La métamorphose du J1 rate le coche des JO

Info Marsactu
le 17 Jan 2023
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Dix ans après avoir accueilli les expositions de la capitale européenne de la culture, la halle portuaire attend toujours sa nouvelle vocation. Titulaire d'un contrat de 70 ans, le groupe Vinci semble vouloir prendre son temps, face au contexte économique, avant de relancer le lieu. L'ouverture se fera au mieux en 2025.

La métamorphose du J1 rate le coche des JO
La métamorphose du J1 rate le coche des JO

La métamorphose du J1 rate le coche des JO

La grande halle de 25 000 m² devait entamer sa mue début 2022. Puis le chantier a dû être reporté à l’automne pour cause de retard pris lors de la crise sanitaire, avait annoncé son propriétaire, le grand port maritime de Marseille. L’année 2023 a démarré et le J1 reste désespérément vide. Cette fois-ci, les causes semblent plus profondes. “Vinci a suspendu le projet en raison du contexte économique”, glissait le président du conseil de surveillance du port, Christophe Castaner, lors d’une récente visite ministérielle. L’ancien ministre de l’Intérieur évoque “un problème commercial” du côté du lauréat de l’appel à projets, choisi en 2019 parmi huit candidats. En cause principalement, le renchérissement des matériaux de construction, sous l’impact de la guerre en Ukraine.

À l’origine, le rouleau compresseur Vinci, appuyé par le groupe public Caisse des dépôts, paraissait lancé en vue des Jeux olympiques de 2024, au cours desquels le littoral marseillais accueillera les épreuves de voile. Sur cet espace prisé entre l’esplanade du Mucem et la place de la Joliette, le J1 devait voir pousser 11 500 m² de bureaux, espace de coworking et de formation, mais aussi un hôtel W Marriott, avec spa et salle de fitness. Au rez-de-chaussée, la programmation annonçait une salle de jeu en réalité augmentée et même une piscine flottante, tandis que les quais se destinaient à des yachts et petits navires de croisière.

Une pause mais a priori pas d’abandon

Pour le port, et plus largement pour les collectivités, la halle portuaire aurait ainsi achevé sa mutation vers le tourisme et les loisirs. Démarrée à l’occasion de la capitale européenne de la culture en 2013, elle n’avait été poursuivie qu’en pointillés : le “hub de l’attractivité” un temps rêvé est finalement revenu à sa vocation éphémère de lieu d’exposition. Le J1 reculerait à nouveau, plus de 25 ans après l’esplanade du J4, pour permettre l’aménagement d’une place publique ombragée.

L’esplanade projetée, vue depuis l’autre côté du boulevard Euroméditerranée. Extrait du dossier déposé par le groupement.

À bord de la navette Helios qui faisait visiter les bassins Est au ministre des Transports, le 6 janvier dernier, le président du directoire du Grand port maritime a confirmé le hic. “Ils ont un petit problème de modèle économique sur les dix premières années… sur un contrat de 70 ans. Ils doivent venir me voir pour savoir comment passer cette période”, explique Hervé Martel. Signée en octobre 2020, la promesse d’occupation temporaire prévoyait une prise de possession du site au plus tard à la fin de ce mois de janvier 2023.

La Ville craint les travaux pendant les JO

Un avenant est donc dans les tuyaux, pour s’adapter à ce calendrier bousculé. Des péripéties qui n’inquiètent pas outre mesure Hervé Martel. Ce dernier insiste sur la durée de l’occupation consentie par le port : “Je leur ai dit « si vous voulez lâcher cet espace, on a d’autres personnes intéressées ». Ils m’ont dit « surtout pas »”, sourit-il. Contacté, le groupe Vinci construction et sa filiale Adim n’ont pas donné suite à notre demande d’entretien. Impossible donc de savoir quel surcoût est attendu sur l’investissement, évalué à l’origine à une centaine de millions d’euros.

Une chose est sûre : l’ouverture se fera bien après les JO 2024. En mai 2022, lors de l’obtention du permis de construire, Vinci tablait plutôt sur la fin de l’année 2025. L’adjoint à l’économie du maire de Marseille, Laurent Lhardit, explique s’être rapproché du port maritime pour y voir plus clair. “La Ville est préoccupée par ce changement de calendrier et est demandeuse d’être informée sur ses raisons et sur le strict respect des obligations contractuelles, pose-t-il. Il s’agit d’un projet considérable avec des incidences que l’on peut imaginer sur le fonctionnement de ce quartier : allers-retours de camions, réductions de voies…” Cette communication de proximité va devoir se roder, puisque des travaux en pleine période olympique semblent désormais inévitables.

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Commentaires

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  1. BRASILIA8 BRASILIA8

    VINC a ” un petit problème de modèle économique sur les dix premières années… sur un contrat de 70 ans. Ils doivent venir me voir pour savoir comment passer cette période”
    donc soit la concession est prolongée soit on accorde une subvention , autant que nos impôts servent
    Toujours le même scénario

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  2. barbapapa barbapapa

    Le problème est celui du Port qui est un état dans l’état. Compte tenu de la quasi inactivité du port dans ses quais de Marseille (tout est à Fos et Port Saint Louis), sauf la croisière qui est un vrai poison néfaste pour la ville, et sauf les liaisons ferries, c’est Marseille et sa métropole qui devraient avoir toutes prérogatives pour aménager les quais et les relier à la ville. Pour l’instant, il y a un “port” qui est une grosse tumeur, et qui bouche 7 km d’accès à la mer.

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    • Fabienne Fabienne

      100% d’accord, il faut que ce truc de mega-croisieres s’arrete avant qu’on a tous des asthmes et cancers du poumon.

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    • gastor13 gastor13

      @Fabienne pourquoi arrêter seulement les croisières ? Les cancers dûs aux ferries sont moins dangereux ?

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  3. Fabienne Fabienne

    Dommage que Vinci squatte ce lieu pour en constuire encore quand il manque tellement d’éspaces verts. Imaginez si la ville (cet a dire les Marseillais) payait le loyer qui etait pas cher (150k par an au GPMM , ou 0,10 ct par Marseillais) et que la ville réalise une version XL mediterraneene des Jardins des Fonderies a Nantes…+ la piscine. Du vert et avec du respect du passé industriel au lieu de servir des cafes et un éniéme coworking qui ne marche pas…

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    • petitvelo petitvelo

      On signe où ?

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  4. Marc13016 Marc13016

    J’irais même plus loin : plutôt que de payer un loyer pour utiliser ce territoire, la Ville devrait … se le réapproprier ! ou se l’approprier, si toutefois elle ne l’a jamais “possédé”.
    Car le GPMM n’en est pas réellement propriétaire. Il en a été le gestionnaire à une époque, quand on lui a accordé une concession sur un territoire qui hébergeait des activités portuaires intensives (dans les années 50).
    Mais maintenant, ces activités portuaires sont transférées à Fos, ou devraient l’être. Du coup, ce territoire ne relève plus d’un port industriel. Il doit être sortie du périmètre du port et aménagé pour la cité marseillaise, pour ses habitants, ses citoyens, et ses touristes et son économie. Mais sous un pilotage municipal. En y réfléchissant bien, de quel droit le GPMM accorde-t-il une concession à VINCI ? Qu’on ne vienne pas dire que c’est parce qu’il est “propriétaire” ! C’est ce paradigme là qu’il faut abolir.
    L’équipe des élus P.M va-t-elle enfin s’intéresser à notre façade maritime ?! ça serait de l’urbanisme, ça, et du vrai ! Sûrement plus structurant que de faire la chasse aux petites infractions au règlements d’urbanisme, qui semble mobiliser l’énergie de notre élue M. Chaboche.
    Il faudra avoir le courage de remettre en question l’Etat GPMM ! Ils ont eu ce courage pour la Villa Valmer par exemple. Allez y les gars, voyez grand ! (Sans jeux de mot avec Marseille en Grand …).

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    • Fabienne Fabienne

      C’est sur, il faudrait aller plus loin, c’est la plus grand opportunite pour la ville y compris pour les gens qui y travaille. Mais sans juste faire des concessions immo comme a ete fait a Singapour quand ils ont deplacés leur port vers leur equivalent de Fos…. La situation actuelle ou la moitié des Marseillais n’ont pas acces au littoral parceque c’est bouffe par le GPMM, et tout cas pour des activites depassés de 30 ans comme la croisiere ne peut pas perdurer. D’ailleurs, s’il y a un gros coup de pression sur le fioul le truc de croisieres sera en peril donc autant s’y mettre des maintenant…

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    • Pascal L Pascal L

      J’arrête pas de le dire depuis 10 ans. Espéront quie le PM finira par se bouger?

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    • Fabienne Fabienne

      J’ai l’impression que PM n’ose pas trop s’y mettre. Pour avoir ecouté l’adjoint à l’économie du maire de Marseille Laurent Lhardit cité dans l’article, il pense que ces activités du port apporte un peu d’argent. J’ai l’impression que personne sur le terrain y crois a ca. Comparé au couts de la pollution-santé ce n’est probablement pas comparable.

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  5. BernardMounier BernardMounier

    Bonjour à toutes et tous
    Julien Vinzent, pourrait-on avoir un lien vers le texte de la concession ?

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    • Fabienne Fabienne

      Oui, j’aimerais voir ca aussi…

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  6. Alceste. Alceste.

    Allez , rasez moi ce truc qui ne va servir à rien .Ou alors batissez un Opéra, un vrai comme à Sydney ou Copenhague.Celà aurait vrailent de la gueule, un Opéra sur la mer et pas loin du Mucem . Le bâtiment de l’Opéra actuel coute un maximum, inadapté et nécéssite des travaux incessants.

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  7. polipola polipola

    Franchement, c’est pas une mauvaise chose que ce soit à l’arrêt, ce projet a l’air de ne correspondre à tout sauf à Marseille !

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  8. Marc13016 Marc13016

    Je serais curieux moi aussi de consulter cette concession archaïque qui avait défini le territoire du port. De toute façon, comme tout montage juridique, il est fait pour s’adapter aux évolutions d’un territoire. Y a qu’à le modifier !
    Ça pourrait être le boulot de m. Castaner, nouveau président du GPMM. Ou le boulot des élus municipaux, qui d’ailleurs sont présents dans la gouvernance du port.
    Ou le boulot des deux, s’ils avaient l’intelligence de collaborer …

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  9. APB APB

    Alors depuis ? Avons nous du nouveau ?

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