secteur.

La publication conjointe par Marsactu et La Marseillaise le matin même n’est sans doute pas étrangère à ce changement de casting. Notre enquête conjointe révélait que le nageur et ses associés avaient réalisé une belle plus-value en revendant un immeuble en péril à Marseille Habitat, société d’économie mixte (lire notre article sur la culbute du nageur).

« La décision a effectivement était prise ce lundi mais avant la publication de vos articles que je n’ai pas à commenter, assure pour sa part Yves Moraine président du groupe majoritaire LR. C’est une décision de fond car il me paraissait plus opportun que la maire du centre-ville siège au sein de la société censée œuvrer contre l’habitat indigne ».

Pour sa part, Sabine Bernasconi maire des 1/7 se félicite d’occuper ce siège « en tant que maire du centre-ville, même s’il s’agit d’un statut tout à fait temporaire puisque de nouveaux représentants seront choisis après les élections ».

Réglée en toute discrétion au cours du conseil municipal

Yves Moraine affirme avoir consulté Sabine Bernasconi et l’ancien champion de natation avant de prendre sa décision en accord avec Claude Bertrand, le directeur de cabinet du maire. Constaté par Marsactu lors de la séance du conseil, le ballet des huissiers témoignait des échanges autour de ce sujet. « Le premier message venait de moi », confirme le maire des 6/8. « Je suis arrivé en conseil municipal en disant qu’on allait voter contre. Yves Moraine en a averti Claude Bertrand qui lui a demandé de régler cela avec Sabine Bernasconi », soutient pour sa part Bruno Gilles conseiller municipal et candidat non-investi par LR. Yves Moraine confirme que c’était bien là le sujet d’une conversation à bouche couverte façon entraineur de foot tenue dans l’hémicycle et relatée par La Provence.

L’affaire s’est déroulée dans la grande discrétion des dossiers réglés « sur table ». L’expression désigne les ultimes arbitrages réalisés le jour même du conseil municipal alors que les délibérations arrivent sur la table du maire qui les soumet au vote.

La délibération 121 qui désignait le suppléant en question a été votée sans débat, alors que le groupe socialiste annonçait voter contre « en entier ». Son président Benoit Payan ne savait pas alors que le contenu de la délibération à laquelle il s’opposait venait d’être modifié. Au cours du conseil, seule la conseillère municipale socialiste, Marie-Arlette Carlotti a commenté sans le nommer la révélation concernant Frédérick Bousquet. « Vous nous avez conseillé de lire les journaux du matin. Je l’ai fait, et donc je sais maintenant encore plus que je le savais, combien votre majorité de droite est abîmée parce que complice des promoteurs, des marchands de sommeil, de tous ceux qui font de l’argent sur le dos de Marseille et des Marseillais », a-t-elle asséné sous les huées de la droite.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Bien sûr, aucun lien entre les révélations de la presse indépendante et ce changement de pied de dernière minute… M. Moraine habille les choses à sa façon, comme toujours, mais il y a gros à parier que sans les articles d’hier, tout se serait réglé entre copains, comme d’habitude.

    Signaler
  2. barbapapa barbapapa

    Beaucoup d’élus et copains amis d’élus et de gens peu recommandables à Marseille tripatouillent, grenouillent et se chuchottent les bons coups, les bonnes affaires à réaliser grâce à quelques complicités dans les arcanes de l’immobilier municipal. Sauf que là, en faisant de l’argent sur les taudis et sur la misère, cet argent est pis que sale, il est glauque.

    Signaler
  3. Brallaisse Brallaisse

    Ce qui est à mourir de rire c’est que l’heureux élu avouait il il y a quelques temps lors d’un entretien que les matières intellectuelles n’étaient pas son fort. Autrement dit pour ce type de poste, le physique semble prépondérant à la ville comparé aux critères de compétences pour nommer quelqu’un sur ce type de responsabilité. Aaaaaaah le physique ça aide à la mairie.

    Signaler
  4. Brallaisse Brallaisse

    Ce qui est à mourir de rire c’est que l’heureux élu avouait il il y a quelques temps lors d’un entretien que les matières intellectuelles n’étaient pas son fort. Autrement dit pour ce type de poste, le physique semble prépondérant à la ville comparé aux critères de compétences pour nommer quelqu’un sur ce type de responsabilité.

    Signaler
  5. Brallaisse Brallaisse

    Ce qui est à mourir de rire c’est que l’heureux élu avouait il il y a quelques temps lors d’un entretien que les matières intellectuelles n’étaient pas son fort. Autrement dit pour ce type de piposte, le physique semble prépondérant à la ville comparé aux critères de compétences pour nommer quelqu’un sur ce type de responsabilité.

    Signaler
  6. julijo julijo

    Ah le cercle des nageurs fournit énormément de monde… c’est une « couveuse » de talents !!!

    Signaler
  7. Dark Vador Dark Vador

    Y. Moraine : « il me paraissait plus opportun que la maire du centre-ville siège au sein de la société censée œuvrer contre l’habitat indigne »… « Censée oeuvrer »? Est-ce à dire qu’en réalité la maire n’en fera rien? Evidemment, elle sera dans la parfaite continuité de la politique précédente!

    Signaler
  8. Marble madness Marble madness

    Je ne suis pas spécialiste, mais la justice ne peut t elle pas s auto saisir pour sévir dans un cas pareil ? (Si certain.es d entre vous ont une réponse, je prends merci).

    Signaler
  9. Manuel Bueno Manuel Bueno

    Merci et bravo à vous, à Marsactu (et la Marseillaise), d’avoir mis à jour ces faits scandaleux et d’avoir permis qu’un jeune politique véreux, défenseur d’intérêts privés, ne puisse prendre en main une société publique d’aménagement.

    Signaler
  10. François Costé François Costé

    Perso je me demande comment une société d’économie mixte peut acheter un bien qu’elle a elle même vendu beaucoup plus cher que le prix qu’elle a vendu. Je demanderai bien aux dirigeants (élus) de Marseille Habitat d’annoncer que le fonctionnement de cette société soit modifié…ou en tout cas on vire son directeur…mais je rêve. Pauvre Bousquet qui s’est fait prendre, les autres ont plus de bouteille…

    Signaler
    • Regard Neutre Regard Neutre

      Très bonne question.Qui exerce aujourd’hui les contrôles internes et externes sur les opérations financières réalisées par la société d’économie mixte? les actes de droit privé pris par les collectivités territoriales ne faisant pas l’objet d’un contrôle de légalité,l’État semble s’être désengagé de toute responsabilité dans les transactions des biens privés communaux.Les élus locaux montrent apparemment une confiance aveugle à leur administration…

      Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire