La métropole freine le tramway aubagnais

Actualité
Benoît Gilles
29 Nov 2012 13

L’affaire est grave : la salle des mariages de la mairie d’Aubagne est pleine à craquer. Le maire Daniel Fontaine et la présidente du pays d’Aubagne et de l’étoile, Magali Giovannangeli, ont convoqué la presse. Les élus, citoyens et techniciens garnissent les rangs, remontés comme des coucous. Il y a de la révélation dans l’air. Daniel Fontaine ménage le suspense, chauffe la salle, il va être question de la « bataille » de la métropole et du « droit à l’existence » des Aubagnais. Or, dans « cette bataille« , les deux élus dénoncent deux nouveaux coups dont leurs institutions seraient victimes. Avec, dans leur viseur, la préfecture diligentée par le gouvernement.

Le gouvernement « a l’oeil » sur le tram

La première salve conserve le futur tramway entre Aubagne et la Penne-sur-Huveaune dont la déclaration d’utilité publique – sur laquelle le préfet doit statuer depuis début 2012 – « est remontée jusqu’au bureau du ministre des transports ». Une information confirmée au ministère où l’on parle « d’un arbitrage par les experts de l’administration centrale concernant notamment l’interconnexion avec Marseille. Un dossier sur lequel le gouvernement a particulièrement l’oeil ».

« Aujourd’hui, un ministre des transports de gauche se pose des questions sur ce tramway alors même qu’un ministre des transports de droite a validé un financement de 13,7 millions d’euros pour ce même tramway, s’emporte Magali Giovannangeli. Il ne s’agit pas d’une question de transports mais de la volonté politique de poser problème au pays d’Aubagne ». Et le maire renchérit : « Nous n’allons pas concéder la liberté d’Aubagne contre un tram ». Les deux élus ont décidé de demander audience directement au premier ministre Jean-Marc Ayrault « puisqu’il est là pour gérer les questions politiques ».

La décharge d’Alex Guérini fermée ?

Deuxième mine : la décharge du Mentaure. Là encore, le pays d’Aubagne attendait une réponse de la part des autorités préfectorales. Les déchets des communes sont enfouies dans cette décharge de La Ciotat dont l’autorisation arrive à terme à la fin 2012. Une décharge rendue célèbre par le fait qu’elle est exploitée par une société d’Alexandre Guérini dont les conditions douteuses de l’extension ont coûté son poste au précédent président de l’agglo d’Aubagne, Alain Belviso.

L’agglo a demandé aux autorités préfectorales que celle-ci soit prorogée jusqu’en 2014. « Nous avons déposé notre dossier en février 2011 et depuis nous attendons », raconte Daniel Fontaine. La réponse a fini par tomber il y a quelques jours. Dixit Fontaine citant le secrétaire général de la Préfecture : « la décharge du Mentaure est pleine. Vous avez deux possibilités : soit continuer à enfouir au Mentaure en toute illégalité et à vos risques et périls. Soit trouver un autre site de stockage dans les trois mois qui viennent ».

« Nous sommes dans une profonde colère », ont martelé les deux élus avant d’annoncer leur programme des prochains jours. « Nous allons boycotter les deux prochaines réunions proposées par la Préfecture (sur la métropole, ndlr), prévient la présidente du Pays d’Aubagne. Et, le 21 décembre, date de la venue de de Marylise Lebranchu, nous  appelons à un grand rassemblement devant la Préfecture avec les services publics, les syndicats, les citoyens et même les paysans« . Concernant ces deux mines qu’on lui attribue la préfecture se borne à ne faire « aucun commentaire concernant des propos qui n’engagent que le maire d’Aubagne ». La conférence métropolitaine organisée par le préfet Théry risque d’être une vraie sauterie.

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